7 8 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES
de l’Eglise qu’après qu’ils avoient accompli le terme de leur pénitence ; mais peuà peu on se relacha de cette extrême íeverité. On réduisit les pénitences ades termes beaucoup moins longs & même on commua íòuvent en amandes lespeines infligées aux pénitens. Plusieurs raisons y contribuèrent ; la mort dequelques fideiles en pénitence, ^indolence & le désespoir que l'on craignoit enquelques autres, dont l’esprit ne paroifloit pas ailes ferme 5 le déshonneur & lahonte que les Chrétiens dégénérant de leur premiere humilité crurent recon-noître dans ces réparations publiques , après avoir confessé en face d’Egliíè despéchés crians & souvent infâmes. Enfin la prospérité de la Religion Chrétien-ne ne permit plus de s’accommoder de ces réparations éclatantes. Alors aussiles Conseillons devinrent plus particulières & plus íècretes : on (a) choisit despersonnes disoretes & prudentes auxquelles on commit la charge de confesser.Voilà l’origine des Pénitentiers, dont Rétablissement íè fit d’abord dans l’EgliíèGrecque : mais l’Egliíè Latine retint l’ufage de la Confession publique jufqu’auPontificat de S. Léon.
Voici comment on imposé aujourd’hui la pénitence publique, & la maniéréd’absoudre ceux qui l’ont faite, (b) Le Pénitent vient à TEglise, habillé simple-ment, fans armes, (s’il est homme de guerre, ) avec un extérieur modeste, ôcíè tenant à genoux en dehors à la porte de l’Eglise, s’il est excommunié ou in-terdit, ou en dedans, s’il ne Test pas. Après qu’on a achevé de sonner laMeífe, & que le peuple s’est assemblé pour Tentendre, le Pénitentier ou le Prê-tre commis pour cette Cérémonie prend l’Etole violette fur le surplis, 8c vaavec les Ecclésiastiques de l’Eglife où se fait la Cérémonie au millieu de la nef.Il s’y assied dans une chaise préparée à cet esset, 8c se couvre de son bonnet. LePénitent se présente devant lui, se met à genoux 8c demande à haute voix le par-don de ses péchés. Le Prêtre lui répond par une courte remontrance, 8c luiprescrit ensuite la pénitence qu’il doit faire : Le Pontifical Romain veut qu’onle revête du Cilice , qui est une efpece de vêtement de crin ou de poil de chè-vre que le pénitent doit porter fur la chair nue, pour mieux se mortifier. Sil’ex-communication y est attachée, il lui ordonne de sortir de l’Eglise. Cet ordre estsuivi de quelques prières : après quoi il prend le Pénitent par la main droite, ous’ils sont plusieurs, il prend le premier de cette maniéré, 8c tous se donnent lamain les uns aux autres : il les conduit à la porte de l’Eglise, 8c leur dit, Vousétés chassés de l’Eglise à cause de <vos péchés, de même qu'Adam notre premier Pere etété chasse du Paradis â cause de sa désobéissance. Les Pénitens étant hors de la por-te de l’Eglise, le Prêtre rentre 8c la ferme: mais si le Pénitent n’est pas excom-munié, le Prêtre, après lui avoir imposé la Pénitence, lui marque la place qu’ildoit occuper dans l’Eglise pendant le cours de fa Pénitence. Cette place est au-près de la porte de TEglise à main gauche, parce qu il doit paroître le dernier desChrétiens , & le plus indigne de tous. C’est ainsi que s’exprime le Rituel, (c) Si}e Pénitent reçoit la Pénitence de l’Evêque ou de son Pénitentier, elle lui seradonnée par écrit, afin quêtant de retour à ía Paroisse, il la présente à son Cure,qui Texhortera à la bien executer , & prendra garde qu’il la fisse ponctuelle-ment.
Après que \i Pénitent aura accompli íà Pénitence , il retournera vers TEvêcpieou vers son Pénitentier avec Tattestation de son Curé, par laquelle il paroitra
que
(a) Neclaire Patriarche de Constantinople abolit l’usage de la Confession publique à la fin du IV. Siécle»{h) Rituel d’Alet.
(c) Rituel d’Alet & autres.