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[Volume I.]
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DES CATHOLIQUES ROMAINS. 155

dicatiòns. Eil un mót depuis ce changement d’idée les Saints ont fait leurspreuves avec moins de peine, & les roturiers ont été admis. Tous ces change-mens ont été necessairement suivis d une nombre infini de miracles qui ne ceslent point encore, & ne cesseront qu a la fin des siécles. Quelque effort quéfaííènt les incrédules, la foi des bonnes âmes n est point épuifée : c’est une sour-ce qui ne tarira jamais,

IDEE de la puijfance des SAIN T S de ces

derniers Siécles *

Si la foi ne trouvoit que la raison pour íè soutenir , elle lie íubíísteroit paslong-temps. ll lui faut des secours plus sensibles que les productions d’un cer-veau qui fe consume a rêver fur les vérités de la Religion. T rancirons le mot íil lui faut des exemples qui la frapent, & pour ainsi dire, qui ['étourdissent. Voi-là ce qui justifiera sons doute dans l’eíprit dune partie des dévots la nécessité desmiracles des derniers Siécles. Nous avons déja donné quelques exemples de cesmiracles : {a) à ceux là nous ajouterons les íuivans.

S. Raymond de Penaforte , après avoir censuré long-tems les débauchesd’un Roi d'Eípagne, sons pouvoir lui faire rompre des engágemens criminels, ré-solut de l’abandonner à ses mauvaises inclinations. Il voulut s embarquer pourretourner à Barcelone : mais le Roi aiant défendu de le repasser en Catalogne*,S. Raimond renouvela le miracle de Jesus-Christ marchant fur les eaux. Iljetta so Chappe dans la mer, & prenant son bâton à la main monta fur cettenouvelle barque & arriva fort heureusement chez lui. La porte du Couvents’ouvrit d’elle même à l’aproche de ce Saint.

S. Pierre Nolafque, (b) ce Serviteur inutile , les baliures du monde & le vrainéant , s’entretenoit pourtant ailes familièrement avec Dieu &: avec la SainteVierge. Un jour S. Pierre Apôtre lui alla rendre visite en la posture en laquelleil avoit été crucifié, c’est-à-dire la tête en bas.

S. François de Paule étoit un Saint extrêmement fort &: rebuste. On n’en aPoint eu de pareil depuis Samson. Il enleva seul une roche dune grosseur pro-digieuse qui empéchoit les fondations du dortoir d’un Monastère qu’il batissoit.

H portoit sor ses épaules ce que quatre hommes rte pouvoient seulement remuer.

11 suspendit en l’air une piéce de rocher qui s’étant détachée dune montagnea lloit renverser son nouveau Bâtiment & écraser une partie des travailleurs En-fuite il l’étaia avec son bâton & la laissa long-tems exposée de la sorte à la vue& pour ledification dune infinité de• peuple qui alla voir ce miracle. Dans soIsote on emploia ce rocher à l’achévement du Monastère du Saint : mais l’hi-sioire ne nous aprend pas qu’on en ait fait aucune Relique , ce qui paroît ex-traordinaire.

On a vu souvent la manne tomber en forme de Croix sor Sainte Agnes deMonte Pulciano. En une Fête de 1 Assomption la Sainte Vierge lui apparut te-^ant entre les bras son fils Jesos qu’clle lui permit d'embrasser & même de ser-rer contre so poitrine, (c) En se retirant elle lailso à la Sainte une Croix que lepetit Jesos portoit au col. Nous ne dirons rien de la Rose qui parut dans le fort

Q^q z de

Cj) Ces exemples font tirés des Vies des Saints de Girj.

^ ) Ce Saint Je donnoit ces titres au bas de ses lettres.

'U C’est ainsi que le P. Giry s’exprime.