SUR LES CEREM. DES JUIFS, 87
tenir le joug d’une infinité de vétilles que les Docteurs Juifs ont commandées dansi’Eglife Judaïque , & que l'on a fait passer insensiblement comme essentielles a laReligion,
z. De la il refulte, que leur judaïsme est plus épuré. Ils Rattachent ícrupuleu*sèment au texte original de l’Ècriture, & prétendent (a) que les Versions, quel*que bonnes quelles soient, en affaiblissent toujours la force. Ils exigent une foiaveugle, & ne veulent pas qu’on forme des doutes fur l’existence de Dieu , niíur la Divinité de la Loi.
3. Les Caraïtes soutiennent que le Souverain Sacrificateur, ou quelque Pro-phète, (ccst-â-dire un homme habile & expérimenté , car il ne paroit pas qu’iis’agisse ici de prophétie) étoit chargé d'indiquer les fêtes & les années pendant quel’Etat des Juifs a subsisté : au lieu que l’indication s’en faisoit , selon les autresjuifs, par le Prince du Sanhédrin. Ceux-ci soutiennent la nécessité des calculsAstronomiques pour regler leurs années. Ceux la prétendent que l'on ne doit larégler que fur la premiere aparition de la Lune renouvellée. Ils rejettent les cal-culs & les intercaíations, parce que Moïse ne les a pas institués. Tout cela sovoit plus en détail dans l’Histoire des Juifs de M. Basnage L. 2.. Ch. 1 G. Onne íâuroit nier qu’il n’y ait un préjugé ridicule dans la conduite des Caraïtes. Lecaractère de Moïse n’a pû empêcher de perfectionner un usage de soi-même in-diffèrent à la Religion. C’est à ce respect aveugle que l’on a pour les vieilles er-reurs , ôc à des hommages rendus fans connoissance aux instituteurs de quelquesusages, que l’on doit attribuer plusieurs superstitions dangereuses.
4. Les Caraïtes différent des autres Juifs fur quelques points touchant l’Inceste,òc les Degrés défendus dans les mariages.
5. Ils croient que les attributs de Dieu ne sont autre chose que Dieu même*Ils considèrent Dieu comme une cause qui produit souvent differens effets parune même opération. Dieu influe fur toutes les actions des hommes & leur prêteson secours ; mais il dépend deux de se déterminer. Tout ejl en la main de Dieu ex -cepé la crainte de Dieu. La santé ou la maladie qu’ils attribuent à lame, selon qu’el-le est en état de comprendre ou de ne pas comprendre la vérité, est une idée Stoï-cienne,
6. Ils croient qu’il y a des peines & des récompenses après cette vie.
7. Ils attendent le Messe, mais ils ne veulent pas que l’on s’amuse à calculer letèms de son arrivée , & croient même quelle pourra être retardée à cause deleurs péchés & de la lenteur de la Révolution périodique de Saturne. Cette Pla-nète est (b) l’Etoile du Sabat & du Peuple Juif. On pourroit leur demander quel-le relation il y a entre le Messe ôc la Planette de Saturne, & quelle assuranceils ont que Saturne préside au jour du Sabat ou répand ses influences fur leurNation.
8. Ils ne soufrent dans leurs maisons ni images, ni statues, ni aucune autrefigure. IL ne veulent pas même qu on en fasse aucun trafiq.
5 >- Dans leurs prières ils regardent du côté de Jérusalem. Ils se recueillent dansleurs méditations, & font en forte d’éviter alors toute sorte de distraction. Ilsprient en Langue Hébraïque, parce qu’ils croient que cette Langue est véritable-ment sainte.
p L 10. On
(a) Cependant ils lisent TEcriture & leurs Liturgies dans la langue du Païs oîi ils demeurent. , A Conjlan-tinomie en Gretjjj à -Casa en, Turc; en Perse en Persan ; & en aírabe dans tous les lieux ou l’Arabe est la
!n n À ?Ue /i VUlgaírê ‘ VoÌ ‘ des & des P‘¥ es voisins par le Docteur Vrideam. T o, 4. p. 72. Edit.d Amsterdam 1722. Voies aussi Bajmge Hist. des suifs. L. r. Ch. 16.
(b) Bajmge Hist. des Juifs. L. a. C h. i<s,