50 SUITE DE LA DISSERT. SUR LES CEREM.
„ l’Autel de la Chapelle où s’est faite sélection , & c’est-là que le Cardinal„ Doien, 8c ensuite les autres Cardinaux (a) adorent a genoux fa Saintetés lui„ baisent le pied, puis la main (droite : le Saint Pereles (b) releve) leur donne le,, baiíèr de paix {c) à la joue droite. Après cela le premier Cardinal Diacre,, précédé du premier Maître des Cérémonies qui porte la Croix, 8c d un„ Chœur de Musiciens qui chantent l’Antienne , Ecce Sacerdos Magnus 8cc., 3 Voici le Grand Prêtre qui a été agréable à Pieu & trouvé jufte , s en va à {d) la„ grande loge de S. Pierre, où le Maître Maçon fait ouvrir la porte, asm que„ le Cardinal puiste paíïèr dans la Ballustrade pour avertir le Peuple de sélection„ du Pape ? en criant de toute fa force, Annmtio vobis gaudium magnum , habemus„ Papam &c. Nous vous annonçons me grande joie ; nous avons un Pape &c. Alors„ une grande Couleuvrine de Saint Pierre tire un coup fans boulet, pour aver-„ tir le Gouverneur du Chateau S. Ange de faire la décharge de toute íôn Aral-„ lerie. Toutes les cloches de la ville íè font entendre en même tems, 8c l’air„ retentit du bruit des tambours, des trompettes 8c des tymbales. "
Pendant íe bruit de 1*Artillerie., le íôn des cloches, la musique des voix 8cdes instrumens , le Peuple Romain ne cesse de faire des vœux & des acclama-tions pour le nouveau Pape. „ (e) Le même jour deux heures avant la nuit,„ le Pape revêtu de la chappe 8c couvert de íà mitre est porté fur l’Autel de la„ Chapelle de Sixte, où les Cardinaux avec leurs Chappes violettes viennent„ adorer une seconde fois le nouveau Pontife, qui est astis fur les Reliques de„ la Pierre sacrée. ( Cette Adoration fe fait comme la premiere, & les Musiciens„ chantent des Motets convenables au sujet. ) On rompt cependant la clôture„ du Conclave, 8c les Cardinaux précédés de la Musique descendent au millieu,, de Tl gliíè de Saint Pierre. Le Pape vient ensuite porté dans son Siège Pon-„ tifical sous un grand Dais rouge embelli de franges d’or. Ses Estafiers le„ mettent fur le grand Autel de Saint Pierre, où les Cardinaux l’adorent pour„ la troisième fois, 8c après eux les (f) Ambassadeurs des Princes, en présence„ d’une infinité de Peuple, dont cette vaste Eglise est remplie juíqu’au bout de„ fon Portique. On chante le Te Deum , puis le Cardinal Doien étant du côté„ de l’Epître dit les versets 8c oraisons marquées dans le Cérémonial Romain.„ Ensuite on descend le Pape sur le marchepied de l’Autel. Un Cardinal Dia-„ cre lui ôte la Mitre, 8c il bénit solemnellement le Peuple ; après quoi on lui„ change ses ornemens Pontificaux 8c douze porteurs revêtus de manteaux d’é-„ carlate, qui vont jusqu a terre, le mettent dans fa chaire 8c (g) le portent éle-„ vé fur leurs épaules jusques dans íôn appartement, íC
A l’égard de la coutume de baiser les pieds au Pape, elle est certainement fort an-cienne. Baronius prétend en trouver l’exemple (h) dés l’an 104. On trouve dans lafuite, que l’Empereur Justin I. Pépin Roi de France, Frédéric Barberouffe &c. onctous baise les pieds au Saint Pere. Cependant on ne fait pas bien le tems auqueicette pratique est devenue constante. Nous allons voir qu elle íè rapporte unique-ment,
(a) GemfleJJì. Relaz,. délia Corte di Roma.
(b) Da sua S. e fatto levar in piedi. Ibid.
(c) Aux deux joues , nell’ una e l'altéra guancìa. Ibid.
(d) La loggia delta beneditime. Ibid.
(e) Tableau de la Cour de Rome . Ce qu’il dit ici est auíïi tiré du Livre cité ci-devant.
(f) Vralati nobiles. Cerem. Eccl. Rom. L. i.
(?) Etienne II. élû Pape est le premier que l’on ait porté à l’Eglise siir les épaules après son élection. LesCrans de l’ancienne Rome se faisoient porter par des Esclaves dans une especè de littiere (Lecttca.) 11 y aapparence que la Coutume de porter le Pape sur les épaules s’introduisit peu à peu après la raine du Paganismedans Rome. Pour ce qui est d’Etienne II. il paroit, par ce qu’en dit Platina , que le mérité de ce Pape con-tribua à l’honneur qu’on lui fit de le pórter íur les épaulés.
(h) Pedrigna ad Caium Papam fe contulit , ad pedejque procidens eos ex more exofculata est,