ii4 SUITE DE LA DISSERT. SUR LES CEREM.
RefurreBion ; f ai vu le Saint Suaire & les vêtemens. Il montroit en même temsle Saint Suaire, & le troisième Chanoine confirmoit la sainteté de la Cérémo-nie par ces parolles, Jefus-Chrifl notre efperance ejl ressuscité , il ira devant vous estGalilée. Le Chœur confeísoit la Vérité de la résurrection du Sauveur en ce stermes. Il vaut mieux ajouter foi au témoignage de Marie qu aux impostures des Juifs :Nous savons que Jefus-ChriJl ejl ressuscité des Morts. Cet Acte Religieux finiííoitpar le chant du Te Deum.
Le Suaire de Besançon est célébré par fès miracles. Il a même ressuscité desmorts, & cette résurrection, qui sè fit dans le quatorsiéme siécle, augmenta con-sidérablement dans la fuite la réputation du Suaire. L’Egliíè de Saint Etienne,ou I on le garde, íè trouva bientôt trop petite. La foule des dévots accourantde tous côtés pour voir cette merveilleuse Relique, il fallut dresser un Theatrede bois devant T Eglise Sc dans la fuite on en éleva un de pierre d où l'on mon-tre le Suaire deux fois l’année, savoir le jour de Pâques, & le Dimanche d’aprèsl’Áícension. (a) Chifjlet a conservé dans íâ Dissertation la mémoire des miraclesqui ont été faits par cette Relique. Elle a guéri en plusieurs occasions des ma-ladies dangereuses, rendu la vue aux aveugles, arrêté la peste; & même les Imagesde ce S. Suaire ont opéré des guérisons extraordinaires, comme on peut le voirdans l’Ouvráge de l'Auteur que nous citons.
La Consiairie du Saint Suaire de Bezançon fut instituée ensuite d’une pesteviolente dont on assure que cette Relique délivra la Ville en 1544. Les Confrè-res font une procession solemnelle tous les ans au 3. May , dans l’Egliíè & leCloître de S. Etienne, & l'on porte alors en Cérémonie le Saint Suaire, qui estenfermé dans une Cassette d’argent. Les principaux de la Ville assistent â cettefolemnité. Le Pape Grégoire XIII. accorda en 1 5 75». de grands Privilèges â l 'Auteldu S. Suaire. La Bulle de ce Pape assure que toutes les Ames des fidelles pour quil’on dira Messe à cet Autel obtiendront des Indulgences en l'autre monde & fe-ront délivrées des peines du Purgatoire parles mérités de Jesus-Christ , de labienheureuse Vierge & des Apôtres S. Pierre & S. Paul.
Le Suaire de Turin ne doit rien â celui de Bezançon. Il fut aussi apporté deJérusalem, Lc l’on en peut voir l’Histoire dans Chiffiet. Il nous aprend commentaprès avoir changé trois ou quatre fois de demeure, enfin onl’a fixé â Turin dansla Chapelle du Saint Suaire , qui est une partie de la Cathédrale. Cette Relique est aussifameuse que l’autre par Ces miracles. Sa feule preíènce délivra des possédés en1534. & si un Pere qui voioit noier fon fils ne l’eut (h) invoquée, c en étoitfait de la vie du jeune homme. On montre ce Saint Suaire le 4. May, jourde íâ Fête, que Jules II. institua en (c) 1506. Ce même Pape établit la Con-frairie de cette Relique, pour satisfaire â la pieté du Duc Charles & de la Du-chesse Claude íâ mere : il ajouta des Indulgences (d) pour les fidelles qui en cer-tains jours visiteroient la Chapelle du Suaire & y feroient leurs dévotions.
Outre ces deux Suaires, il y a celui que l’on conserve â Compiegne dans l’E-
giife
(a) Ibid.
(b) Vidit periculum ìnfelix Pater , ô Santla Sìndon , ait , fer-va me. Idem. Ibid.
(c) Le Suaire étoit alors à Chambery. La peste qui regnoit en Italieen 1578. le fit transférera Turin. ï- eDuc Emanuel Philibert, qui fit cette translation, avoit promis de restituer la Relique aux habítans de Chambery-Cependant ni lui, ni ses Successeurs n’en ont rien fait : les Savoiars se plaignent que depuis l’enlevement duS. Suaire leur Païs a été exposé à de grandes calamités. Le Mulet qui portoit le S. Suaire, & qui ne vou-lut jamais avancer dés qu’il eut gagné la porte de Chambery, prouve que cette Relique apartenoit de pleindroit aux habitans de cette Ville. Voi. Chiffiet Ibid.
(d) Omnibus fidelibus certis diebus fanílam Capellam vijèntibus in caque orantibus Indulgentias quafdam lar-gitus. Chiffiet. Ibid.