26 DISSERT. SUR LA RELIG. CHRETIENNE
socierent contre les Jansénistes fous le nom de Freres de la Sodalité du Saint Sa-crement. Un certain Pere Eudes prêchant devant la Reine Mere en 1 660. laconjura par la Sainte Eucharistie d exterminer les Jansénistes par le fer & parle feu. E11 1661. la Cour de France poustà vivement la signature du formulai-re & fit naître une fource intarissable de distinctions, que l'on estaia de mettreen œuvre de part & d’autre pour voir de quelle maniéré on pourroit venir àbout de donner ou d’arracher cette signature. C’étoit un véritable combat dela Chair contre l’Eíprit. Les deux Port-Roial furent vivement persécutés au su-jet de la signature, &c la gravité de l’Archevêque de Paris (a) fortit des gonds encette occasion. La colere du Prélat s’alluma contre les filles de cette Communauté,parce quelles ne vouloient pas parler autrement qu elles pensoient, ni croireque 5 Propositions íé trouvoient dans un Livre Latin que ces pauvres filles n’a-voient jamais lu ôc qu’elles n etoient pas capables d’entendre. En 1 6 6 5. le PapeAlexandre VIL foudroia le Jansénisme par une nouvelle Bulle voulut, pourl’exterminer entierement, exiger la signature d’un formulaire de íâ façon. Il fûtgénéralement signé ; (b) des uns purement & simplement , des autres, endistinguant le droit du fait.
Enfin en 1668. le Pape Clément IX. fit entre les deux partis (c) une Paix qui ré-jouît beaucoup la France véritablement Chrétienne : mais la fuite a fait voir qu’ilfalloit la regarder plutôt comme une suspension d’armes, Sc cela montre qu’il est infi-niment plus facile de raccommoder les Princes du Siécle que les Gens d’Eglisè. LaGuerre a sur tout recommencé depuis la {d) Bulle que le Pape Clément XI. donna en1713. contre 101. Propositions extraites du N. Testament du P. ^uefnel. CetteBulle anéantit, selon les Jansénistes, toute la Morale Chrétienne : du moins peuton assurer quelle est peu propre à la maintenir dans íà pureté.
Le CLU I E T I S M E.
On regarde la Secte des Quietistes comme véritablement pernitieuíé aPEglife Chrétienne. Leur Spiritualité tend à avilir la Majesté de la ReligionLc la nature du S. Esprit, Lc à faire de l’élevation du cœur à, Dieu un (e)méchanismetout pur. Le Mystique a paru (/) en divers siécles de l’Egliíé. Les Mon-
tanistes ,
cedée d’une Communion extraordinaire : après quoi ils se mirent à courir à demi-nuds dans les rues de Caen ,publiant ce que nous venons de dire. Quelque tems après une Demoiselle assembla quelques autres fanatiques& sept Prêtres qui, après avoir renversé leurs soutanes, pris des écorces d’arbre pour ceintures & s’être bar-bouillé tout le visage de boue firent le tour de la Ville de Seez, hurlant & priant pour la conversion desJansénistes.
(a) Après s’être armé de l’Excommunication contre les Religieuses du P. R. il leur dit beaucoup de dure-’tés très outrageantes. V. l’Hist. du Jans. Ed. de 1700.
(£) Et cela se fit avec tant d’ignorance de la part de quelques-uns, que l’on vit des Mandemens où l’onappelloit le Jansénisme l’heresie de Corneille c íanfenius ì surnommé Aumfiinus. V. ICffift • du Jansénisme. To. 3 -
204. Ed. d’Holl.
(c) La Paix de Clement IX.
(d) Appellée la Constitution 'Vnigenìtus. Elle étoit datée du 8. Septembre 1713.
(e) Le premier principe des Quiet ifies, c’est que l’ame doit cesser de faire des réflexions, & de faire usagede fa volonté dans un recueillement intérieur, & dans la contemplation qu’ils nomment acquise. Le corps, s’ille peut, reste dans un parfait repos, pendant que l’ame jouît ainsi de ces dons spirituels.
(f) La premiere origine du Mystique se doit chercher dans le Cantique des Cantiques. Ce n’est pasqu’on ne reconnoisse cet Ouvrage pour divin. Nous prétendons seulement insinuer, qu’en divers tems lesprétendus régénérés ont abusé de ses idées & de ses Allégories. C’est de là qu’ils ont tiré les fiançailles & lemariage de l’ame avec Jefus-Christ, la chaste consommation de ce mariage, la dot de l’ame mariée au ver-be. Désles premiers Siécles du Christianisme on trouve des idées & des expressions mystiques, dans les Peresde l’Eglise, & peut-être les avoient ils empruntées de Platon & des autres Philosophes du Paganisme. Bayledans son Dicíiomaire Critique à l’article de Plotin appelle les Quìetijles plagiaires des Platoniciens. „ Lebut,dit-
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