124 SUITE DE LA TROISIEME DISSERTATION
de myrte , deux de seule liées ensemble, que l’on porte â la main droite Ontient à la gauche une branche de citronnier avec ion fruit. On les aproche lesunes des autres, on les remue en les tournant premierement à l’Orient, puis auMidi, ensuite à l’Occident & enfin au Septentrion. Il y a uri mystère dans cha-cune de ces disserentes branches. La palme, qui porte un fruit insipide, est lima-ge des hypocrites ; le myrte , qui est stérile, quoiqu’il ait une odeur fort agréa-ble, est limage de ceux qui font de bonnes œuvres sens la Loi Le Saule. Test desmédians & le Citronier des justes. On fait une petite procession autour dupupitre avec ces branches à la main. Autrefois on la faifoit a Jeruselem autourde l’Autel.
Le septième jour de la Fête est un grand jour. On quitte le myrte , la paLme & le citronnier ; on ne retient que le seule, (a) On fait sept fois le tour dupupitre. Les prières se récitent plus vite qu’à 1 ordinaire ; do quoi l’on donnepour raison, (b) que pendant le voiage du Désert on étoit obligé de se depécherjusques dans le service Divin. On tire de l’Hechal sept Exemplaires de la Loi,Le pupitre est orné de fleurs ; & parce que ce jour & le suivant, qui est le huitiè-me de la Fête, font des jours de réjouissance pour la Synagogue, on s y laisse allerà des excés des joie qui surprennent ceux qui ne pénètrent pas le mystérieux desCérémonies Judaïques. Oh s’agite, on se démène en récitant ses prières avecbeaucoup de bruit & de hâte. On frape les bancs avec les rameaux de seule.L’Efprit humain toujours porté à juger desevantageusement de ce qui le choque,& dont il ignore le mystère , á de la peine â s empêcher de prendre parti con-tre des Actes religieux où la gravité ne se trouve pas. Le sens froid de la pietéRaccommode fort mal de ces seillies devotes, & les gens peu accoutumés aux fi-gures & aux mystères font assés indiscrets pour demander à ceux qui se plaisent3 servir Dieu de la forte , s’il est permis de mêler au Culte divin des Cérémo-nies qui exposent les railleurs & les mauvais pìaisens à se divertir de la Religion.Les sept tours autour du pupitre sc font, dit-on , en mémoire de la processionque Josué fit autour des murailles de Jéricho.
L’Ouverture de la Fête des Tabernacles ou des Tentes se fait en famille par desbénédictions qui font suivies du souper. On se réjouît à table à proportionde ses facultés. La Dévotion particulière doit avoir été precedée de la publique.Le Pere de famille ne fait la consécration de la Fête , qu’après avoir été prierDieu à la Synagogue juíqu’à la nuit. On devoir loger entierement dans lesTentes pendant la Fête : mais de la maniéré quelles font construites la Dévotionne pourroit y résister, fur tout dans les Pais froids.
On abandonne les Tentes à la fin du huitième jour vers le soir.
(a) Ceux qui font le tour du pupitre sont les Parmjsim & les autres Ecclésiastiques Juifs. Çest ainsi quecela se pratique chez les Juifs du rite Espagnol.
(h) Bajhage Hist. des Juifs, L. 6 . Cli. 17.
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