DES CATHOLIQUES ROMAINS, 51
ment à Jeíus-Christ, bien quelle íòit regardée vulgairement comme un témoignagede la vénération que les Chrétiens ont pour sen Vicaire. 1. il faùt observer que lapantoufle de Sa Sainteté est ornée d’une Croix , qui est l’embleme de Jesus-Chrïst crucifié. Pour prevenir l’abus superstitieux des peuples, qu un respect:aveugle ne séduit que trop seuvent, (a) les Successeurs de S. Pierre éclairés duSaint Esprit voulurent que leurs sandales portassent cette Croix sur 1 empeigne -deíòrte qu’on ne baise pas les pieds du Pape, mais la Croix de Jesus-Christcrucifié ; & c’est là une preuve évidente que Sa Sainteté est (b) le Serviteur desServiteurs de Tesus-Christ. 2.. Quand même la Croix neíèroitpas íùr l’ern-peigne, l’excellence de la Dignité autoriserait l’hommage ôc 3. la Sainteté duPontife Souverain l’autoriseroit encore. On doit lui baiser les pieds, comme onbaise ( c ) la Croix & les saintes Images.
L’Adoration est relative à Dieu. Elle n’est pas pour le Pape , mais pour Je-sus-Christ que deux semmes, ( Marie & Magdeleine) {d) adorèrent en se pro-sternant à ses pieds. Nous croions pourtant, fans prétendre choquer la dignitédu S. Pere & le respect dû au St. Siège, qu’une partie des honneurs qu’on rendau Pape tirent leur origine de ceux qu’on rendoit aux {e) anciens Empereurs Ro-mains , íòit en les regardant comme Souverains Pontises, c’est-à-dire Chefs dela Religion des Romains, ou en les respectant comme Souverains de l’Etat :Mais nous ajoutons en même tems que ces honneurs sent maintenant estimés ôcjustes & neceílàires. Le Pape Innocent III. a dit, (f) que l Eglise Epouse du Vi-caire de Jesus-Christ, lui a porté en mariage un plein pouvoir sur leTemporel & surle Spirituel y que la Mitre es la marque du Spirituels que la Couronne les du Tempo -rel , que lune & lautre aprennent à tous les Chrétiens, qnil es le Roi des Rois & leSeigneur des Seigneurs.
Le COURONNEMENT du PAPE.
Puisque le Pape est le Chef de l’Eglise Universelle , le sepréme Arbitre de sesdroits, le Pere spirituel des Monarques de la terre &c. il est juste que les mar-ques exterieures de íà dignité répondent à la Majesté de sen rang & à la sublimi-té de ses fonctions. Il porte les (g) Clefs comme un signe du pouvoir 'qu’il ad’ouvrir les Cieux aux fidelles, & la triple (h) Couronne pour aprendre aux Peu-ples Chrétiens, qu’il est Pontise, Empereur & Roi.
N L L’apa-
( a) Divino fpirante lumine apposuerunt crrnern supra eorum Sandalia 8 cc. Casalius de Christ, rítibus.
(b) ZJndc proteflantur Jummi Pontifices este Je servos fìrvorum ejus quem ipst représentant per crucem. Ibid.(0 Casalius. Ibid.
U) S. Matth. Ch. 28.
CO Exempta Junt tum de Caio Caligula , JVerone , Othone , Trajano , ^idriano & Diocletiano , qui alios adosculagcnuum & pedum admifirunt ; prœsertim ultimus. Joh. Steph. de osculo Romani Pontificis Cap. 8. Com-pares les Droits du Pontificat de S. Sainteté avec ceux que s’attribuoit autrefois le Souverain Pontise de Ro-me Païenne, & voies pour cet effet la Description que J Denys d ’Halicarnaste nous a donnée de celui-ci.
V ) Ettkst* Sponsa , dit-il, non nupstt varna , se d dotem mihi tribuit absque prrecio preciosam , Spiritualiumpemtu inem cr lotitudinem temporalium. Infignum Spiritualium contulitmihi Alitram , infignum temporaliumit mi i Coronam: Aíitrampro Jàcerdotio, Coronam pro regno: ìllius me constituons Vicarium qui habet in ve-J imento & semore suo scriptum , Rex Regum & Domínus Dominantium.
Q) Saint Pierre a deuxClefs à fa Ceinture : l’une est la Clef du Paradis. Elle marque le pouvoir d’absou-re . ~ ; autre Est la Clef de 1 Enfer Elle marque le pouvoir d’excommunier le pécheur. On lui en donne uneve*sn™ 0 ' st 1 " lEptànte sa science universelle & son infaillibilité, conséquence nécessaire de fa science uni-j r s e e ". Ces trolS Clefs reprefentent encore le pouvoir du Pape comme Vice Dieu, son pouvoir en qualitéuperieui a tous les Rois de la terre, & enfin le droit de déposséder ces Rois. Voi. Casalius de ritib. &c.on’li u Tri s e & ne ’ c & a . Epie l'appellent les Italiens, seroit d’une origine assés ancienne, s’il étoit vrai1 » la doit à Clovis premier Roi Chrétien, qui l’envoia au Pape Hormisdas, pour lui témoigner qu’il ne
de--