DES CATHOLIQUES ROMAINS. 65
parle de quelques Anglois qui furent baptises dans le Rhin, & le même Au-teur , qui vivoit au commencement du septième siécle , dit a cette occasion ,que l’on n’avoit pû bâtir ni Baptistère, ni Chapelle â la naissance des Eglises dece Païs-lâ. Il paroît par le Martyrologe Romain » que du tems du Pape SaintMarcel les Chrétiens avoient des Baptistères chez eux : du tems de Constantin leGrand on en fuioit dans les fàuxbourgs & même dans les Villes, comme celaparoît par le témoignage des Auteurs contemporains. On veut qu’en Francef uíàge des Baptistères dans les Eglises ait commencé sous le régné de Clovis I. &tqu’un Concile de Lerida ait défendu peu de tems après d’en avoir hors des Egli-ses : toûjours est il sûr que S, Grégoire le Grand témoigne que de son tems ils yavoient déja été introduits. Il est â présumer qu’on les a fixé dans les Eglises erlmême tems qu'on a fixé le Baptême des Chrétiens â l’age d’enfance, pour prévenirle danger que le grand air pouvoit cauíèr â de petits enfans nouveaux-nés. Dés-lors on en fit austi dans chaque Paroistè, tous les Curés aiant un droit égal debaptiser les enfans en qualité de Ministres de l’Egliíè : car on prétend qu’aucommencement de l'Egliiê le droit de baptiser n’appartenoit qu a l’Evêque.
Le Baptême se fàit en deux maniérés , par immersion & par ablution.L’ufige présent est de baptiser par ablution, en versant de l’eau fur la tête del’enfant.
Après l’Evêque , le Curé , le Vicaire, ou tout autre Prêtre commis par l’E-vêque, est le Ministre légitimé du Baptême : autrefois (a) les Moines étoiententierement exclus de ce droit, (h) les Religieux & les Religieuses le sont de ce-lui de presenter des enfans au Baptême. Dans une pressante nécessité on per-met â un Laïque de baptiser; on le permet aussi aux femmes , & même ellessont préférées aux hommes en un certain cas ; (c) c’est loríqu’il faut baptiser unenfant qui n’est pas entierement hors du ventre de íâ mere ; & sor cet article il ya une remarque â faire. Pour le baptiser , il faut que quelque partie de soncorps paroisse : on le baptise sor cette partie : sor la tête, si elle paroît la premiere,& pour lors les Rituels nous enseignent qju’il n’est pas besoin de reïterer le Bap-tême : mais s’il paroît seulement un pied , une main , ou quelque autre partiedu corps, qui par son mouvement donne quelque indice de vie, on le bapti-sera fur cette partie ; â condition néanmoins qu’on réitérera le Baptême (d) aprèsla sortie de l’enfant du sein de íà mere. L’enfant qui nait mort, après avoir étébaptisé de cette maniéré, est porté sens difficulté en terre sainte.
Un Monstre, qui n’a ni forme, ni figure humaine, ne doit point être bap-tisé: si l’on doute qu’il soit homme, on le baptise sous cette condition, situeshomme , je te baptise &c. si le Monstre a plus dune tête & plus dune poitrine,on suppose qu’il y a plus d’une personne, &: pour lors on baptise séparémentchacune de ces personnes. On trouvera dans les Rituels plusieurs autres parti-cularités fur cette matière.
Les Parreins & les Marraines „ (e) représentent l’Eglife qui offre Pensant à„ Jesus-Christ pour le baptiser &: lui donner une nouvelle naissance, com-» me Jesus-Christ la lui donne par le Prêtre. Ils confessent la foi pour l’en-», sent, ils répondent & promettent en son nom qu il s acquittera fidellement
„ des
( a ) Casai, de Vet. Christ. Rìtìbus.
(h) Rituel d’ytlet, Pifiara Praxis Cœrerrí,
(c) Rituel d’AIet.
(d) On ajoute alors cette formule, st non es baptifatus , ego &c. fi tu ries pas baptisé» je te baptiseO) Rituel d'Alct.
Tome It
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