82 TROISIEME DISSERTATION
en pain de sucre, le turban & les souliers violets font une partie de rbabillement d«Juif a Constantinople dans le Levant, afin que les fidèles sectateurs de Mahomet, oud’Alipuiífent être disoernés d avec les infidelles tant circoncis, qu incirconcis. Ils sontavec cela fort méprisés des Musulmans. Borromée Archevêque de Milan, quel’Egliso a canonisé , défendit aux Juifs de paroître fans le chapeau & le voilejaune ; de sortir de leurs maisons trois jours avant Pâques, & de loger près desEglises. Avant lui le Concile de Baste (a) avoir fait une partie de ces defeníès.N oublions pas en finistànt cet article la mauvaise couleur des Juifs, leur puan-teur , Lc le sang avec lequel leurs enfans naissent. Ce sont des marques visiblesde la réprobation de ce Peuple & de la eolere de Dieu , s’il en faut croire cer-tains Chrétiens. IÍ est donc juste de compter ces marques entre les peines infli-gées aux Juifs. Un Poëte Chrétien, c est Avitus , a chanté que la mauvaiseodeur des Juifs est emportée par la grâce du Baptême.
Le séjour que les Juifs font â Ausbourg , lorsque leurs affaires les obligent des’y rendre, leur est vendu â fort haut prix. Il leur en conte une florin d’Allemagnepar heure. Il ne leur est permis d’en rester que trois â Trente. Autrefois ilspouvoient y séjourner trois jours entiers : mais dans la foire on a voulu les châ-tier , pour avoir défendu Bude avec courage contre les armes de l’Empereur. Lesvoila punis d avoir été fidelles â leur Souverain. Dévoient ils ignorer que la fi-délité n’est pas due â des infidelles ?
Nous ne prétendons point détailler ici toutes les taxes qu’on leur a imposées endivers sems 5 (b) les décharges injustes des dettes que les Chrétiens contractoientavec eux ; la permission de garder leurs gages ; celle de les tuer impunément ; ladefènso qu’on leur faisoit de répondre â ceux qui les attaquoient for la Religion ;(c) l’enlevement de leurs enfans &c. mais il fora bon de parler de quelques Or-donnances de l’Eglise concernant les Juifs.
(d) Un Concile leur ordonna de tenir leurs Maisons formées â laproche duSacrement. Un autre leur défendît de parler mal de la Vierge, des Saints de l’E-glise èc de la Religion Chrétienne. Nous ne pouvons qu’aprouver la figeísede ces deux Décréts. S’il ne doit jamais être permis d’infulter ou de causer duscandale â ceux qui sont dune Religion differente de la nôtre, il le doit être en-core moins â ceux qui font profession dune Religion non dominante. On doitaprouver encore le Decret qui ordonnoit aux Juifs de respecter les Ministres del'Eglife; la défense de s’allier par le Mariage avec des Chrétiens j celle d’avoir desEsclaves Chrétiens j celle de déshériter les enfans Juifs qui fe convertiífoient auChristianisme 7 mais nous n'en disons pas autant de ces Reglemens qui defèn-doient â un malade Chrétien d’appeller un Médecin Juif} de ceux qui desen-doientd’appeller un Juif en témoignage, quoique reconnu pour très honnête hom-me ôe n’aiaiit d autre tâche que celle de la circoncision ; de ceux qui déchar-gement le Chrétien d’une dette contractée avec un Juif, pourvu que le premierjurât qu’il y avoit de l’ufore.
IV. Saints
( a ) En 1454.
0) En 1391. fous le règne de Wimceflas.
(c) Voies les citations dans l’Histoire des Juifs de M. ddjhâgi, t» A. Cfl. ïjh
(d) Voi. Bafmge Hist. des Juifs L. p. Ch. 14»