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[Volume I.]
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i22 SUITE DE LA TROISIEME DISSERTATION

Le Pere de famille fait chanter un Cantique après cette Cérémonie. C’est unpieux récit de la délivrance miraculeuse de leurs Ancestres. Un jeune Enfantcommence le chant, & c est lui (a) qui est chargé de faire les questions tou-chant les Cérémonies Pascales , que le Pere de famille explique en détail, enrendant raison de chaque mystère. Quand on est venu â cet endroit du Canti-que où il est .parlé des dix plaies qui tomberent fur P Egypte , ils font rejailliravec le doit un peu de vin hors du verre. C est comme s’ils disoient alors,qne ces Plaies s’éloignent de nous. En même tems ils haussent la voix , qu’ilsavoient un peu baissée auparavant, vuident leur verre & continuent leur chant..Le Maître du logis lave ses mains une seconde fois, parce qu’il y a lieu de crain-dre: quelles ne íè soient salies depuis qu il s’est mis à table ; prend un dp^ga-teaux , le rompt après savoir consacré , & le sort a ceux qui sont à table. Illaide entiers les autres gâteaux , parce qu ’en cette nuit de larmes & de trifleffe, ilfaut so contenter d’un morceau de pain. Ce pain les herbes ameres doivent somanger avec la pâte dont nous venons de parler, après quoi l’on attaque (h) l’Ag-neau directement. Le repas étant â peu près fini, le maître du logis tire la-moitié degâteau, qu’il avoir cachée sous la serviette,en mange un peu & en rompt quel-ques petites pieces pour la famille, (c) ll n’est plus permis de manger après ce-la, mais on boit un troisième & un quatrième coup de vin. A u quatrième leMaître , en prenant le verre , prie Dieu qu’il repande fa colere fur les Rations quine le connoijfent pas. (d) Ces quatre fois que l’on verso â boire sont quatre my-stères. Les Rabins ont allongé avec soin des liens si propres à retenir le peupledans l’admiration & le respect.

On remarque chez les Juifs plusieurs disserences entre la maniéré ancienne defaire la Pâque & la moderne, (e) i. Autrefois on mangeoit l’Agneau entierementrôti. Depuis l’abolition des sacrifices, qui ne pouvoient s’ossrir â Dieu quedans la Ville de Jérusalem , on en fait rôtir une partie & bouillir l’autre, oumême on mutile l’Agneau, ce qui suffit pour empêcher le sacrifice, z. Le dé-faut de sacrifice obligé â fuprimer aujourd’hui quelques hymnes qui regar-doient l 'Agneau Pascal, z. La dispersion des Juifs les oblige austì â demander àDieu le rétablissement de Jérusalem, du Temple & des sacrifices, & qu’il lesdelivre maintenant , comme autrefois il délivra leurs Peres de la tyrannie desEgyptiens. 4. Les Juifs modernes finissent leur repas avec le pain azyme, aulieu, qu’autrefois on le finissoit par l’agneau. 5. On négligé aujourd’hui enmangeant la Paque de ceindre sos reins, de prendre un bâton, d’ôter ses souliers,ainsi que cela so pratiquoit sous l’ancienne Loi ; mais cependant on observe deconserver l’humilité & l’attention, qui sont dues â cette Cérémonie Religieuse.On a la tête toujours baissée pendant le repas , & les Juifs qui excellent en pié-té, ne portent rien â la bouche, fans penser respectueusement au mystère.

(a) C’est une imitation de ce qui .est écrit au Ch. 12. v. 26. de l’Exode & ailleurs : qmni vos enfamvous demanderont que vculeut dire ces chofis? &c.

( b) C’est-à-dire dans les lieux où l’on en sert aux repas de, Pâque.

(c) Buxtorf. Syn. Jud.Cap. 18.

(d) On represente par là quatre faveurs que Dieu a faites aux Juifs. Elles font contenues daps le Chap. 6.v. 6. & 7. de l’Exode. V. Buxtorf. Cap. 18. Syn. Jud.

(e) Bdjhage Hist. des Juifs. L. 6. Ch. p.