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[Volume I.]
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SUR LES CEREMONIES DES JUIFS &c. 145

une peine bien foible pour celle qui ne peut s empêcher d aimer les hommes.On prétend, qu’après îa cessation du miracle des eaux ameres, qui arriva peutêtre au rems de la Captivité , les Divorces devinrent fort a la mode, à causoqu’il n’y avoit plus moien de démontrer la coquetterie des Juives. Celles-cidébarassees des effets d un miracle très fâcheux pout elles, donnerent peut êtrecarrière à la galanterie ,& les maris furent obligés de recourir â la séparation.La licence des Divorces augmenta. Un simple soupçon les fit naitre, & les fem-mes fe mêlèrent à leur tour (a) de congedier leurs maris.

Dans la soite des tems , les Juifs obligés de vivre sous les Loix des PrincesChrétiens 11e répudièrent plus si facilement. Il fallut des raisons plus fortes qu au-paravant, & les Rabins eux-mêmes multiplièrent les difficultés , afin de rendrele Divorce moins praticable.

Nous Rajouterions rien à ce que Léon de Modene a dit touchant le Divor-ce, s’il 11e falloit décrire cette Cérémonie de la maniéré que les juifs Aìlemans lapratiquent, (b) Elle so fait a la porte dé la Synagogue. Le Rabin qui préside â cetteCérémonie íe place a 1 entrée, le visage tourné a l’Orient. Outre les,parties in-téressées, il s’y trouve deux autres Rabins, un Ecrivain, & deux témoins, leplus âgé des deux Témoins so met â la droite du Rabin président, ôc l’autre âfa gauche. L’E cri vain , le mari & la femme sont vis-à-vis du Président* Lesdeux autres Rabins sont sor les deux ailes. Le Président demande au Mari s’ilveut rompre de bonne foi &c. Après qu’il a répondu â toutes les questions,le Président & les Témoins lisent la Lettre de Divorce & la signature, qui estcelle des Témoins. Ensuite le Rabin adresse la parolìe au Scribe & lui deman-de s’il est lecrivainde la Lettre , s’il l’a écrite fur du vellin donné par le futurdémarié, avec son encre & avec fa plume Lee. après quoi il parle aux deux Té-moins , leur fait les mêmes questions & leur demande fort en détail s’ils ont si-gné &c comment. La femme est interrogée, â son tour. A l’acceptation qu elle faitde la Lettre de Divorce , on lui fait ouvrir les deux mains. Les paumes doi-vent être jointes vers le poignet, & si elle a des bagues aûx doits, elle est obligéede les ôter. Le Rabin plie la Lettre, la donne au Mari, lui commande de la garderjuíqu’â ce qu’il lui difè de la faire passer dans les mains de la somme qu’il répu-dié, & exhorte les Témoins â être attentifs. Le Rabin dicte eri même temsau Mari le compliment qu’il doit faire â celle qui cessera bientôt d etre á lui,Lc le Mari le repete exactement. Ce compliment consiste â lui déclarer enpeu de mots qu’on ne veut plus d’elle. Moins on en dit en ces occasions &cmieux c’est.pour les parties. Les Docteurs Juifs ont eu la prudence de retran-cher l’inutilité dans ce compliment. En l’achevant le mari donne l’écrit â lasomme , qui ferme aussi- tôt les mains & cache la Lettre dans fa poche ousous sos habits par ordre du Président. Un moment après le Rabin redeman-de cette Lettre , la relit , interroge une soconde fois & les Témoins & le Scribe.Ea circonspection du Docteur n’est pas blâmable. : Il cherche peut être â don-ner lieu au repentir : mais les remords sont rares en ces occasions. Quand onen vient là c’est pour ne plus reculer. S’il ne fe presonte aucune oppositionâpres cette interrogation , le Rabin prononce, coupe la Lettre en forme decroix ôc desond à la répudiée de so remarier de trois mois. Quelquefois le Pré-sident garde la Lettre par devers foi lans la couper.

La somme doit avoir la face couverte jusou’au moment que le Président luiadresse la parolle. ^ ^

(a) Joseph. Antiq. L, 15. Ch. 9,,(£) Buxt. Sy». Jud. Cap. 40.

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