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[Volume I.]
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4 a II, DISSERTAI

culte touchant 1 ’Interprétation de Iá Loi, adressez5 , voiís aùx Sacrificateurs & aux personnes qui vous„ feront données pour Juges. Si l’on examine mê-me avec foin les témoignages du Vieux Testament,dont les Apôtrês se sont servis pour autoriser leur do-ctrine , on trouvera qu’ils ne les ont rapportez, queselon le sens qui étoit alors reçu. S. Irénée , Tertul-lien & les autres premiers Peres de l’Eglise ont eu re-cours à cette même tradition dans leurs disputes con-tre les Hérétiques, & à la succession des Evêquesdans les principales Eglises, & fur tout à celle de Ro-me, qu’ils reconnoissoient avoir été établie par lesPrinces des Apôtres S. Pierre & S. Paul. Auffivoyons nous que plusieurs de ceux qui assistèrent auConcile de Trente ne firent aucune difficulté d’éga-ler' les véritables Traditions à l’Ecriture Sainte, & deles considérer comme une parole revelée. (a) Tantole Tradizàoni quanta le Scrìtture fin parole di Dio eprimiPrincipii délia fede, con occidental differen&a tra loro , chequelle rimanejfero firitte ancora ne' librì , e queste fiólamen-te ne' cuori. Cette expression est entierement sem-blable à celle dont les Juifs se servent, lorsqu’ils par-lent de leurs Traditions ; & comme Tertullien di-foit autrefois qu'il n’y avoir que l’Eglise qui posse-dòit véritablement l’Ecriture Sainte , Scriptura SacraËccksia Cathoticœ pojfijsto est propria, les Juifs disent dela même maniéré, qu'il n’y a que la Synagogue qui lapossede, & que les autres Nations n'en ont que les ca-ractères, & non pas l’esprit.

Mais à dire le vrai , le nombre des Traditions estaujourd’hui si gfand parmi les Juifs, que toute la vierie Moïse n’auroit pas suffi pour les recevoir de Dieufur la montagne de Sinaï, où ils supposent qu’il les re-çût pendant f espace des 40. jours qu’il demeura furcette Montagne. Ce qui n’est pas tant un défaut dela Tradition considérée en elle-même , que des hom-mes qui en ont été les dépositaires , & ainsi il ne

faut pas toujours ajouter foi à ce grand axiome desJuifs, Halakah le Mofie mi Sinaï;. c’est me deciston queMoifi a repue fur la montagne de Sinaï, non plus qu’à cetautre principe de nos Théologiens, cela est de Tradi-tion Apostolique , puìsqu’il est certain que l’un & l’au-tre ne sont pas infaillibles, & que dès les premierssiécles du Christianisme , il s’est trouvé de sçavanshommes qui ont donné le nom de Tradition Apo-stolique à des sentimens qui leur. étoient singuliers,

& qui n’étoient pas même orthodoxes. Lorsque lesJuifs prouveront qu’une chose a été crue de touttems parmi eux, & principalement depuis Moïse, onne pourra pas douter de la vérité de cette Tradition,(f) Vincent de Lerins a prescrit cette même régléaux Catholiques, ausquels il propose de croire ce quia été cru en tous lieux , de tout tems, & de tout lemonde : Id teneamus quod ubique , quod femper , quod abomnibus creditum est. Aussi les Peres du Concile deTrente ne nous ont-ils donné pour véritables Tradi-tions , que celles qui ont été reçues immediatementde nôtre Seigneur par les Apôtres, (c) ou des Apô-tres mêmes ausquels le S. Esprit les avoit revelées, &q U i ensuite font venues fans interruption f jusqu’ànous.

Au reste, bien que les Juifs ayertt un zele extraor-dinaire pour les Traditions qu’ils prétendent avoir re-çues de leurs Peres,. & qu’ils les défendent opiniâ-trement , jufqu’à croire qu’ils peuvent tuer ceux quis'y opposent, ils n’ont cependant jamais pû convenirentr’cux des Auteurs de qui ils les ont reçues : com-me il est aisé de le prouver en conférant ensemble lesLivres qui en ont traité , par exemple les Commen-taires qui ont été faits fur le Traité qui a pour titre

(n) Palavic Hist. du Cône. de Tresit. ch. 14.

(b) Vincent Lir adv. Hxt. c. Z.

(c) Con cil. Trid. Seff. 4;

ION SUR LES

(d) Pirke avoth , les Chapitres des Peres , IíaacAbrabanel a fait tout son possible pour justifier cetteprétendue Tradition non interrompue , mais il nepeut pas trouvér lassez de liaisons. U dispute contreR. Moïse qui a écrit auffi sur le même sujet, tou-chant ceux qu’on doit joindre ensemble. R. JosephHajon , R. David Ganz , l'Auteur du Juhasin ouLivre des Familles, & les autres Juifs qui ont traittéla même question,ne sont pas auffi d’accord entr’eux :de sorte que la plupart, pour autoriser davantage la liai-son des Auteurs de leurs Traditions, sont obligez defaire vivre leurs Docteurs pendant plusieurs siécles»afin de coudre mieux ensemble les parties interrom-pues. Les Juifs ont eu cet avantage par dessus les:autres Nations,même par dessus les Grecs, qu’ils oncimposé hardiment à tout le monde & sans rien crain-dre. Leurs Livres sont remplis d’Histoires faites àplaisir, & il est étonnant qu’il se trouve encore au-jourd’hui des Chrétiens qui ajoutent foi à leurs rêve-ries, fur tout quand ils parlent de leurs Traditions.

Ils demeurent néanmoins d’accord en général, quedepuis Josué successeur de Moïse , jusqu’à R. Judasurnommé le Saint, qui recueillit toutes les Tradi-tions & les mit le premier par écrit ; il y a premiere-ment eu une classe d’Anciens qui reçurent d’abordíde Josué l’interpretation de la Loi, puis à cette classesuccédèrent les Prophètes , dont Samuel a été le pre-mier , & après les Prophètes suivit la grande Assem-blée ou Synagogue qui se tint sous Esdras, & laquelleétoit aussi en partie composée de Prophètes, (e) R.Moïse de Cotsi sçavant Juif, pour achever cette chaî-ne de Tradition , & pour montrer en même-temsqu’elle n’a point été interrompue pendant la captivi-té des Juifs en Babylone , produit certains Illustresde la Tribu de Juda & de Benjamin, qui surent me-nez captifs à Babylone, & il assure même que ces Il-lustres y établirent la célébré Académie de Nahardeafur I’Euphrate , laquelle y fut ensuite conservéede même que la Tradition qui fut enseignéeà ceux qui retournèrent de Babylone à Jérusalem, a-vec Zorobabel & Esdras, où l’on établit auffi uneAcadémie à limitation de celle de Babylone, qui nelaisse pas pour cela de subsister, parce que tous lesJuifs ne retournèrent pas à Jérusalem. Enfin cetteTradition fut conservée depuis Esdras qui étoit leChef de l’Assemblée, qu’on nomme ordinairement lagrande, jusqu’au tems de ce R. Juda dont nous avonsparlé, qui la recueillit vers la fin du second siécle»sous l’Empereur Commode, ou comme d’autres veu-lent, sous Antonin surnommé le Pieux. Que la Tra-dition des Juifs n’ait reçu aucun changement pendanttout ce tems-là, comme ils le prétendent fans en rap-porter aucuns Actes, je ne voi pas qu’on soit obligéde les croire en cela , non plus qu’en befucoup d’au-tres choses.

chapitre II.

X)e la Théologie des yuifs , réflexions Jur cetteThéologie.

T Oute la créance des Juifs est comprise sous treizeArticles, qu’ils nomment les principaux fonde-mens de leur Religion ; & ils suivent en cela R.Moïse fils de Maimon , (/) qui a mis par ordre cesArticles, dont le premier regarde l’existence de Dieu;le second, son unité ; le troisième , se spiritualité &

son

(à) Abrav. en sa Pref sur Nahalot avoth.

C e ) R. Moïse de Cotsi dans son grand Livre des Conunan-detnens de la'Loi.

(f) Rambam.