SUIVANT LES PRINCIPES DES CATHOL&c. 27
tamises, les Gnóítiques, 8cc. tenoient íàns doute des mystiques. On peutjuger (b) de la Doctrine extraordinaire des Quieristes parleur languageparticulier,bizarre 8c extravaguant.
(c) JLes Quieristes ont pour principes, (d) que quand on s’est une fois donne àDieu, l’acte en subsiste toujours , íàns qu’il soit nécessaire de le reïterer ni dele renouveller. Ce qu il faut faire est de noter plus à Dieu ce que nous luiavons donné, en agissant contre son divin bon plaisir , pourvu que cela n arri-ve pas, l’eísence 8c la continuation de labandon à Dieu 8c de fa conformité auvouloir de Dieu durent toujours. Les fautes legeres que l'on fait fans y bien pen-ser ne détruisent pas le point essentiel de la conformité : même les occupationsles plus distraiantes n’interrompent pas l’acte d’amour continu; 8c (e) quand il arri-veroit de ne songer plus du tout à Dieu, il ne seroip pas nécessaire de renouvellerle don de soi-même , qui a toujours subsisté, (de même que le Mariage continuede subsister entre un mari 8c une femme qui sont éloignés l’un de l’autre 8c qui nes'écrivent pas pendant fort long-tems. Çe mariage subsiste dis-je, à moins que l’a-dultere ou quelqu’autre infidélité n’en fasse naitre la dissolution.) Il fout convenirque ce principe de Quiétude & de Contemplation, (qu’ils accompagnent, difent-ilsdune parfaite résignation a Dieu) peut introduire le relâchement des mœurs. De là fuitencore l’abolition des Actes de foi énoncés dans le Symbole des Apôtres, des deman-des contenues dans l’Oraison Dominicale 8cc. Tout cela n’est plus d’obligarionpour les Quieristes -, parce que, selon ce que nous venons de dire après eux, iln’y a pour les contemplatifs qu’un seul acte perpétuel 8c universel. C’est unActe de foi que de penser à Jefus-Christ, 8c l’on y pense certainement en réci-tant le Symbole , ou en faiíànt la lecture des Evangiles : mais tout cela est inu-tile aux Quieristes. „ Une (/) ame, íàns avoir pensé à aucun état de Jeíûs-
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m il, auquel /Vaí/Vdirigeoit ses pensées étoit de s 'unir au grand Dieu . Il y parvint par une efficace ìnéfable ; &3, voilà la voie rnitive de nos Quietistes. « Les Sectateurs de Foe enseignent à la Chine une espece de Ouic-tistne, & veulent que ceux qui cherchent la véritable félicité se laissent tellement absorber à la méditation,qu’ils ne fassent plus d’usage de leur cnteiidcmeur. On doit lire sur ce sujet les remarques de Bayle à l’articlede Spinoza & à celui de Taulerm. Arnold a rassemble plusieurs idées mystiques dans fon Htfl. de la Theolog.Mystique, pour justifier à Fa maniéré l’antiquité & la sublimité de cette Théologie. Quoiqu’il se donne la pei-ne de repasser tous les siécles pour faire voir le progrès qu'elle a fait jufqu’à nôtre tems, il est pourtant certainqu’elle n’a été véritablement réduite en systeme que depuis les Ecrits de Jean de la Croix (Joh. a Cruce ),mais après lui le mystique s’est débordé dans la Religion avec assés d’impetuosité jusqu’à Molinos prêtre Espa-gnol , qui fut condamne à Rome en 1687. sous le Pontificat d’Innocent XI. On peut voir dans le Livre La-tin, que nous venons de citer d 'Arnold, les promoteurs de cette Théologie Mystique & le Catalogue de leurOuvrages.
(a) Les Gnostiques ont eu du raport avec les Mystiques, en ce qu’ils regardoient l’ame de l’hommecomme l’intime substance de Dieu. Le jargon des Mystiques nous fait croire que c’est une de leurs erreurs.Les pénitences, les austérités, les Prophetesses & le Paraclet, ou le Saint Esprit des Montanistes aprochent beau-coup des Idées des Quietistes : mais il y a beaucoup plus de raport entr’eux& la Secte des Beggards, quis eleva dans le 14. Siécle. Nous en parlerons plus amplement dans une remarque.
qu'elle a eue auparavant
j> propre genre. Elle est changée, transformée, absorbée dans l’être divin & s’écoule dans l’être idéal qu’el-j, le avoir de toute éternité dans l’essence divine. Elle est tellement perdue dans cet abyme, qu’aucune
„ créature ne la peut retrouver. « Nous doutons que le plus subtil commentateur puisse pénétrer dans cestenebres. r
(c) L Instruclionfur les états d'Oraìfott^x M .Boffinet nous fournit une partie de ce que nous disons ici tou-chant le Quietifìne : mais ceux-ci ne conviennent pas absolument de tout ce que ce Prélat leur attribue.
C d) Instruction sur les états d’Oraiíòn p. 21. Ed. de Paris, dans un passage tiré de Malaval 8 c du P .Jeana fà Molinos tache de confirmer cela par des exemples ; “ ne seroit-ce pas dit-il, une extravagance, fi»> etant devant le Roi vous lui diíîés de teifts en tems, Sire je crois que vôtre Majesté est la. H en seroit de" meme ’ si lorsque l'ame voit Dieu par l’œil de la foi pure, elle s’amusoit à lui dire, Mon Dieu je crois que" Vous etes ^ &c. Quand quelqu’un s’est mis en chemin pour aller à Rome, tous les pas,qu’il fait l’y condui-te fans qu’il soit nécessaire de dire à chaque fois qu’il avance un pied, jt m'en vais a Rom “ MolinosQmde Spirituelle. L. 1. Ch. 15.
0 ) Instmélion fur les états d'Oraison, &c. p.43. Cette idée parut afreuse aux ennemis de Molinos . Le Chré-tien