154 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES
j, des . » . Catacombes , & que l’on donne gratuitement a des personnes con -,, siderables qui les demandent, après que le Cardinal Vicaire du Pape, on,, l’Evêque Sacristain de la Chapelle Apostolique leur a imposé des noms. . . -„ On court de toutes parts aux Eglises où reposent les'Corps des Saints nou-„ veaux, on y porte des Offrandes, ou y attache des vœux, op y fait des Pe-,, lerinages & des Neuvaines , on fait dire des Méfiés & des Evangiles, on y„ porte & on y recommande des malades de diverses maladies, on y porte des„ enfans morts-nés & morts fans baptême, dans l’eíperance qu’ils ressusciteront„ par les intercessions de ces Saints nouveaux, on s’empreíse pour baiser leurs,, Chastes, pour y faire toucher des Chapelets, des médaillés & des linceuls de-,, stinés aux usages des malades, on y crie miracle. . . . chacun veut en être,, témoin, on le publie par tout, la soûle augmente & les Eglises en deviennent> 3 de plus en plus fréquentées & accréditées. . . . Cette dévotion pourroit être„ de grand mérité devant Dieu , si elle ne tendoit point à la diminution du„ respect que l’Eglise a toujours eu pour les anciens Saints. ... &c s’il étoit
„ vrai que ces Saints nouveaux fustènt véritablement Saints.Mais il
,, est á craindre que le culte qu on leur rend ne détourne les peuples de la vene-3 , ration qui est diie aux anciens Saints, & qu’ils ne s’imaginent que les nou-,, veaux ont plus de pouvoir & de crédit auprès de Dieu.' " On ne íàuroitdisconvenir que le. peuple, toujours amateur de la nouveauté, ne donne facile-ment dans cet excés. Il lui semble qu’il en est de Dieu comme des hommes, <$£que le dernier venu doit être le premier favori de l’Etre suprême. M. Thierscroit que la dévotion aux anciens Saints est beaucoup plus reguliere , plus sore,mieux établie. Permis á lui de s’y tenir : On lui répondra qu’on peut fans risqueassocier à ces anciens tous ceux que le Pape a fait reconnoître dans les dernierssiécles par une Canonisation solemnelle, ou par d’autres voies légitimés.
La dévotion aux Saints est fondée sor leur puissance , & leur puissance estprouvée par les Miracles qu’ils ont faits ou pendant leur vie, ou après leur mort :ainsi les Miracles sont les preuves autentiques de la sainteté de ceux que le Pape
(a) canonisé : puisque Dieu ne íâuroit accorder ces marques essentielles de sonautorité suprême qua ceux qui fe distinguent par leur vertu. On appelloit au-trefois Miracles toutes les opérations surnaturelles , celles qui interrompent le coursde la nature, celles qui s’oppoíênt aux loix félon lesquelles elle agit, Ces opé-rations étoient, pour ainsi dire, une violence qui sefaisoit à la nature: aussi Dieune les permettoit il que pour des raisons extraordinaires, telles qu’étoient parexemple , la destruction de Terreur & rétablissement des vérités de la Religion&c. a legard dè ces miracles que le Paganisme a emploié autrefois pour réta-blissement de Terreur, on les a mis au rang des prestiges, des fourberies & desillusions. Nous n èn faisons aucune mention.
Depuis quelques siécles il â fallu prendre une autre idée des Miracles. Ils sontgénéralement devenus & plus faciles & plus communs que dans les tems de l’E-glise primitive. Ils ont cessé ci’avoir pour leurs seuls objets la Religion & sevérité : mais en récompense on a eu la consolation de voir toutes les loix de senature détruites pour un petit plaisir qu’un Saint demandoít a Dieu, ou pour se sbesoins particuliers : on a vu alors les (b), oiseaux fe taire pour écouter les Ser-mons des Sáints ' 8c ' (c) les poissons quitter les eaux pour entendre leurs pr e "
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(a) Il n’en canonise aucun qui n’en ait fait au moins deux ou trois.
(b) S. François fit taire les hirondelles qui 1 interrompoient.
(c) S. Antoine de Pade ne pouvant fe faire écouter des hérétiques, les pria de se rendre au bord de h mer
pour les convaincre de la docilité des poiflòns.í ...