DES CATHOLIQUES ROMAINS. 53
Tapotions &c. Sa Sainteté est: portée en chaise à l’Ëgliíè au millieu de cette sain-te escorte, environné de íès gardes 8c d’une multitude infinie de peuple 7 , qui, sil'on peut le dire , saisit avec avidité les Bénédictions du Saint Pere pour forceravec leur secours la porte des Cieux. Les Chevaliers de St. Pierre & de St. Paulsoutiennent le daix sous lequel S. S. est portée. Tel est Tordre dans lequel laProcession desoend á l’Egliíe de S. Pierre.
(a) ,, Le Pape trouve sous le Portique de Saint Pierre près de la porte Sainte
j, un Thrône où il s aísied sous un daix. Autour du Thrône il y a des Bancs
„ pour les Cardinaux fermés par une Ballustrade. Les Chanoines & les Bene-„ liciers de S. Pierre précédés du Cardinal qui en est Archiprêtre viennent bai-
„ íèr les pieds du Pontife : après quoi il est porté sor le marchepié du grand
„ Autel, suivi d’un nombre infini de Peuple qui fait des acclamations. Le Pon-,, tife y fait fa priere à genoux & la tête découverte devant le Saint Sacrement.„ Aussi-tôt après 011 le porte à la Chapelle (b) (Grégorienne.) Il fe place là sorun Thrône, environné des Ambassadeurs des Puiílànces, des Princes du Thrô-ne 8c des autres personnes de distinction. Les Cardinaux en Chappe rou-„ ge, les Prélats &c. viennent lui rendre Tobedience. Les premiers lui baisent„ la main, 8c les autres le genou ff après cela le Saint Pere donne fa Bénédictionau Peuple , qui le remercie par des cris de joie 8c des acclamations extraor-dinaires.
Cette Cérémonie finie les Cardinaux, lès Evêques 8c les autres Prélats pren-nent les paremens blancs , les Chanoines de S. Pierre chantent Tantiene dans leChœur. Le Pape fe lave les mains quatre fois. A la premiere Teau lui est présen-tée par le premier Conservateur du Peuple Romain, á la seconde pendant laMestè, par le General de l’Egliíè. Le tour de TAmbassadeur du Roi très Chrétienvient ensuite, & enfin celui de TAmbassadeur de S. M. Impériale. S’ils assistent àla folemnité du Couronnement, ils sont neceílàirement obligés à ce devoir religieux.
Nous éviterons un trop grand détail en certaines choies qui pourroient en-nuier le Lecteur: ainsi nous disons en deux mots, que (c) S. S. quitte les pare-mens qu’elle avoit, pour en prendre d’autres dont la couleur est le symboledé Tinnocence 8c de la pureté du nouveau Pape. Il faut le regarder mainte-nant comme s etant dépouillé de l’homme pêcheur pour devenir une nouvelleCréature. Les Acolytes, présentent les nouveaux paremens au Cardinal Diacre,qui revêt d ’un vêtement blanc celui qui> selon les termes de l'Ecriture , doit presderdans le Temple du Seigneur. Il lui met donc la Soutane, TAmict , TAube, laCeinture, la Dalmatique, l’Etole, les Gans 8c h Mitre brodée d’or 8c cou-verte de joiaux. La Procession íe fait ensoite, & pendant la marche le premierMaître des Cérémonies tient d’une main un Cierge allumé 8c de Tautre unBassin dans lequel on voit toute la gloire du Monde , repreíèntée à S. S. par des fi-gures de Châteaux 8c de Palais faits d’étoupes. Le Maître des Cérémonies y metle feu jusqu a trois fois, en disant à chaque fois.au S. Pere, (d) Voilà , Saint Pe~ve, comment la gloire de ce Monde passe.
>, (a) Tous
G) Tiic du Tableau, de la Cour de Rome*
(b) Liïnadoro le dit ainsi.
(c) Lmadoro.
(À) Pater SanBe sic transit glorìa Mundi. C’est le second Maître des Cerernòniesqui en cette occasionpre ente le feu au piemier. La. Cérémonie des étoupes fe fait entre la Chapelle Gregoriene & celle des Apôtres*
01 . Lunadoro. Cette Ceiemonie paroil tirer son origine de ce qui fe pratiquoit au Couronnement des Empereurs
ìecs. Aumillieu de la pompe & de la magnificence de la superbe Cérémonie du Couronnement, on leur presentoitQ une main un vase rempli de cendres & d’ossemens de morts, & de l’autre des étoupes, auxquelles on met-le feu. Ce double Ëmbletne leur remettoit devant lesyeux leur mortalité Sc le fort déshonneurs du Monde*
Tome I. z. Partie . O