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[Volume I.]
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DES CATHOLIQUES ROMAINS íij

Veilles Religieuses. Telles sont par exemple les \a) soeurs de quelques Statues.Enfin les Mahométans, les Paiens Sc les Juifs modernes nont pas voulu perdrece beau- privilège, (b) ll y a des miracles chez eux, Sc même des plus dif-ficiles.

L SAINT SUAIRE.

Si la Croix, que le supplice de Jesos-Christ a sanctifiée, demande la véné-ration des Chrétiens, & (c) s’il est permis de parler à ce bois sacré de la meme ma-!riiere que nous parions à notre Sauveur crucifiés le Saint Suaire est en droit d’exigerune pareille vénération. Il a touché immédiatement le Rédempteur du Genrehumain, il a envelopé le corps de Jeíus-Christ dans le sepulchre, tandiíque son ameetoit descendue aux enfers pour triompher de la mort Sc rachepter ceux qui at >tendoient l’avénement du Meífie. On dit à la Véronique , dont nous avons dé-jà parlé , {d) O bienheureuse figure conduises nous , afin que nous puisions voir le vi-sage de Chris: a plus forte rais)n pouvons nous dire au Saint Suaire, (e) Conser-ves nous , o divine ressemblance de Jesus-Chris , la ressemblance du Pere , qui es im-muable. Ces à vous que je m adresse comme à un Etre intelligent Scc.

Il y a deux fameux Suaires en Europe, celui de Bezançon Sc celui de Turin,Chifflet a fait l’Histoire de l’un Sc de l’autre , Sc (s) prétend que le Suaire deBezançon y a été porté de la Palestine au tems des Croisades, dans le commen-cement du doufiéme Siécle. C’est à peu prés depuis ce tcms-la que l'on a instituéla coutume de montrer au peuple le S. Suaire. Le même Auteur a tiré d’un vieuxRituel l’ancienne maniéré de le montrer. La voici. Aux Matines de la Fête dePâques trois Chanoines sortant de la Chapelle chantoient en allant au grand Au-tel , qui es celui qui otera la pierre du sepulchre ? En même tems des en-fans déguises en Anges venoient â eux Sc leur demandoien t, qui cherchés vous ? LesChanoines repondoient aux Anges, nous cherchons Jésus le Nazarien. Les Angestcpliquoicnt, il ries plus ici. Ensuite le Chantre s’adrestòit en ces termes au pre-mier de ces trois Chanoines ; dites nous Marie , ce que vous avés vû en chemin :le Chanoine lui répondoit, j ai vû le sepulchre de Chris qui es vivant, & la gloi-re de celui qui es ressuscité. Le fécond, ajoutoit, f ai vû les Anges témoins de la

Re-

(а) L. x. de la Divin, il dit qu’à Cumes la Statue d’Apollon sua, & celle de la Victoire à Capoue. IIfaut observer que Cicéron met ce récit dans la bouche de son srere, qu’il sait parler dans ce i. Livre &<ÌU’il réfuté dans le second.

(б) Avec cette difference, que chez les Mahométans & les Juifs ils ne font dûs rìi aux Statues, tii aux Imâ-5 es , parce que les représentations leur font défendues.

(c) C’est ainsi que s’exprime S. Thomas Sum. Theol. ;. p. q. 5. Art. 4. Ceux qui liront la fin d’un para-Sfaphe du Ch. 16.de la Psalmodie du Cardinal Bona prendront pour l’entousiasme d’un Poëte tout ce que cettepteuse Eminence dit à la Croix. Il est certain que ces expressions & leurs pareilles ne devroient jamais sePrendre à toute rigueur. II y a même de la malice à. faire autrement. On croit assés qu’il n’est point d’hommeParmi les Chrétiens, qui se persuade, après la moindre des réflexions, que deux pièces de bois, disposées detelle sorte qu’elles forment une Croix, font capables de sauver celui qui les apostrophe pour en obtenir le sa-l ut , comme a sait le Cardinal Bona en leur disant,

Salva nos tremendo tuo

, _ Signaculo munitos.

Mais, dira t’on, celui qui s’adresseroit directement à une piéce de bois de la vraie Croix & la toucherait en mêmetems,pourrait fans doute en ressentir les salutaires effets, parce qu’il est à présumer que les particules, qui se detâche-r pient du bois auquel Jesus-Christ a été attaché, feraient le même effet fur le corps humain qíie l’aiman fur lesa) guilles d’acier.

{d) O felix figura de duc nos ad videndam factem qm efi Chriflì pur a.

Chifflet conclud son petit Traité de Linteis sepulchralibus Chrifii par cette ’priere au S; Suaire de Be-^ançon, 0 divina Jlmilitudo ejus qua mutari non potefi patris JîmilitudiniSi ... tecum toquor , tanquam cunte animâta. . . . conserva eum qui pie' nobis imper at &c«

(f) De Linteis Sepulchr. Cap. <?.

Tome I. z. Partie, p £