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[Volume I.]
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DISSERTATION HISTORIQUE

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me, sans la pouvoir jamais répudier, conformémentà ce qui est dit au 22. Chap. du Deuteronome. Oubien on lui fait réparer avec de l’argent l’honneur &ì’offense.

CHAPITRE V.

Des Femmes dans le tems de leurs mois , & deleurs couches.

I. A Uffi-tôt qu’une femme s’apperçoit qu’elle a

jr\_ ses mois, elle est obligée d’en avertir sonmari , qui s’en éloigne, & ne la touche plus. II nepeut lui rien donner , ni rien recevoir de fa main,non pas même s’asseoir auprès d’elle , ni manger aumême plat, ni boire au même verre.

II. Quand ce mal est arrêté au bout de cinq joursau plus, (car s’il duroit davantage, il faudroit en at-tendre la fin) alors la femme change de linge , metdes draps blancs au lit, & sept jours après qu’elle estnette, elle se rogne les ongles & les nettoye fort. En-suite elle se lave & se peigne, & de-là elle va au bain,qui doit être fait exprès d’eau courante ou de pluye,qui n’ait point été apportée par aucun homme. Lebain doit avoir au moins trois coudées de hauteur &une de largeur : autrement le bain n'est pas bon.Quand il n’y a point de bain fait exprès, la femmeva à quelque source, à la riviere, à la mer, ou à unpuits. Là il faut qu’elle se baigne toute nuë , sansqu’elle puisse exempter aucune partie de son corps detoucher à l’eau ; jusques-là , que si elle avoit une ba-gue au doigt, & que l’eau ne pût passer entre deux,le bain scroit inutile , & il faudroit ôter l’anneau, &fe baigner une seconde fois. Lors donc qu’une fem-me prend ce bain, il y en a une autre qui observeíì elle est bien couverte d’eau. Après quoi étant deretour chez elle, elle peut demeurer avec son mari,tant qu’elle n’aura point ses mois.

III. Lorsqu’une femme est en couche, elle demeu-re aussi séquestrée de son mari. Si c’est d’un garçon,cela dure sept semaines, & trois mois d’une fille. Ily a des lieux où ce terme est moins long. Sept joursavant que ce terme soit accompli, elle change cse linge,& va au bain , comme je viens de le dire ; & quandelle a satisfait à la coutume , elle peut retourner en lacompagnie de son mari.

CHAPITRE VI.

De la JalouJie, & de la Répudiation .

I- A Utresois un mari jaloux menoit fa femme au

JTjL Sacrificateur, qui lui donnoit à boire d’unecertaine eau, dont elle crevois, si elle étoit coupable,& en échapoit étant innocente , comme il est dit aucinquième des Nombres. Mais à présent un mari ja-loux se contente de défendre à fa femme de voir ce-lui qui iui fait ombrage. Que fi après cela le bruitcourt e ise en use mal, que les indices soient fortscontre elle, ou qu’il les trouve ensemble, & sur touten flagrant délit ; alors il est contraint par les Rab-bins , quand même il ne le voudrait pas, de répudierfa femme, & de s’en séparer pour toujours. Je par-lerai plus bas de la maniéré de répudier. Cependant ilest libre à cette femme répudiée de se marier avec quiil lui plaît, horsmis avec celui qui a donné lieu à larépudier.

II- Quand une femme ne donnerait aucun sujet dese plaindre de sa conduite, son mary peut la (a) re-

(a) II y a aussi long-tems que cet usage de répudier les fem-mes est dans l’Eglise Grecque.

pudier, pour peu qu’il en soit dégoûté. Deut. 24.Quand m homme prendra me femme , & fe mariera â-vec elle, fi elle ne lui plaît pas, &c. Toutefois à moinsque d’être jaloux ou d’avoir quelque méchanceté àreprocher à fa femme , on ne la doit point répudier.Pout empêcher qu’on n’abuse de ce privilège, les Rab-bins ont ordonné plusieurs formalitez qui confirmentbeaucoup de tems ; si-bien qu’il arrive souvent qu’avantqu’on puisse écrire la Lettré de divorce, on se repenr.ou l’on se réconcilié, & l’on vit ensuite bien ensemble.

III. La formule de ces Lettres de divorce , qu’ilsnomment (h) Ghett, & qu’ils donnent à une femme,est faite par un Ecrivain, en présence d’un ou ídeplusieurs sçavans Rabbins. Elle doit être écrite sur unvélin qui soit réglé, & ne contenir ni plus,ni moinsque douze lignes, & cela en lettres quarrées avec uneinfinité de petites minuties , tant dans les caractères,que dans la manière d’écrire, & dans les noms &surnoms du mari & de la femme. De plus l’Ecrivain,les Rabbins & les témoins ne doivent être parens, nîdu mari ni dé la femme, ni entre eux.

IV. Voici quelle est la substance de cette Lettre,ou Ghett, ZJn tel jour, mois, année & lieu, &c. Moôtel te répudié volontairement , t'éloigne , gr te fais libre ,toi telle, qui as été ci-devant ma femme, & te permets dete marier avec qui il te plaira, &c.

V. La Lettre écrite, le Rabbin interroge avec sub-tilité le mari, pour sçavoir s’il est porté volontaire»-ment à faire ce qu’il fait.

VI. On tâche de faire en forte qu’il y ait aumoins dix personnes présentés à faction, fans les deuxtémoins qui signent, & deux autres témoins de ládatte.

VII. Après quoi le Rabbin commande à la femmed’ouvrir les mains, & de les approcher l’une de l’au-tre, pour recevoir cet acte, de peur qu’il ne tombe àterre : & après savoir interrogée tout de nouveau , lemari lui donne ce parchemin, & dit, voilà ta répu-diation. Je t’éloigne de moi, & te laisse en libertéd’épouser qui tu voudras. La femme le prend, * 8 c lerend au Rabbin, qui le lit encore Une fois,après quoielle est libre. Il y a quantité de petites circonstan-ces, que je passe,pour n’êtrë point ennuyeux,& quin’ont été inventées, que pour rendre cette action plusdifficile, comme je l’ai déja dit.

VIII. Le Rabbin avertit ensuite la femme de ne sepoint marier de trois (c) mois , de peur qu’elle nesoit grosse. Au sortir de là, cet homme & cettefemme ne peuvent plus demeurer ensemble seuls enpas un endroit ; & chacun d’eux peut se re-marier.

CHAPITRE VII.

De l'Ibum, & Caliza.

I- T T N homme qui meurt fans laisser d’enfans, soieV_/ de se femme , ou d’une autre , s’il laiíse unfrere, se veuve est au pouvoir de ce frere ; & il peutl’épouser , ou lui donner la liberté de se marier avecun autre, comme il est dit au 25. du Deut. Quanddes freres demeureront ensemble , & qu un d'eux mourrafans enfans , la veuve ne fira point a un etranger , mais afin beaufrere. Mais si le mort laisse plusieurs femmes,son frere ne peut disposer que d’une , & il ne peutépouser les autres. Si le mort a plusieurs freres, faméa le droit : mais pour faire que la veuve soit libre, unseul le peut faire.

II. Pren-

(b) II y a un traité dans le Talrnud touchant les divorces,qui porte le nom de Gbitúm.

(c) 90. Jours.