DES CATHOLIQUES ROMAINS. 73
(a) Le Pape Innocent III. fut d’avis de placer la Croix justement au millíeudes sept Chandeliers, afìn de donner aux Chrétiens l’idée de la Médiation deChrist entre les Juifs & les Gentils qu’il a réunis dans la même Eglise.
Le Thrône Pontifical, que le fécond chifie indique, est du côté de l’EvangileiCette place est afectée non feulement au Pontife souverain , mais encore àl’Evêque (b) , lorsque l’Autel est près du mur de la Chapelle où il célébré.
(c) L’Eglise militante est la vive image de l’Eglise triomphante. Dans celle-cijefùs-Christ est astis fur un Thrône & les Anciens le font fur des sièges moins élevésque le Thrône de Jefus-Christ. Dans l’Eglise millitante le Chef de ì’Egliíè Uni-verselle , & l’Evêque , (qui dans son Diocèse represente ce Chef de l’Eglife) doseVent occuper la premiere place. Les autres occupent les places inférieures qui sontautour de l’Autel & du Siège Episcopal, chacun suivant le rang qu’il tient dansla Hiérarchie Ecclésiastique. La Chaire de Saint Pierre, (d) que le tems a épar-gnée miraculeusement & qui se conserve avec beaucoup de soin dans la Basili-que du Vatican , conservera fans doute jusqu a la fin des siécles, l’idée de lamaniéré dont S. Pierre étoit astis dans l’Eglise.
H n’est point de Cérémonie qui ne renferme quelque Mystère. Un bon Ca-tholique peut y découvrir des yeux de la foi une infinité de vérités essentielles queses yeux de l 'Homme Animal n’ont pas la force de voir. Ces mystères éclatent sortout en ce qui regarde la Hiérarchie Ecclésiastique. On nous assure qu elle ne faitrien fans des raisons prises du Christianisme le plus épuré , ôc sens des vues en-tierement spirituelles. Nous indiquons une de ces vues pour justifier une choseque des personnes d’un jugement superficiel regarderoient peut-être comme lestéedu caprice humain : c’est l’exactitude avec laquelle 011 doit observer de changerla couleur des sièges solvant la solemnité du jour.
L’usege de (e) couvrir le Thrône Pontifical & les Sièges Episcopaux (f) de bel-les étofes est fort ancien. Baronius le trouve pratiqué dans les premiers siéclesde l’Eglise. Il paroít austì que dés le tems de S. Augustin les Prélats se plaçoientsor des sièges qui dominoient sor les autres , & qui sens doute étoient & pluscommodes & mieux parés. Quoiqu’il en soit il est juste que les conducteursde l’Eglise soient placés dans un lieu éminent, d’où ils puissent voir l'AstémbléeLc en être vûs. Cette disposition est si naturelle, qu’il seroit fort inutile d’insisterdavantage là-deíTus : mais cependant nous observerons encore que chez les An-ciens Chrétiens le Thrône Pontifical a toujours été plus élevé que les autres Siè-ges & qu’il n’occupe point aujourd’hui dans la Chapelle de S. S. la même placeS u il occupoit autrefois dans les Eglises Chrétiennes. Il y étoit placé au millieudu demi cercle de la Tribune, ainsi que l’Autel, de telle maniéré que le Ponti-k re g ar doit l’Autel & le Peuple. Les Sièges du Clergé étoient rangés aux deuxcotes j ainsi que cela se voit encore dans les Eglises de S. Clément , ôc de S. Ne-
rée,
00 Bona»m. Ibid.
(ï) St ^iltare inhœreat parieti. Piscara. L. 2. Ch. î. Prax. Cerim.
<0 Idem. Ibid.
jm.UJ àâ/ Hterarch. EcclcfCzp. 12.6. Cette Chaire scrvoit à S. Pierre dans les fonctions Pontifîcales. :pi e e Ut ^"'portée d* Antioche à Rome. Elle est de bois travaillé grossièrement : mais dans la fuite quelquesci pi A U 3nS / ont ajouté de petites figures d’ivoire. Ôn conserve encore la Chaire de S. Etienne Pape. Celle-tiant ' £ marbre. - Le Pape: Innocent XII. en a fait présent au Grand Duc de Toscane. Elle est mainte-
(O Bonami Hierarcb. Ecclef. Can 126. U) Le Thrône Pontifical ton rse;r,.^,poisse. II paroíttí onanm Ch. 12 6.. de sa Hieranh, Ecclef,
Tome L z. Partie, '
-W ■>' v-ap. 120.
Pontifical (ou Episcopal) étoit autrefois plus ou moins richement paré selon les moiens dért qúe dans les premiers Siécles l’usage étoit de couvrir ce Thrône d’une toile fine; Y s