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[Volume I.]
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DES CATHOLIQUES ROMAINS, 77

,, serves au-dessus de la fenêtre du Confesseur, & vis-a-vis du pénitent une Ima-*,, ge du Crucifix ou de quelque mystère de la pastion. " On doit ouïr la Con-fession pendant le jour, 8c s’ii fe peut, lorsqu il y a du peuple dans l’Eglife.Dés que le pénitent est arrivé au Confefsional, il doit faire le signe de la Croix& demander la bénédiction au Confesseur. Nous avons donné plus haut laformule de la Confession.

(a) Le Confesseur doit être assis, le corps droit, avoir le bonnet sot la tête, avecgravité 8c modestie, le visage couvert, l’oreille panchée vers le pénitent de lamaniéré qu’on le voit ici. Le pénitent doit être ordinairement à genoux 8c lesmains jointes. Les femmes 8c les filles ne doivent point être reçues a confesseavec le fein nud ou les bras trop découverts.

On ne íâuroit disconvenir que la Confession ne soit un excellent moien pourretenir dans les devoirs de la Religion les personnes médiocrement éclairées : cartous les Chrétiens ne font pas capables d une Religion spirituelle, ni de cet es-prit de réflexion qui devroit porter l’homme a s’adresser à Dieu feul fans la mé-diation d’un Prêtre. D’autre côté il semble que la Confession soit sujette a d'é-tranges inconveniens. Nous en indiquerons deux. Combien de détails odieux8c infâmes auxquels on est exposé par la Confession , & qui doivent exciter 8cdans le Prêtre 8c dans le pénitent de nouvelles idées d’impureté. La Confefefion soumet un pénitent craintif 8c dont la conscience est accablée de scrupules,opprimée par les remors, afoiblie par le souvenir de fes péchés, à toutes les dé-cisions d’un Ecclésiastique adroit : (b) il voit a fes pieds le Sceptre 8c la Pourpre : ilhumilie les Diadèmes 8c fàit trembler ceux qui font trembler les peuples.

Après la Confession, le Confesseur fe découvre pour donner l’absolution à sonpénitent. Il le recommande à la miséricorde divine ; il étend la main droiteVers lui en demandant a Dieu qu’il lui donne la rémission de fes péchés ; il fecouvre après, lui donnant l’absolutioh de la part de Jesus-Christ & ajoute,en tenant la main droite toujours élevée vers le pénitent , qu’il l’absout aussipar l’autorité du Sauveur au nom du Pere &c. Il fe découvre une féconde foisen priant Dieu que la passion du Sauveur, 8c les mérites de la Sainte Vierge 8cde tous les Saints contribuent a la rémission des péchés du pénitent.

On croit que la Confession est une institution des Siécles Apostoliques, 8Cqu’elle est ordonnée ( c ) dans le Nouveau Testament. Il est fort vraiíémblablequ’elle est le fruit d’une Discipline beaucoup plus exacte 8c beaucoup plus fe-Vere qu’elle n’auroit pu l’être , si les Ecclésiastiques de ces derniers siécles l’a-Voient formée. En ces premiers tems du Christianisme la Confession netoitpoint auriculaire: elle étoit publique, 8c la pénitence l’étoit aussi. C’est ainsiqu’on retenoit les Chrétiens dans leur devoir, 8c qu’on empéchoit que la Reli-gion Chrétienne ne fut exposée aux calomnies de fes adversaires. Cette péniten-ce publique étoit proportionnée a 1a nature des fautes: quelquefois elle duroicdes années. On voioit les pénitens séparés de l’aíïèmblée en un endroit qui leuretoit destiné: ils s’y tenoient debout, dans un état de mortification, en habitde deuil, souvent revêtus d’un sac, couverts de cendres, 8c les yeux baignés delarmes. On leur ordonnoit des jeunes très rudes : on ne les admettoit à 1a paix

0*) Vôiés la figure de la planche qui Te place ici.

(^) Quant us honor Jàcerdoti debetur , ad cttjus genua & pedes diadentata ct 1 ptíTptira, st exjolvi vinculìs ve*accedere debent. Sâcerdos omnes nodos , etiam Angelis inenodabiles exsolvit verbo abíolvo&c. Caíalius de Veter,Christ, ritibus

(Q par un passage de l’Epître de S. Jaques Ch. V. vers. 1 6 .

Tome II. V