io8 SUITE DE LA DISSERT. SUR LES CEREM.
est certain ( a ) que les Romains s’en étoient íèrvi long-tems auparavant, & l'oníâic que la robe sacerdotale du grand Prêtre des Juifs étoit bordée de sonnettes.Quoiqu’il en soit, environ l’an 605. Sabinien établit l’uíàge des Cloches pour lasolemnité de la Meílè & pour les Heures Canoniales, de la maniéré qu’on lepratique aujourd’hui. L’uíâge de les sonner pour les morts étoit ( b} établi enAngleterre dés le commencement du huitième siécle, (c) & cet uíàge s’est mêmegardé en quelques Pais hérétiques malgré leur défection du S. Siégé. Outre cesusages, les cloches (d) ont celui de sonner l’Ave Maria le matin, à midi & le soirpour avertir le peuple de prier alors. On sonne (e) á lelevation du S. Sacre-ment , quand on le porte aux malades, & aux Processions.
Pendant la Semaine Sainte au lieu de Cloches on íè sert de la Crejselle , quiest un instrument de bois. Il y a des mystères dans cette Crejselle 5 par exern*pie elle repreíènte Jefus-Christ priant fur le bois de la Croix & appellant les peu-ples a íâ prédication. Elle repreíènte l’humilité du Sauveur &c. On croit l’u-íâge de la Crejselle beaucoup plus ancien que celui des Cloches, (f) & que les pre-miers Chrétiens s’en íèrvoient pour appeller íècretement aux prières qu’ils fàifoientdans des souterrains &c dans les endroits écartés.
La BENEDICTION dés CLOCHES.
Le Peuple appelle (g) Baptême la Bénédiction des Cloches, parce qu on leurdonne le nom des Saints (h) fous ìinvocation desquels on les offre à Dieu , afnqu ils les protègent. La BenediBian les consacre au Service de Dieu, afn qu il leurdonne la force , non de fraper toreille. . . . mais de toucher les cœurs par la vertudu S. Esprit. . . Cette BenediBian sert auff , lorsqu on les sonne , à chasser les démonsôíc. L’Evêque fait ordinairement les Cérémonies de la Bénédiction. Avant qued’en venir là, les Curés, à qui le soin de faire fondre les cloches a été commis,(i) observeront que la fonte ne íè faste ni dans l’Egliíè ni dans le Cimetiere ; querien de prophane ne soit gravé sor ces Cloches, mais íèulement une Croix, oul’image du Saint Patron de l’Egliíè. Ils empêcheront qu’on ne fasse aucune su-perstition pendant la fonte & la Bénédiction des Cloches.
La Cloche étant achevée , il faudra la mettre le plutôt qu’il íè pourra en étatde recevoir le Bénédiction, c’est-à-dire la sofpendre & la diípofer en sorte qu’ost
Í misse aller tout autour, pour la toucher dedans & dehors , la laver & lui fairees saintes onctions. Auprès de la Cloche on mettra une Chaire pouf le Célé-brant, un escabeau à íà gauche pour le Diacre, Le des Sièges de côté & d’autre
(a) Ils les appelloient tintinnabula.
(b) Bede , que l’on cite fur la foi de Cafalius dans son Traité de Rit ib. Pet. Christ.
(c) En Hollande, dans les Etats du Roi de Prusse & ailleurs. Les Lacedemoniens frapoient fur des chau-
dières d’airain dés qu’un de leurs Rois étoit mort. On croioit alors que le son de l’airain détournoit les mau-vais Esprits, de même qùe l’Eglife Catholique enseigne aujourd’hui que le son des Cloches éloigne les Puis-sances de l’air. , ,
(d) Le Pape Calixte III. ordonna qû’oh sonnerait la Cloche à midi, de même qu’on la sonnoit deja I esoir pour saluer la Sainte Vierge. On dit qu’il fit cet institution en 1455. en faveur de ceux qui faisoient
la guerre aux T ures. _ *
(e) Grégoire IX. qui vivoit en 1230. institua l’ufage de la Clochette pour avertir le peuple d’adorer agenoux la Sainte Hostie, lorsque le Prêtre fait l’élevation. Casai, de Ritib. Chr.
(f) Voi. Casai, de Christ. Ritibus. .
Òp Le Pape Jean XIII. baptisa le premier les Cloches, en donnant son nom en 965. à celle de S. Je* n u
Latran. Casai, de Ritibus Péter . Christ.
C h) Rituel d’St le t.
(i) Rituel d’Alet.