128 SUITE DE LA TROISIEME DISSERTATION
noit étant étendu par terre auprès du soier, vêtu d’un soc, quelquefois couvertde cendre ; mais toujours pleurant & gémissant. Une cruche remplie d’eau étoitla pour apaiser la soif du pénitent & réparer des forces abatues par Miction.Il ne rompoit le silence que pour sangloter : fps pieds étoient nuds, & pourcomble de miíëre il mêloit souvent son pain avec la cendre & le gravier.
( a) La nuit de ce jeûne devroit fè passer avec le plus d’incommodité qu’il soitpossible. Il fau droit que le lit où l'on couche fut dur, le chevet fort bas, la plu-me fort mal remuée , òc la toile des draps très rude. Il y en a qui prennentpour oreiller une. pierre. Le lendemain on ne lit point dans les Livres de laLoi, parce cruelle réjouit le cœur. On ne so salue point. Le jour qui soit celuidu jeûne est encore un jour de tristesse, auquel on s’abstient de viande & devin, bien qu’il n’ait pas toute la folemnité du premier. Cependant il a de gran-des marques de tristeííè &• d’abatement. La veille de ce jour-là on doit entrersons fou Hiers à la Synagogue ; on s’aísied par terre, on lit dans les Lamentationsde Jeremie à la clarté dune lumière plus foible qu a l’ordinaire, & á chaqueverset qui commence par un mot Hebreu équivalent à comment , on hausiè laVoix d’une maniéré touchante. Enfin ceux qui solemnisent le plus dévotementla mémoire de la destruction du Temple doivent pratiquer chez eux avec sointout ce qui peut leur inspirer la tristesse.
Léon de Moderne z parlé des autres jeûnes de la Synagogue ; mais outre ceux-làon en observe qui ne sont pas reçûs généralement. Le Calandrier que nous met-tons à la fuite de ces explications , donne le nom de ces jeûnes & de quelquesautres Fêtes.
La DEVOTION du LUNDI b du JEUDI.
Buxtorfe nous Fournit (h) la description de cette Dévotion. Un des dix Pré-ceptes qu’Esdras donna aux Juifs de la captivité , suivant le raport du Talmud,ce sot de lire en public à la Synagogue tous les Lundis & tous les Jeudis quelquechoso de la Loi, & de faire cette Lecture d’une certaine maniéré & avec toutela piété duë à la majesté du sujet. Un autre de ces préceptes ordonne que lescausos fe jugent4e Lundi ôc le Jeudi. Moise, ajoute ton , monta le Jeudi pour laseconde fois á la Montagne de Sinai , & en revint le Lundi suivant avec les nou-velles Tables de la Loi. Le Pharisien (c) de l’Evangile avoit sons doute choisices jours-là pour jeûner deux fois la semaine. Enfin il y a des prières particuliè-res pour le Lundi & pour le Jeudi.
Quelques Cérémonies remarquables accompagnent ^exposition & la lecturede la Loi. Buxtorfe nous en fournira la desoription conformément à ce qu’il aVÛ pratiquer dans les Synagogues Allemandes. Il y a au Livre de la Loi deuxpetits bâtons par où on le prêiid, afin de ne pas toucher au Livre même , quisouvent pourroit être prophané -par des mains souillées. Ces hâtons s appel-lent le Bois de Vie, Léon de Modene nous a parlé sort exactement des soinsscrupuleux que lès Juifs observent dans le'choix du vellin sor lequel on écrit laLoi ; de l’encre, du caractère , de la maniéré de l’écrire ; de l’Arche où l’on laferre &c. Nous n’en dirons pas davantage après lui. Le Livre de la' Loi est
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( 6) Idem ïbid.
(6) Sjnag. Jud. Cap. 14.(c) Luc. Ch. 18. v. io»