Band 
[Volume I.]
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7 o DISSERTATION SUR LES CEREMONIES

Le souflet que l’Evêque donne sur la joue de celui qni reçoit la Confirma-*tion (a) lui aprend que la perfection du Chrétien consiste à soufrir pour Jesus-Christ. On pourroit dire plutôt que ce íòuflet est la marque de l’afranchiíse-ment spirituel : car les anciens Romains, a qui l'on doit sens doute cette Cou-tume, donnoient un íòuflet a l’eselave qu'ils aíranchiísoient , pour marquer peutêtre qu'ils uíòient pour la derniere fois du droit de Maître a leur égard. LeChrême est appliqué fur le front, (b) parce que le front est le siège de la har-diesse , de la crainte, de la honte &c. Des explications de cette nature ne pa-roissent bonnes qu’en chaire ; mais qui ne voit les salutaires réflexions quellesproduisent ? Il faut développer celle-ci : le Chrême ; appliqué fur le front nousaprend qu’on doit défendre avec hardiesse & courage la Croix du Seigneur.jcraindre de l’oflenser, trembler continuellement dans l’aprehension de ne pasremplir son devoir , ne point rougir de la Croix de Jesus-Christ , ou fil’on veut rougir de honte de ses péchés & des désordres du Genre humain. Lesoutien du Parrein marque que ceux qui n’ont pas encore reçu la Confirma-tion sont foibles dans le Christianisme.

III. Le SACREMENT de /'EUCHARISTIE.

Autrefois on communioit les Catechumenes qui venoient de recevoir le Bap-tême & - cela étoit conforme à l’ordre des Sacremens: car le Baptême represen-te la régénération, la Confirmation la force, ou pour mieux dire, la vigueurspirituelle des Chrétiens, & l’Eucharistie leur nourriture spirituelle. Il ne s’agitpoint ici d’expliquer la nature de ce Sacrement, ni d entrer en aucune sorte decontroverse fur cet article. Nous donnons de simples descriptions. Le Prêtreseul peut consacrer l'Eucharistic, les autres Ministres de l’Eglise ne peuvent (c)que préparer les matières de ce Sacrement: {d) il a aussi le privilège de commu-nier sons les deux eípeces : les Peuples ne communient que sous une, & cette coutu-me s’est introduite, félon quelques-uns, pour éviter des accidens qui avilissoient laMajesté du Sacrement. Un de ces accidens étoit (e) les barbes ôc les moustaches tropgrandes,qui pouvoient tremper dans le Calice du sang du Sauveur, & causer auxvrais fidelles quelque chose de plus affreux qu’un simple dégoût, (f) Un Au-teur de la Communion Protestante fixe lepoque du retranchement d’une eípeceau millieu du troisième siécle: „ mais, ajoute t’il, le decret n’en fut pas reçu„ sens contestation : de sorte que plusieurs Eglises retinrent long-tems après les„ deux espèces comme nécessaires. Cependant pour contenter . . . les Peu-„ pies, on introduisit la coutume de leur donner du vin pour laver la bou-„ che. . . Ce retranchement ne s'établit véritablement que par un decret du„ Concile de Constance en 1414. " C’est du moins pour lors qu’il reçut force

(a) Rituel d'Alet.

(1 b) Idem Ibid.

(c) Idem. Ibid.

(d) Cette pratique fut confirmée par un decret du Concile de Constance : le voici tel que M. Lenfant lerapporte dans l’Histoire du Concile. . . Quoique dans la primitive Eglise le Sacrement de /’Eucharistie fut re-çu par les fidelles fous les deux ejpeces , cependant pour éviter, quelques périls , on a pû tout de même & dforte raifìn introduire, & on a introduit en effet cette pratique , qu il soit pris fous les deux ejpeces par les Prê-tres officiant , & fous la feule ejpece du pain par les Laïques. L’Historien rapporte deux de ces périls i l’un , qULle íâng ne se repande, l’autre le danger de l’incredulité, parce qu’on pourroit croire que J. C. neseroitpa*tout entier sous l’espece du pain, comme il y est. Enfin un miracle, dont Alexandre de Hajés est garant,con-firma dans ces derniers tems la necestité de la Communion sou§ une seule espece.

(e) Voi. Hift. du Concile de Confiance de M. Lenfant. page 5 00. Edit. de 1704.

(f) Histoire des Cérémonies (f des Superstitions &c.