SUR LES CEREMONIES DES JUIFS &c. 12;La FÊTE de PENTECÔTE.
Les Juifs appellent jours de ì’Homer les 50. jours que l’on compte depuisPâques jusqu a Pentecôte. La raison de ce nom d ’Homer fe trouve daris le Ch. 2.3.du Levitique aux Versets 10. & íùivans.
A la Pentecôte on lit â cinq le Sacrifice du jour. On lit auflì l’Histoire deRuth , â câufe qu’il y est beaucoup parlé de la moisson. On fe régalé de friandi-ses où il entre du lait qu’ils prennent pour le Symbole de la Loi, â cause de íâdouceur 6c de íâ blancheur; Sc comme le Juif íè pique d avoir, autant qu’il lepeut, des images parlantes 6c íènfibles de ce qui est arrivé de remarquable â lanaissance de íâ Religion, on n’oublie pas de servir â íâ table, durant la Fête dePentecôte, un gateau asses épais que l’on appelle le Gâteau de Sinái. Ce gateau lefait ressouvenir de la Montagne de Sinái y fur laquelle Dieu donna la Loi.
Voila ce qu’il y a de plus remarquable â dire touchant cette Fête après ce quëLéon de Modene en a écrit. On l’appelloit autrefois la Fête de la Moisson, par-ce qu’on offroit alors les premiers blés 6c les premiers fruits de la terre. Cetoitle but de cette solemnité; mais elle ne íâuroit lavoir en Europe, où la moisson fefait beaucoup plus tard qu’â la Pentecôte. Elle pourroit porter ce nom dans laTerre de Canaan , en Arabie 6c aux environs de la Mer Rouge. Certaines institu-tions , 6c même des plus religieuses , ont dépendu dans leur origine, destems, des lieux, 6c de quelques autres circonstances. Celles qui sont de cetteeípece devroient s’abolir insensiblement .* cependant les hommes les pratiquenttrès fidellement, même loríqu’elles sont devenues entierement inutiles. On envoit que leur inutilité rend ridicules : mais on les conservera pourtant juíqu a ladecrepitude du monde.
A la Pentecôte les Allemans garniíïènt les chandeliers, les lampes, la Chaire6c l’Hechal de fleurs 6c d’herbes odoriférantes. Les Portugais le pratiquoient auflìautrefois 6c les Italiens le pratiquent encore aujourd’hui.
La FÊTE de .r TENTES ou des TABERNACLES.
Cette Fête est f imagé du voiage 6c des travaux des Israélites dans les Désertsde la Mer Rouge , 6c des soins de là Providence, qui conserva la Nátion pen-ìdant quarante ans dans des plaines stériles 6c affeuíès, íâns maisons, toujours ex-posés aux injures de l’air, mais fans jamais en être incommodés.
Les Juifs passent la Fête dans des Tentes qu’ils font â l’entrée ou fur le derriè-re de leurs maisons, â la Cour ou dans les jardins, (a) La Tente ne doit pasavoir plus de vint coudées, ni moins de dix empans de hauteur. On doit laconstruire autant qu’il fe peut dans un lieu bien airé , agréable 6c où il n’y aitaucune mauvaise odeur. Les gens riches ornent ces tentes de quelques tapisse-ries, sor lesquelles ils étalent des branches d’arbre chargées de fruits. On y voiequelquesíois des Citrons, des Oranges &c. 6c souvent auflì on n’y trouve que desbranches d’arbres stériles, des Citrouilles, ou même feulement de l’osier. LesCabanes sont environnées de feuillages en dehors 6c juíqu’auhaut, mais íâns enetre couvertes. On doit prendre garde que cette verdure ne fe sèche. Enfinelles ne doivent etre*dressées ni fous des toits ni sous des arbres.
Pendant la Fete 011 paroit à la Synagogue avec une branche de palmier, troisTome I. B b de
(a) Voies la Planche.