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[Volume I.]
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.SUR LES CEREMONIES DES JUIFS &c. iai

s’il ne peut, ou ne doit mettre les mains dans la pâte, que du moins il asiìstea ce travail religieux; qu’il donne libre (a) carrière aux petits morceaux de pâ-te qui fe détachent de la malle , & qu il soit permis aiíx chats & aux souris demanger ces morceaux de pâte, à mesure qu’ils tombent â terre, qu’il encouragepar de pieuses exhortations ceux qui travaillent.

Celle qui paitrit prend un morceau de pâte , en soit un gâteau & le .brûle.Ce gâteau étoit sous l’Ancien Testament le droit du Sacrificateur. îl sont auíïïprendre garde de ne pas paitrir dans un lieu expofe au Soleil., & l’on doit re-muer continuellement la pâte, de peur qu’elle ne fermente. Les Azymes . sontplats, ordinairement ronds , très sodés au goût &: fort remplis d yeux : mais les

Î jersonnes riches, & d’un goût qui ne s’accoûtume pas aiíement i la miferemê-ent des œufs & du sucre â ce pain d’ajjîïïïion & de larmes.

On brûle solemnellement tout le levain qu’on a pû trouver dans la rechercheexacte qu’on en a faite , 8c même on brûle le vaiífeau qui a servi â le mettre.Cette action est sondée sor un pastàge de (h) ì’Exode.

La Table â laquelle on íè met pour faire la Laque est couverte 8c parée par lesfemmes. LePere de somille s’y range avec fes ensons & fes domestiques. Il y a sotcette Table des pains Azymes,un plat couvert, qui renferme trois gâteaux mysté-rieux, l’unpour le grand Prêtre, l’autre pour les Lévites, le troisième pour le Peu-

Í )le, l’os de l’épaule d’un Agneau, ou du moins une portion de cet os. (c) L’épaule,orsqu’elle sert toute entiere â cette Cérémonie , est accompagnée d’un œuf dur.On y ajoute un mets qui repreíènte la brique â laquelle leurs Àncestres travail-lèrent autrefois .en Egypte. C’est une pâte fort épaisse composée de pommes,d’amandes, de noix, de figues &c. qu’ils font cuire avec du vin , & qu’ils as-saisonnent de canelle rompue feulement en morceaux , pour representer la paillequi entroit dans la composition de la brique. Un autre plat contient des lai-tues, du cerfeuil, du cresson, de la chicorée souvage, du persil. Ce sont lès her-bes ameres. Le vinaigre est mis auprès de ces herbes.

(d) On doit s’aífeoir â table d’un air empressé. Après la consécration de la Pâqueon verfe un verre de vin â toute la compagnie, on en donne même aux enfansqui sont au berceau. On fe lave les mains avant ou après la consécration. LeMaître du logis doit être â table astis dans un fauteuil, le coude gauche sor latable. Les Convives sont en pareille posture. C’est un air de liberté qu’ils fedonnent pour marquer celle que leurs Peres acquirent en sortant d’Egypte. Le ver-re de vin étant vuide, chacun trempe dans le vinaigre un peu de ces herbes ame-res dont nous venons de parler , pendant que le maître du logis récité en mê-me tems une priere conforme â la circonstance de cette cérémonie. Ensuite ilséparé en deux le gâteau des Lévites, cache une de ces deux pieces sous so serviet-te , pour désigner la maniéré dont les Israélites fe souverent autrefois en cachant â lahâte leur pain non levé, prend l’autre & la tenant élevée avec l’épaule d’agneau,dit â fa famille qui doit porter austi la main â ces mets, Voici le pain de mijere &d oppression que nos Peres ont mangé en Egypte : que celui qui a faim s’aproche & man*ge. Cest ici l e Sacrifice de ïAgneau Pascal , &c. On remet ensuite l’épaule d’Ag-neau sor la table, on verfe un fécond coup â boire , mais on met a quartier lacorbeille ou le plat aux gâteaux, (e) Cette épaule repreíènte , difent ils, le braspuissant du Seigneur y qui les délivra de l’opprestion des Egyptiens*

A a x Le

0 *) De Pere dit en cette occasion, que toutes les parcelles de pâte , qui Jè défont de la majjè filent libres. Tousles Juifs n ont pas le meme scrupule sur ce qui regarde la composition de ces Azymes.

(b) Exod. Ch. 12 . v. t o.

CO Les Juifs Portugais font mettre cet os fur la table pendant les huit jours de Pâques,

C d) Ce qu’on dit ici est plus particulièrement observé des Juifs Aìlerrans.

(0 Bttxtorf. Syn. Jud. Ch. i8.