66 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES
„ des obligations de son Baptême. " L’Eglise Catholique ne reçoit pour Par-reins Sc Marreines ni les Hérétiques, ni les Infidelles, ni les excommuniés, niceux qui sont reconnus pour pécheurs publics Sc qui mènent une vie scanda-leuse, ni ceux qui ne íònt pas dans leur bon sens, ni ceux qui n’ont pas les pre-miers élemens de la Religion (il faut ajouter pourvu qu’ils íoient reconnus pourtels) ni ceux qui íònt encore enfans Sc au deíîòus de quatorze ans. Il est certainque toutes ces períònnes íònt hors d état de suivre l’intention de l’Eglise. LesRituels ajoutent, qu’y aiant une Alliance spirituelle entre le Parrein Sc fa filleu-le , ou la Marreine Sc íòn filleul, ils ne peuvent se marier ensemble , ni mêmele Parrein avec la mere de íòn filleul, ou la Marreine avec la mere de íòn fil-leul : Les Rituels ajoutent encore, qu’il y a alliance entre celui qui baptise Sc celuiqui est baptise, en íòrte que si un Laïque baptise une fille en cas de neceíïìté, ilne peut épouser cette fille ni íà mere. Autrefois on écrivoit (a) fur une ma-niéré de Diptyches les noms de ceux qui se prefentoient au Baptême. A l’égarddes Parreins, auxquels on donnoient {b) des noms qui marquoient le devoirdont ils dévoient s’acquitter envers ceux qu’ils presentoient au Baptême, il estcertain qu’ils íònt fort anciens dans l’Eglise. On en donnoit alors aux adultescomme aux enfans, ainsi que cela s’observe aujourd’hui loríqu’on baptise uninfidelle.
La coutume de donner un nom a celui que l’on baptise est auífi fort ancien-ne : mais il n’est pas fort certain qu’il y ait du mystère dans cette coutume ; quepar exemple il faille s’imaginer qu’elíe est fondée íùr la naiíïànce spirituelle enJesus-Christ. Cette raison peut-être bonne a 1 égard du Baptême des Adul-tes, mais pour celui des enfans, il n’a rien changé a l’uíàge {c) des Grecs, Scdes Romains, qui donnoient des noms a leurs enfans quelques jours après leurnaiíïànce.
U n’est pas nécessaire de détailler ici tout ce que le Prêtre qui baptise doit fai-re avant l’administration du Baptême z comment il doit se recueillir devantDieu, se laver les mains, se revêtir du surplis, prendre l’étole violette,marcheren cet équipage Sc avec ses Clercs vers la porte de l’Eglise, où ceux qui ontapporté l’enfànt doivent l’attendre en dehors. Voici l’eísentiel de la Cérémonie.D’abord il demande au Parrein Sc à la Marreine quel enfant ils présentent àl’Eglise y s’ils sont véritablement le Parrein Sc la Marreine ) s’ils veulent vivre SCmourir en la foi Catholique Sc Apostolique, Sc quel nom ils veulent donnerà l’enfant. Il fàut rejetter les noms prophanes, comme ceux d u Paganisme Lc deses Dieux : Cependant les Hercules , les Annïbals , les Achilles , les Vranies , les DianesScc. sont aises communs. Les noms de l’Ancien Testament le font beaucoupmoins. Les Chrétiens de la Communion Protestante, peu scrupuleux fur ustarticle de cette nature, ne les rejettent jamais : en effet les Saints de l’Eglise Jui-ve sont ils moins Saints que ceux de l’Eglise Chrétienne dont il faut choisir se snoms, fans aucun égard aux autres ? Un Prêtre est en droit de changer le norfld’un enfant baptisé ( d) Abraham, Isac , ou Jacob, par un Ministre Protestant."
Après
(a ) Bond L. 2 . Ch. 1 1. de Reb. lAturg.
(b) On les appelloit Sponfires, & Sufceptores. .
(c) Cette Cérémonie se saisoit le septième jour chez les Grecs: Cependant les Athéniens ne donnoient finom que le dixième jour après la naissance, & l’on se regaloit alors en famille , comme nous le pratiquons au-jourd’hui le jour du Baptême. Du tems de l’Empereur Antonin le Philosophe on nommoit les enfans troisjours après leur naissance : ainsi le voulut cet Empereur , mais auparavant les Romains faisoient cette Cérémo-nie le huitième jour pour les filles, & le neuvième pour les garçons, & ces jours s’appelloient Lustrìci .
( d ) Benferade pensa perdre son nom àìIsac , lorsque l’Evêque le confirma : mais une faillie le tira d aitaire.Loríqu’on voulut lui oter son nom & lui en donner un autre, il s’avisa de demander ce qu'on M donneroitretour. L’Evêque rit de cette saillie & lui biffa son nom.
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