Band 
[Volume I.]
Seite
99
JPEG-Download
 

SUR LES CEREMONIES DES JUIFS &c. 99

monde & qu’il faille s en rapporter fur cet' Article a la bonne foi d’un seulhomme ?

Après Pabolition du Sanhédrin , les Juifs lui substituèrent des Tribunaux par-ticuliers pour decider fur les Cas de Conscience & fur les Disputes. Ces Tribu-naux , qui dans la fuite furent appelles Maisons de jugement , étoient une imagefort imparfaite du Sanhédrin : Cependant ils subsistent encore aujourd’hui, maisleur autorité est beaucoup plus bornée qu’autrefois. Ceux qu’on appelle Par -mjsim composent ces petits Tribunaux. Ces PamaJJìms font des Laïques élus à lapluralité des voix. (d) lis ont foin de recueillir l’argent des aumônes & des of-frandes. Ils en font la distribution au pauvres ; ils sont Regens de la Synago-gue j ils pourvoient generalement aux besoins del’Eglise, jugent de certains dif-férais , même dans les disputes de Religion. Enfin ils lancent les foudres de l’Ex-communication sor les rebelles & les Apostats : mais l’exemple en est aisés rare.

LA SYNAGOGUE.

Les Synagogues furent établies âu fetour de la captivité. Il en faut cherchesl’origine dans la dispersion des Juifs, qui les rendit nécessaires; car une partie dece peuple se trouvant assez éloignée de Jérusalem , il lui étoit impossible dallerrendre exactement ses devoirs á Dieu dans le Temple de la Capitale. Il fallutdonc établir des Assemblées ou Synagogues dans les lieux où lé Prince leur don-noit liberté de conscience. Cependant on ne doit pas regarder ces premierèsSynagogues comme des Temples : on y expliquoit la Loi, mais il n’étoit pointpermis d’y sacrifier, & il fàlloit toujours, autant qu’il étoit possible, aller en droi-ture adorer à Jérusalem. C’étoit la le grand Fleuve du salut où les petits ruisseauxétoient obligés de porter tost ou tard leur tribut. -- Quand il y avoit en quelqueendroit certaines personnes d’une sainteté plus éminente que Tordinaire, les fi-déliés s’assembloient chez elles, & y faisoient leurs dévotions. Ces Assembléesétoient de vraies Synagogues, bien quelles n’en portassent pas le nom. Les richesprenoient quelquefois un Directeur de conscience, & c’est apparemment com-*me tel qu’il faut regarder le Levite dont il est parlé au Chapitre 18. v. i duLivre des Juges . 4

Autrefois les Juifs batissosent leurs Synagogues hors des Villes & les cíivíron-noient d’arbres : Maintenant ils choisissent un lieu élevé dans les Villes où l’exer-cice du Judaïsme est permis. L’Edifice doit être plus haut que les Maisons or-dinaires; car, disent ils, la Maison de notre Pieu doit être élevée.,' L’Interieur déla Synagogue est très bien décrit par Léon de Modene dans la premiere Disserta-tion. Ch. 10. La Synagogue doit être percée de telle maniéré, que Pennée re-garde le lieu où l’on prie. C’est-à-dire, que fi l’on prie tourné du côté de l’O- •rient, la porte doit être à l’Occident ; cela se pratique ainsi afin que le Juif puis-se s’incliner vers (h) l’Arche en entrant dans la Synagogue.

Les places s’y donnent à prix d argent, Ôc ce revenu sert à entretenir la Syna- -gogue : mais on ne permet pas de se placer entre le pupitre & l’arche, à cause queceux qui occuperoient ces places tourneroient le dos à l’arche en regardant le Pré-dicateur. Une telle situation ne pourroit que la déshonorer & scandaliser lefidelle.

Tome I. T Les

00 Voies k premiere Dissertation sur les Cérémonies des Juifs. Ch. 14 .

(f) L ’Hechal. C’est là que sont renfermés les Saints Livres de la Loi. VHechal reprefente imparfaitementL lieu où reposoit Y Arche de l’ancien Peuple Juif,