DES CATHOLIQUES ROMAINS. 91
che, & fait Ponction fur les levres, la bouche étant fermée. II oint les mainsde la façon que nous Pavons dit, passe à la plante des pieds, & remonte en-suite aux reins, mais pour les hommes feulement, & même on ne ia fait quelors qu’on peut les tourner commodément ou les mettre fans danger en leurséant. Les Onctions étant achevées, le Prêtre frotte avec de la mie de pain lesdoits qui ont touché Phuile des Infirmes, après quoi il íè lave les mains. Lamie de pain dont il s’est froté & Peau dont il s est lavé doivent être jettées dansle feu, les pelotons, qui ont servi aux onctions, font portez a l’Egliíè pour y êtrebrûlés, & les cendres font jettées dans le lactaire.
L’onction étant achevée le Prêtre récité encore des prières qui font suiviesd’une exhortation au malade. Après cette exhortation le Prêtre s en va, lais-sant une Croix à ce malade pour le consoler par la vue de Jesus-Christ mou-rant. On ne seuroit gueres s’empêcher de reconnoître se nécessité de quelquesinstrumens de pieté pour les âmes vulgairement Chrétiennes , s’il est permis des’exprimer de la sorte. Il est des gens qui ne pensent au Spirituel que par desobjets matériels, & c’est même beaucoup s’ils y pensent avec fruit par le moiende pareils objets : on ne doit pas eíperer de gagner les simples & les ignorans dela maniéré qu’on gagne les ía^ans & les philosophes. Les Chrétiens qui neparlent que de la Spiritualité de la Religion font ils un plus grand nombre d’E-lus au Seigneur, que ceux qui essaient de gagner lésâmes d Jesus-Christ,par des objets en quelque façon palpables ? Un millieu feroit nécessaire. Ceuxqui veulent que le peuple grossier soit toujours dénué de ces secours extérieursqui attachent le commun des hommes a Dieu, présument trop de ces âmes peuaccoutumées a la méditation des choses spirituelles, & ceux qui parlent tropmagnifiquement de ces secours extérieurs font des hypocrites ou des bigots. Ilest étonnant que S. Charles Boromée étant proche de la mort ait voulu contem-pler jufqu’à son dernier moment un tableau de J. C. agonisent dans le jardindes olives. Un seint de cet ordre devoit-il si fort se mettre au rang des Chré-tiens vulgaires , & croira ton facilement, que sens un'tel secours le seint mou-rant n’auroit pû élever son cœur d Dieu ?
SUITE de ce qui se pratique à t égard du CHRETIEN
en état de mort .
Lors qu’il aproche de se derniere heure & qu’il a reçu les Sacremens, fûtson testament, mis ordre a se conscience, on ne'doit plus lui parler que de cho-ses spirituelles. Le Curé doit lui faire des visites un peu fréquentes, le détacherdu temporel, détruire des engagemens qu’une femme & des enfans en pleursrendent difficiles a rompre ou qui servent de prétexte pour souhaiter de reculer leVoiage de 1 éternité: si le malade se trouve obligé de fiire des restitutions, il fautlc presser fur l’article, & s’il n’avoit pas fait son testament, il doit l’engager a lefaire & a le faire d’une maniéré juste & honorable, qui maintienne la paix dansfa famille & conserve se réputation dans le monde. Il ne doit point íoufrirque le malade légué des biens a l’Eglise au préjudice de se famille, sous pré-texte de Messes, de prières Lc autres dévotions à l’intention du malade. En unmot il ne doit point soufrir qu’un mourant prive les siens d’un bien que defaux scrupules de conscience font donner souvent a des Prêtres pour l’amour duCiel & a la gloire de Dieu. Les Prêtres doivent aussi éviter les occasions où
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