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[Volume I.]
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DES CATHOLIQUES ROMAINS, 107

(d) Celui de Bavière, découvert par une Biche que des chiens de chaise pour-íùivoient, ne doit pas être oublié. La Biche lé montra du pied aux chasseurs,& ne pense a se sauver de la Fureur de leurs chiens, qu âpres avoir découvertle Crucifix. Cette découverte miraculeuse arriva sous le régné de CharlemagneLc donna le nom au Monastère de Pollingen , dont la prerniere syllabe sem-ble exprimer l’aboiement des chiens- On établit une foire a Pollingcn } parlemoien de laquelle le Crucifix, le Monastère & l’Egliíè que S. Boniface y avoirbâti íè rendirent bientôt célébrés, & attirèrent a Polïïngen la jaloufie de Wèil-haum , petite Ville du voisinage. La foire y fut transportée : ce changement,qui refroidit la pieté des Bavarois, fit bientôt oublier le Crucifix, il s en van-gea, il cônsoma par le sou la petite Ville de Weilhaum. Malgré le châtiment déson crime, la Ville ne pouvoir so refondre a perdre ce quelle avoir si injuste-ment acquis : mais le sou qui la détruisit encore força cette malheureuse Ville àrestituer ce quelle avoir usurpé avec íacrilege.

Dans une Eglise de Cologne on voit un Crucifix qui est coiffé d’une perruque. Onne lait pas bien la date de cette Coiffure, & tout ce qui s en peut dire, c est qu’elléne doit pas être fort ancienne, puiíque l’usege de porter la perruque est assésmoderne. Des Ecclésiastiques soveres , qui ont déclamé contre cette chevelurepostiche, auroient peut-être vu avec indignation un Crucifix coiffé de la sorte: ce-pendant la Coiffure est également merveilleuse & édifiante. Les cheveux de laperruque du Crucifix lie diminuent point, quoi que les pèlerins dévots ne pren-nent jamais congé de lui fans emporter avec eux un toupet de la perruque.

Nous ne disons rien d une infinité de Crucifix , dont les uns ont verse deslarmes, les autres sexe du seing, découvert des seicrileges, aveuglé ou rendu perclusdes malfaiteurs. Quelques-uns même ont rendu la vie aux morts & quelques autres laseinté aux malades. Tous se font distingués par quelqu’endroit. remarquable.Nous ne parlons pas non plus des Crucifix domestiques, parce que les grâcesqu’ils accordent s'étendent rarement plus loin que la famille qu’ils protègent. Ondoit mettre au rang de ceux-ci ( b ) le Crucifix qui honora de plusieurs visitesnocturnes le P. Bencius y & le détermina enfin à prendre l’habit de Jésuite.

USAGE des CLOCHES dans ^EGLISE.

Des Croix nous passons aux Cloches, ces instrumens de métal qui se font en-tendre de loin aux íîdelles, (c) & qui leur representent la durée de l’Evangile,dont le bruit a été porté par tout le monde, (d) Elles representent aussi l’Egli-so,qui excite les fidelíes à louer Dieu, & les Pasteurs de’l’Evangile, qui annon-cent la parolle de Dieu. Elles ont encore plusieurs autres significations mystérieuses,que l’on peut voir dans les Rituels. On prétend quelles ont été inventées dans laCampanie Province d’Italie, ôc c’est de la quelles ont pris leur (e) nom en mau-vais Latin, (f) On en attribue le premier usage au Pape Sabinien : cependant il

D d % est

(a) Curtius de Clavís Dominicis.

{b) Voi. Alegambe de Script. &c.

(c) Rituel Romain.

(d) Rituel d’Alet.

( e ) Campana.

(f) On prétend que S. Paulin Evêque de Noie établit Puíàge des Cloches dans son Dioceíê. Salmuth ,ornmentateur de Pancirolle , croît qn'il ne fit que consacrer un usage établi long-tems avant lui chez lesiens. Voici une preuve badine de l’antiquité des Cloches ; c’est qu’autrefois on gardoit dans une Eglise de

vo «ie une partie , du son de celles de Jérusalem. ' - &