DES CATHOLIQUES ROMAINS. 79
que le Pénitent a accompli sa Pénitence , & pour lors on procedera a íâ ré-conciliation avec l’Egliíe. {a) Cette réconciliation se faisoit autrefois le JeudiSaint : mais soit en ce jour-la ou en quelque autre que le Peuple s assemble, lePénitent se rendra á la porte de l’Eglise le jour qui lui aura été marqué pour rece-voir l’abfolution. Le Pontifical Romain ordonne qu’il y soit a genoux & tenanta la main un Cierge éteint. Le Pénitent qui paroît en cet état n’a pas tou-jours été excommunié solemnellement. Quoiqu’il en soit : il doit être revêtud’habits simples & communs, fins armes, (s’il est homme de guerre) la tête nue,dans un état humble & contrit, le viíàge pale & défait , s’il est possible. Al’égard des femmes, elles auront la tête voilée. Immédiatement avant la Meíïëparoissiale, le Prêtre revêtu de l’aube, ou du surplis & de l’étole violette aver-tira le Peuple qu’011 va réconcilier le Pénitent (ou les Pénitens) a l’Eglise: il ex-hortera l’assemblée a prier pour eux, il íë prosternera devant P Autel & réciteraquelques prières, auxquelles l’Assemblée des Fidelíes répondra. Toutes ces priè-res sont tissues, comme toutes les autres prières du Pontifical & du Rituel, d’ex-cellens passages de l’Ecriture, choisis par l’Egliíë, & fi convenables au sujet, quele corps des fidelíes ne peut qu’en être édifié. Après ces prières, le Prêtre íë renda la porte de l’Egliíë, & fait une assés longue exhortation aux Pénitens : en-suite il les prend par la main & les rameine dans l’Egliíë. Mais s’ils ont étéexcommuniés, avant que de les réunir au corps des fidelíes, il s’aísied & íë cou-vre j ' il récité le Miserere : le Pénitent est à ses pieds, le peuple a genoux, leClergé débout. {b) A chaque veríët du Miserere , le Prêtre frape sor les épaulesdu Pénitent excommunié avec une baguette ou un fouet de cordes, (c) Les Ri-tuels Romains & le Pontifical veulent que le Pénitent qui est absous de cettemaniéré ait les épaules dépouillées juíqu’à la chemiíë. Cette Cérémonie sera sui-vie comme les précédentes de quelques prières, & pendant qu’ils seront encorea genoux, ou chantera les Litanies. Voilà l’explication des six Cérémonies re-présentées dans cette Planche.
Lors qu’une personne excommuniée vient à mourir avant que d’avoir reçul’absolution, on commence par examiner si elle a donné des marques suffisantesd’une véritable contrition , & s’il est à propos de l’absoudre, afin que son corpsne soit pas privé de la sépulture Ecclésiastique ni son ame des suffrages & desprières publiques de l’Eglise. Voici la forme de cette absolution. Le Curéprendra une étole noire fur le surplis & se rendra en Cérémonie à l’endroit où lecorps repose. Il sera précédé de ses Clercs en surplis, dont l’un portera une ba-guette, l’autre l’eau benite, & le troisième la Croix. Si le corps n est pas en-core enterre, il le frapera de la baguette à chaque verset du Miserere , puis il luidonnera l’absolution, après quoi on l’enterrera dans un lieu íaint. Si le corpsctoit enterré dans un lieu prophane , on l’en tirera s’il se peut, & on le fraperade même : s’il ne peut être déterré, le Curé frapera de la baguette le lieu de lasepulture.
Les Juif avoient leur excommunication : on en peut voir la description dansles Dissertations qui traitent de leurs Cérémonies. Les Religions Idolâtres
V z avoient
(a) "Voici comment la réconciliation des Pénitens se pratiquait dans l’Eglise au commencement du cinquiè-me Siécle ; d’où il paraîtra que la pratique de l’Eglise Catholique d’aujourd’hui ne différé pas beaucoup de cet usage.Celui qui, après avoir encouru l'excommunication, témoignoit une repentance íìncere, étoit rétabli solemnelle-ment en face d’Eglise. L Eveque, ou le Vicaire de l’Evêque, se rendoit à la porte de l’Eglise avec douze Prê-Jtes, le Penitent se presentoit à lui avec toutes les marques de pénitence & d’humilité. Après cela l’EvêqueIe prenoit par la main, le faisoit entrer dans l’Eglise & l’admettoit à la Communion.
(») Voi. la quatrième figure de la Planche qui se met à la page suivante.
(O Voi. Pontifical Rom. & Piscara Praxis Caerem.