78 TROISIEME DISSERTATION
fois, qu’il étoit de l’interêt de la Religion de leur íùpofèr des crimes. Par exem-ple, lors qu un Moine Italien, après avoir caché une Croix fous du fumier,accula les Juifs d avoir commis ce facnlege, & fut cause qu on les {a) massacrafans miséricorde, ne doit on pas croire qu’il y avoir de la charité dans íà condui-tes 1 Plusieurs Juifs convertis retournoient au Judaïsme, il vouloir empêcher cet-te Apostasie.
5. (h) On les accuíòit encore d empoisonner les eaux des fontaines & des ri-vières. Cette accusation en fit maílàcrer un grand nombre au millieu du 14. sié-cle L’empoifonnement fut général, á ce qu’on dit, ôc l'on prétend que les Juifs,qui lentreprirent avec le secours des ladres de ce tems-là , avoient été gagnéspar le Roi Mahométan de Grenade. I?accusation fut renouvellée quelques an-nées après. Les Juifs emploierent cette fois-ci les mendians, qui jettoient dansles puits & dans les fontaines une composition faite avec les ongles ôc la chaird’un pendu Lee.
6 . Les Juifs íè sont rendus plusieurs fois criminels par des trahisons & par desfoulevemens. Il y en a des exemples dans l’histoire, & fans remonter, jusqu auxpremiers siécles de l'Eglise Chrétienne , il est très-véritable que les Juifs trahi-rent l’Empereur Justinien en faveur de Costoés Roi de Perse. L’Auteur de laVie de St. Theodard a écrit qu’il s attirèrent dans le Languedoc (c) Abderame PrinceSarrasin , & causèrent par là le malheur dune infinité de Chrétiens: mais onfait peu de cas de cette vie, qui n’est pas exacte, & qui est en partie écritefur des (d) raports. Dans la fuite on les accusa beaucoup plus souvent de cescrimes. On asture qu’ils favorisèrent les ravages des Normans dans l’Aquitaine.II n’a pas tenu aux suifs qu’ils ne íè soient souvent soulevés fous la conduite desImposteurs, qui íè donnoient le nom & le caractère qu’ils refusent de reconnoî-
* tre dans Jeíus-Christ, le Messie des Chrétiens.
Nous avons donné les principaux chefs d’accuíàtion intentés contre les Juifs,& nous croions que cela suffit, fans qu’il soit nécessaire de parler des usures ôcdes malversations dont on les accusé dans le commerce.
IV. IMPOSTEURS & Faux MESSIES. '
La matière est ample. Nous ne les suivrons pas dans tous les siécles de 1 *E-gliíè. Hakem est un de ceux dont nous nous proposons de parler. Il prétendoitqu’on le regardât non feulement comme inspiré de Dieu à la maniéré des an-ciens Prophètes, mais même comme uni immédiatement à lui de l’union Laplus étroite qu’il soit possible de concevoir. On assure, que pour échaper àla vive poursuite des Sarazins , il íè jetta dans une cuve pleine d’eau forte,espérant que son corps s’y confumeroit entierement, ôc qu’ainsi l’on croiraitaprès íà mort ce qu’il avoit voulu faire croire de lui pendant íà vie ; maismalheureusement pour l’Imposteur on. trouva (e) íès cheveux dans l’eau forte.
On
Ça) Cette Histoire est raportée, fur le témoignage d’un Juif par M. Bafnage L. 9. Ch. 19*
Çb) Fafcìc. Temp .
(c) Voies Catel Hist. de Languedoc. L. 5. P. 518.
Çd) Partim fulelltíM ndTeatione. Ib. p. 72 5 .
Çe) Empêche le s voulut persuader à peu près la même chose. Ilse jetta dans les fiâmes du Mont Etna, afínqu’après être disparu ainsi tout d’un coup , on s’imaginât, qu’il étoit devenu Dieu: mais ses souliers,qu’illaissa, ou que la force du feu jetta fur les bords du volcan, découvrirent l’extravagance de cet Imposteur. Cesdeux évenemens se ressemblent fort, & peut-être que l’un & l’autre sont des tables. Celle á’Empedocles estfort ancienne.