Band 
[Volume I.]
Seite
83
JPEG-Download
 

, DES CATHOLIQUES ROMAINS, 83

bunal pour faire avec plus de solemnité la Dégradation dont nous parlons : onmet à quelque distance du Dégradant une crédence, quoi qu elle rìe loir pas re-presentée dans la figure. Il y a fur cette crédence les choies qui désignent lafonction de celui qui doit être dégradé : par exemple un vaíè plein de Vin - unautre pleind’eau, le Calice, la Patene & l’Hóstie pour lâ dégradation du Prêtre;le livre des Evangiles , celui des Epîtres, un Chandelier avec une chandelleéteinte pour la dégradation du Diacre, du Soudiacre fk de l’Acolyte ; un Lectio-nál, pour la dégradation du Lecteur ; des clefs pour celle du Portier ; PAntipho-nal pour celle du Chantre. On metfur la même crédence des ciseaux, un cou-teau , du verre, & les ornemens Pontificaux du Prélat. Autour du Dégradanton voit ses Ministres òc le juge temporel accompagné de quelques Soldats* Ony voit auísi un Notaire & un Barbier. Toutes ces choies & toutes ces personnessont nécessaires a la Dégradation. D’abord le coupable est amené en sos habits or-dinaires devant le Pape ou devant celui qui le represente en cette occasion : ensoite lesClercs lui metttent les ornemens Pontificaux & le présentent en cet état au Dé*gradant ,qui est revêtu de l’amict, de l’aube, de la ceinture> de 1 etole, du plu-vial rouge, de la mitre simple Lee. Le Dégradant commence par adresser la pa^rolle au peuple spectateur de cette Cérémonie, pour lui aprendre le sujet de laDégradation : ensuite il prononce le jugement contre celui qu’il va dégrader,âpres quoi il procède à l’exécution du jugement. Je te dépouille de la MitréEpiscopale que tu as souillée , dit il en ôtant la Mitre a l’Evêque qu’il dégrade*Rends l Evangile , ajoute fil, lors qu’on le met entre les mains du Dégradé , parceque tu es devenu indigne de k prêcher. En lui ôtant Panneau Pontifical on luidit qu’il a violé l’Eglise, qui est l’Epoufe de Dieu. Il feroit inutile de setendrefur toutes les pieces,qui sont les marques de la dignité Episcopale. Après qu’onl’a dépouillé de tous les ornemens Pontificaux, le dégradant racle avec un comteau ou avec un morceau de verre les doits du dégradé, en lui diíânt que lepouvoir de consacrer, de bénir & de sanctifier lui est ôté: il essace de la même fa-çon la tonsure. Le Lecteur íupposo assés que le Calice, la Patene, l’Hostie,Peau, le vin, &c. sont otés avec les mêmes Cérémonies a celui qui a le malheurd etredégradé. Enfin lorsep’il ne s’agit plus que de le dégrader del’état de Clerc,le dégradant commence a essacer la toníùre en lui coupant les cheveux avec desciseaux, & le barbier acheve d’en oter les marques en rasant entièrement la têtedu dégradé. Cela se fait en lui disant, qu il ejl chassé de l’heritage du Seigneur ,comme un sis ingrat , qu il perd la Couronne , qui es la marque de la SacrificatureRoiale , à cause de sa mauvaise administration. Après cela on Pabandonne au brasséculier , mais en même tems le Dégradant implore la miséricorde de ce Jugetemporel, parce que l'Eglise abhorre le sang. Cette maxime est conforme à l’esiprit de l’Evangile : mais les Ecclésiastiques y font une infinité d’excep-tions. .

Nous alléguerons pour exemple de cette dégradation le fameux Jean Bus. (a)On le revêtit de tous les habits Sacerdotaux, on lui fit prendre un Calice, com-me s’il eut dû célébrer la Messe ..... ensuite on lui ota tous ses habits Punaprès l’autre, en prononçant fur chacun deux quelque parolle de malédiction.

' - - mais on hésita si pour lui oter les marques de la toníùre, on emploie-*oit le rasoir ou les ciseaux. Les ciseaux Pemporterent à la fin sur le rasoir ; onlui coupa les cheveux en croix, afin qu’il ne parut aucune trace de couronne,& meme on le lava pour mieux enlever les marques de la toníùre. Une telle

X a dé-

O) Histoire dtt Concile de Constance par M. Lenfant L. 3.