158 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES
Sainte Therese apparat à plusieurs personnes (a) après fa mort, qui lui‘ arrivad’un excés d’Amour Divin, pour leur aprendre l’éminent degré de gloire auquelelle avoir été élevée. Nous ne disons rien ni de ses visions admirables, ni de laplaie d amour qu un Séraphin lui fit au coeur avec une flèche d’or armée à sonextrémité dune pointe de fer qui étoit en feu.
S. Didace guerissoit les malades avec l’huile de la lampe qui brûloir devantune image de N. Dame. Destitué de vivres un jour qu’il voiageoit avec unde sos Compagnons pour se rendre a un Convent, il fit so priere ì Dieu. Aussi-tôt le couvert se trouva mis devant eux sor l’herbe , 6c le Régal sot aisés hon-nête.
S, François Xavier reísosoita plusieurs morts pendant fa Mission aux Indes O-rientales. Etant aux environs d’Amboine il calma la tempête en plongeant sonCrucifix dans la mer : Dans le feu de faction le Crucifix; lui échapa de la main ;mais un poisson officieux le lui rendit á l’instant, 6c observa, en, Ie ( présentant auSaint, de le tenir droit 6c élevé, pour faire voir le triomphe de la Croix sor lesInfidelles.
S. Thomas Becquet Archevêque de Cantorbery a été amplement dédomma-gé de la mort violente qu'il foufrit, par le grand nombre de miracles qu’il asoit après so mort, & que même il soit encore, s’il sout en croire le P. Giry.A peine ce Saint sot il enterré, qu’il se déclara le médecin dune infinité de mala-des. Il ne se contentoit pas d’emporter les maux d’emblée : il reflusoitoit aussiles morts. Nous observerons qu’en matière de résurrections les Saints des der-niers siécles l’emportent infiniment sor les Saints du Siécle des Apôtres.
(h) La Bienheureuse Rose n’avoit pas encore cinq ans accomplis lorsqu elleconsacra so virginité à Dieu par un vœu exprès. „ Pour empêcher que ce beau lis„ ne se perdit avec so bonne odeur 6c son éclat, elle lui fit comme une haie„ de ronces 6c depines , en .embrassent dés lors toutes les austérités dont elle„ étoit capable. Dans un âge si tendre. . . elle jeunoit au pain 6c a Peau les„ trois jours de Ja semaine qui sont consacrés par les plus soints mystères du„ Christianisme. " Le P. Oliva nous soit très-bien remarquer dans le Panégy-rique de cette Sainte, que le Genre humain a perdu infiniment de ce qu’aulieu d’Eve Dieu ne crea pas Rose dans le Paradis terrestre. Le goût qu elle prieaux soufiances la rendit ingénieuse a chercher des moiens- pour se crucifier ellemême. Cette Sainte fille se ffotoìt les joues 6c les yeux avec des (c) écorces 6cde la poudre de poivre d’Inde, afin de netre pas obligée daller au bal 6c devoir le monde. L’acreté du poivre soisoit un effet bien contraire au fard & auxpommades qu’emploient les Dames du siécle : elle lui rendoit le visoge enflé Sccouvert d’ulceres. Outre ce moien Rose avoir la gloire d’en trouver de jouren jour de nouveaux, 6c de reprocher sons cesse à la Nature la soute qu’elseavoir commise en la soisont naître belle. Il est certain que rien n’est plusdégoûtant 6c plus insupportable pour des Saints d’un tempérament mystiqueque cette beauté corporelle. Ils l’abandonnent de tout leur cœur au Démon,avec les plaisirs des sens.
La Bienheureuse Rose a multiplié le pain comme Jesus-Christ. Elle rem-plit miraculeusement un vase vuide d’un miel celeste, pour le soulagement <se se
mère
(a) „ Le P. Giry dit qu’elle s’embrafa tellement du feu sacré de l’amour Divin. . . que n’y
„ pouvant plus résister , . elle finit fa vie au millieu des fiâmes. “ Elle fut troussée en quatorze heures de„ tems.
(b) Panégyrique de la B. H. Rose par le P. Oliva, dans les Opufc. du P. Bouhours.
(c) Elle étoit de Lima Capitale du Pérou.