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[Volume I.]
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26 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES

Après que la Cérémonie de l’adoration est finie , le Diacre salue la Croix,leleve, la porte élevée à l’Autel, où il la poíè en fléchissant le genou devant el-le. En la portant il passe devant le Célébrant, qui est debout, mais les autresMinistres de 1 Autel íònt à genoux.

Les PROCESSIONS du VENDRE DI

SAINT.

Il n’est point de véritable Chrétien qui ne regarde la Passion du Sauveurcomme l'époque du salut des hommes. Ils ne íàuroient paier par trop d’hom-mages le sang qu’il a bien voulu répandre pour eux ; Sc la vertu la plus pure,Phumilité la plus profonde, la dévotion la plus austere n’est pas assés digne decelui qui s’est livré pour le Genre humain à tout ce que la mort présenté deplus atroce: mais, telle est la fbiblesse de l’efprit humain, c’est à la reconnois-sence fi justement témoignée a Dieu pour cet excellent sacrifice, qu’est dû le fa-natisme d’une infinité de dévots, & ces violentes mortifications dans lesquelleson trouve une étrange complication d’extravagances Sc de dévotions. Il y aune émulation mêlée d’envie parmi les dévots comme parmi les gens du Mon-de : ils ne veulent pas ceder l’un à l’autre. De là font allées en augmentant despratiques ridicules qui se sont établies malgré les précautions des saints condu-cteurs de l’Eglise. Il est donc bien juste de désavouer ces pratiques Sc toutescelles qui tendent à détourner le peuple de la véritable pieté, en les amusentde bagatelles si indignes de la Religion Sc tolérées pourtant en certains paispour des intérêts temporels, à la honte de ceux qui y dirigent les Consciences.Après cela que le Lecteur juge du cas qu’il doit faire de quelques pratiques ri-dicules que nous allons lui décrire, après avoir déclaré encore une fois que nousne prétendons pas donner la moindre atteinte à la véritable pieté.

On fait à Courtrai le Vendredi Saint la Procejfíon de Jésus Christ m Cal-vaire, La Ville paie à un pauvre homme la somme de vint-cinq livres pour re-présenter au Peuple Jesus-Christ soufrant, & les Moines, à ce qu’on assure,lui promettent positivement le salut, s’il lui arrive de mourir des coups qu’ilreçoit en représentant les soufrances du Sauveur. La Procession s’assemble dansl’Eglise Paroiflìale : on fait entrer le représentant dans la Sacristie, on lui met unerobbe violette, on le ceint d’une grosse corde, on le couronne d’épines, on I efait marcher à pieds nuds avec une eípece de hast fermé fur le col. On atta-che à chaque côté du hast six cordes de la grosseur de celles qui servent de traitaux chevaux : après quoi on charge ce volontaire soufrant d’une Croix de boislongue Sc pesente , avec laquelle on le promène pat toute la Ville. Six Cap 11 'cins marchant à la droite du représentant tirent les six cordes qui sont au cotedroit du bastj six Recollets tirent les six autres, Sc dans cet état le patient esttiraillé si rudement de côté Sc d’autre, qu’il tombe continuellement Sc &meurtrit par tout le corps. Le malheureux représentant du Sauveur seroit bien-tôt accablé de fatigue & de tourmens, si un faux Simon le Cyrenien ne se rencon-trait fort à propos fur ses pas pour le soulager : mais le médiocre secours q uele patient en reçoit n’empéche pas qu’avant d’être entré dans l’Eglise il ne soitplus qu a demi mort des tourmens que le peuple Sc les autres representans desJuifs lui ont fait soufrir. Cependant ce misérable est si convaincu du mérite de