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II DISSERTATION
S U R. LES
CEREMONIES
DES JUIFS.
CHAPITRE PREMIER.
ÍP temier principe de Religion dont les juifs & tes Chrétiens font d'accord entr s eux.
Examen de ce principe
Es Juifs conviennent eh cela àvec laplupart des Chrétiens, que letirReligion est également appuyée furla parole de Dieu, & fur la Tradi-tion. On peut même dire qu’ils nereconnoiífent tous deUx qu’un seulprincipe de leur créance, âuqueì ils
donnent le nom de révélation ,ou parole de Dieu révé-lée aux hommes. Car soit que cette parole ait été écri-te ou non, elle est toujours la même, pourvu, qu'il soitconstant qu'elle vienne de Dieu. C’est pourquoi les Juifsne font aucune difficulté de rendre leurs traditions egalesà la Loi de Moïse, & ils disent même que cette Loiécrite ne seroit qu’un corps fans ame, & une lampefans lumière-, íi elle étoit séparée de la Loi de bombe,ou des Traditions. Ils font obligez de croire fouspeine d* excommunication, que Dieu a dicté à Moï-se tout ce qui est renfermé dans le Pentatéuque juf-qu’aux moindres syllabes , & de plus que Dieu. aauffi donné à Moïse fur la montagne de Sinaï',1'expli-cation de cette même Loi,laquelle explication ils pré-tendent s’être conservée parmi eux sans interruptiondepuis Moïse , jufqu’à ce qu*enfin on ait été obligéde la mettre par écrit.
(a) Moïse écrivit avant sa mort de sa main propreplusieurs exemplaires de la Loi, & en donna un àchaque Tribu ; & outre ces exemplaires il en mit unautre dans 1 Arche. R communiqua ensuite de vivevoix au Sanedrin de son tems, V interprétation decette même Loi. Jofué après k mort de Moïse en-seigna auffi cette Interprétation, que Moïse avoit ré-cûë immédiatement de Dieu, aux Anciens de son
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tres ; dé sorte què si l*on veut s* en rapporter auxJuifs, leur Religion demeureroit encore aujourd’huientiere & dans fa pureté. Mais quoique leur principetouchant les traditions puisse être vrai en général, ilest aisé de le convaincre de fausseté, si on l’examine enparticulier, non seulement parce que les Prophètes &nôtre Seigneur ont condamné plusieurs de leurs tradi-tions; mais parce que leurs Docteurs ne font pointd’accord entr’eux touchant les véritables successeurs
3 ui Ont conservé ces traditions , & qu’on en trouveifferens Catalogues dressez par divers Auteurs. Celaseul peut les rendre suspectes & moins dignes de foi.
On ne peut cependant hier, que pour conserverune Religion dans fa pureté le principe qui établit lestraditions en général, ne soit absolument nécessaire,comme l’Auteur du Livre qui a pour titre (b) Cozri,en raporteplusieurs raisons convaincantes, & qui fontvoir évidemment que les divers sentimens des Philo-sophes & des Hérétiques touchant la Religion , ti-rent leur origine de l'inconstance de leurs principes »
; d’autant qu'ils ne sont point fondez fur une véritabletradition. Pour ce qui est des traditions Juives quenôtre Seigneur a rejettées, il n’a prétendu combattreque quelques traditions fausses que les Docteurs Juifsavoient ajoutées áux anciennes ; & lorsque ce SageMaître nous renvoyé à la Loi écrite, Scfatamïnï Scrip-
taras , il ne faut pas s’imaginer qu'st ait vou u nousrenvoyer an simple texte de l'Ecriture , mais a cemême texte expliqué par les Docteurs qui avoient suc-cédé à Moïse, (c) Ils font affss, f tt-û m parlant deces Docteurs , far la chaire de Mois o j en/es & faitesce qu’ils itous diront ; & cela confoimement a ces paro-
tems; & ceux qui lui succédèrent en qualité de Chefs 1 les de lâ Loi. „ (d) Quand vous aurez quelque ditti-du Sanedrin , firent la même chose à V égard des au- I CU ""
{a) Rarabam en fa Pref. du Liv. Jad. Hazeha- I (è) Coin. (0 Matth. ìj. a. pi) Lent. 17.