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[Volume I.]
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DES CATHOLIQUES ROMAINS, nrBENEDICTION LIMAGES.

îl est défendu, par les Décréts du Concile de Tien te de mettre dans les E-glifes aucune Image extraordinaire inusitée fans l’aprobation de l’Evcque. Onprocède à la Bénédiction d’une Image de la même maniéré qu’à celle d une nou-velle Croix. En disant l’Oraiíòn on nomme le Saint de limage : après cela onprend l’Aíperfoir ; le Prêtre jette de l’eau benite íur limage pour achever de laconsacrer: mais loríqu’il bénit celle de la Vierge, (a) il ajoute á l’Eau benite un en-censement réitéré juíqua trois fòis , âvec un A<ve Maria, quelques Píèaumes &cquelques Antiennes , l’Oraiíon qui commence D eus qui wirginalem Auïatn , &c.l’Antienne ô gloriofia T>ei genitrix , le Magnificat Lee. Un double signe de Croix>que la main droite du Prêtre fait fur limage, finit la Cérémonie.

Les Auteurs Protestans ont prétendu que le Culte des Images n’a commencéde s’établir que dans le quatrième Siécle , & qu’il s est accru considérablementdans les fuivans, à quoi le zèle des bilieux Iconoclastes contribua beaucoupplus encore que la Religion. Il y en avoir pourtant parmi eux que de bonsprincipes portoient à détruire les Images. Tel étoit Serenus Evêque de Marseille,qui les fit abatte dans son Diocèse, pour empêcher que les Chrétiens nouvel-lement convertis de l’Idolatrie a la foi ne les adorassent comme des Idoles & defausses Divinités : mais le Pape S. Grégoire lui ordonna de les rétablir. En louantson zélé il en reprit le dérèglement, & croiant que les idées grossières & ma-térielles íèroient moins fortes que l’Instruction Pastorale , il lui prescrivit cettederniere voie, pour donner a íòn Peuple le véritable usage qu’il devoit faire desImages.

Les Images font preíqu’auísi anciennes que lâ Religion , & cela n’a riende surprenant ; puisque l’origine en est duë a lâ fòibleílè de l’efprit humain,qui ne pouvant fixer long-tems íòn attention à des objets purement spirituels íètourne insensiblement vers la matière, & tâche de íè rendre palpable, pour ainsidire, l’objet de son Culte. Il n’y a presque personne qui parle a Dieu commeil parleroit au Roi, parce que le premier est invisible, & qu’au contraire la Ma-jesté du Roi s’empare par íà visibilité de l’attention de celui qui parle. Com-bien de signes sensibles n emploie ton pas pour aprendre aux enfàns à prierDieu & à connoître fes merveilles ? Il est vrai que l’uíàge de ces signes devient dan-gereux. Autrefois Dieu fut obligé de les defendreau Peuple Juif: mais cependant lesChrétiens ont crû pouvoir imiter fans risque les Paiens leurs devanciers : c’est ainsistue pour entretenir la dévotion par des objets qui frapent les sens, on peint dans1 Eglise Dieu le Pere comme un vieillard, parce qu’il s’est appellé lui-même1 Ancien des jours, (h) Le fils estrepreíènté comme'un homme, á cauíè qu’il s’estre vêtu de la forme humaine. Pour Je S. Esprit, on le peint (c) fous la formedune colombe, qui est le symbole de la simplicité* Les Anges font repreíèntés

E e z . com-

( a ) Pifcara Praxis Cœrem. L. 2. Sect. Xlt. Cap. 3»

(b Autrefois on le reprefentoit aussi sous la figure d’un Agtieau tenant d’un des pieds de devant la Croix,0u fous la figure d’un berger qui porte une brebis fur fes épaules*

, f U Cette maniéré de peindre le S. Esprit est fort ancienne, & même oh conferVoit autrefois l'Eucharistisans une boete faite enfòrme de colombe. Àu reste la coutume dépeindre les Saints avec de certaines chose?jim designent ou leurs fonctions ou leurs qualités à été aussi pratiquée des Paiens dans lès représentations dec f rs -Dieux & de leurs demi Dieux. Mercure , Apollon, Esculape, Diane, Minerve, Hercule, Bac-f e Us . en ^ ot y stes exemples. Aujourd’hui le feu de S. Antoine marque son Amour Divin, le Pourceau qui est àcs pieds témoigne qu’il a foulé aux pieds la volupté ; fa Clochette son assiduité à la priere : la Lettre Tau la

Croix

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