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[Volume I.]
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112 SUITE DE LA DISSERT. SUR LES CEREM.

comme de jeunes hommes avec des ailes attachées aux épaules 5 parce qu’on so-pose quêtant les Ministres de la Divinité , leur caractère 8c leur diligence nepeuvent se repreíènter que par la jeunesse de l’homme 8c la legereté des oi-seaux.

Les anciens Paiens ssont pas attribué un pouvoir sopréme aux grans hommesqu’ils ont appellé Dieux ou demi-Dieux après leur mort , bien qu’ils leur aientaccordé une partie des honneurs qui sembloient ne devoir appartenir qu’á l’EtreSuprême, lis croioient que ces grans hommes, devenus Dieux, Démons ouGenies par une Apothéose, qui revenoit en quelque façon á la Canonisation dél’Eglise, étoient les Lieutenans ou les Substituts de la Divinité ; qu ils lui presen-toient les vœux 8c les prières des hommes ; 8c que l'intercession de ces Geniesbien heureux lui étoit infiniment agréable. Ils les regardoient encore commedes Intendans de Province , 8c se persuadoient que tous ceux qui avoient partaux Dignités de la Cour Celeste prenoient infailliblement sous leur protectionles Roiaumes 8c les Etats de la Terre, la fortune des hommes , leurs occupa-tions, leurs métiers 8cc. Les Paiens Modernes font à peu près dans les mêmesfentimens, 8c c’est a cause de cela que les-uns 8c les autres leur ont consacré desImages 8c des Statues avec des honneurs assés semblables a ceux que l’on rendaux Images des Saints dans l’Eglise. Les Cierges & les Lampes bruloient devantelles : (a) ils les portoient en procession , 8c les usoient dévotement á force deles baiser. Cicéron, dans une de ses Venines , observe que les baisers continuelsdes dévots avoient usé la barbe 8c la bouche d’un vieux Hercule (h) d’Agrigen-tum. Souvent même la dévotion poussait son zélé juíqu a baiser tout ce quiapartenoit au Saint , ou dépendoit de son équipage. On pourroit comparer lesdévots de cette eípece aux Provinciaux nouvellement débarqués j qui debitent auSuisse une partie des complimens qu’ils avoient destiné au Maître.

Peu de Chrétiens ignorent les miracles & les effets miraculeux des Images de nosSaints. Nous en rapporterons quelques-uns. L’Image de Je sus-Ch ri s t, qu’un im-pie blessa d’un coup de poignard, & qui se sentant percée porta la main fur la plaie',est célébré a Naples: mais (c) celle de Notre Dame de la façon de S. Luc, fameuxPeintre & Euangeliste, ne Test pas moins : aussi dit-on que les Anges ont chanté fortsouvent les Litanies autour d’eíle. A Siene limage de Sainte Catherine a chassé leDiable 8c produit bien d’autres merveilles. La Notre Dame de Lucques atta-quée insolemment par un soldat, qui en lui jettant des pierres pense casser latête a Pensent Jésus quelle portoit fur le bras droit, le fit paíser promtement sorlç bras gauche, 8c Pensent s’y trouva fi bien , que depuis cette avanture il ssaplus changé de situation. Il seroit inutile de racconter ici l’Histoire de plusieursautres Images célébrés, puifqu’il y a des Livres sor cette matière : il ne le seroitpas moins de faire observer au Lecteur, quelong-tems avant le Christianisme lesPaiens avoient attribué la puissance de faire des miracles, aux Images de leursDieux 8c de leurs Héros. Tite Live, cet ingénieux Légendaire du Paganisme, 3voulu orner son histoire dune infinité de miracles 8c de prodiges, parmi lesquels il y en a plusieurs de la façon des Images 8c des Simulacres des Paiens ; àCCicéron, qui n’étoit pas des plus crédules , nous parle souvent de ces Aser-

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Croix de Christ. La taille gigantesque de S. Christoste marque la force du Chrétien, le petit enfant qu'iîporte c’est l’amour du fils de Dieu , le fleuve qu’il passe c’est le torrent des afflictions. On peut voir pi 1 }'sieurs exemples semblables à. ceux-ci dans Casalius de Sacr. Vet. Christ. Ritib. dans Molanus qui a écrit l’Ht -stoirè des SaintesTmagès, dans les Vies des Saints de Giry & dans quelques autres Auteurs.

• (a) Les Indiens Orientaux portent aussi en procession les Images d’EJwara & de WiflnoH,

{b) Ville de Sicile aujourd’hui Gergenti.

(c) Elle est à Rome dans la Chapelle Pauline.