92 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES
Ton peut tendre des pièges à des âmes effraiées lors que la derniere heure aprO-che. Il doit leur être défendu de recevoir des donations injustes & préjudicia-bles aux. familles, d'obfèder par des flateries adroittes les vieilles devotes & cesvieillards uíez de débauché, qui fur la fin de leurs jours croient rachepter leurspéchés en donnant au Pasteur ce qui leur reste de patrimoine. Voila dequoinous instruisent les Rituels, & voici le détail de ce qui peut s’appeller cérémo-nie dans ce dernier Acte dc la vie du Chrétien.
Nous ne repérerons pas que le Prêtre bénit en entrant ceux du logis ; qu’illeur souhaite la paix $ qu'il arrose d’eau benite ôt le malade & fa chambre ; (a)que pour réciter certaines prières marquées dans les Rituels, il prendra le sur-plis & l’étole violette. Après quelques-unes de ces prières il reprend 1’aípersoirpour aíperserle malade j il lui fait quelques lectures pieuses, en les commençant ilfera le signe de la Croix fur le livre> & fur son front, fur fa bouche & fur sopoitrine; il le fera de même fur la bouche & fur la poitrine du malade, suppo-sé que le malade ne le puisse faire lui même. Si la personne malade est unefille ou une femme, quelque femme de ses amies fera ces signes de Croix aulieu du Prêtre. A la fin des lectures le Prêtre prononce une priere très courte,après laquelle il met la main droite fur la têté du malade : ensuite il fait le si-gne de Croix fur le malade, jette de l’eau benite fur lui & se retire: mais si lemalade est à l’extrémité , le Curé ne doit plus labandonner. Dans cet état ildoit lui donner la Croix & dire l’Ofsice qui recommande l’Ame du mourant àDieu & à l’interceísion des saints. Les bons intervalles du mourant doiventse passer en actes de contrition, de renonciation au monde & à so pompe, decharité pour le prochain, de foi a la doctrine de l’Eglise , d’eíperance en Dieu&c. Il sera même à propos, dit le Rituel d’Alet , de recommander au mala-de ,, qu’il se confie aux prières de Notre Dame. ... a celles de son Ange„ gardien, de son saint Patron & de tous les íàinrs. " Enfin quand le maladeaprochera de l'agonie, le Curé se hatera de jetter de l’eau benite fur ce mourantpour lui donner de nouvelles forces contre le Prince du siécle, l’exhortera plusvivement encore, s’il est possible, lui présentera le Crucifix a baiser, mettra laCroix devant lui, afin que la. confiance du Chrétien qui entre dans l'agonieaugmente en la regardant. Le Clerc allumera un cierge béni, supposé qu’ilne soit dé j a allumé. Le Prêtre commencera les Litanies & les affistans aveclui. Cette dévotion durera juíqu’à ce que le malade soit dans les derniers mo-mens de l'agonie ; alors on récitera les prières des agonisons, telles qu’on peut (b)les lire dans les Rituels, & (c) quand on le verra expirer , le Clerc lui fera don-ner , s’il est possible, de nouveaux témoignages de fa résignation a Dieu, & nequittera le mourant qu’après avoir reçu son dernier soupir.
(a) Rituel d" Alet.
(b) La premiere commence , proficifeere anima Chrijliana , grc. Partez, ame Chrétienne au nom dupere,dftfils & du S. Esprit, des Anges, des Archanges, des Thrones , des Puissances , des Principautés , des Cherffgbins , des Séraphins, des Patriarches , des Prophètes &c. la seconde implore sur lui la miséricorde divine , la troi-sième recommande l’ame du fidelle à Dieu. Ces trois prières font suivies de ce qu’on appelle les Libéra , q ulconsistent à lui demander que l’ame soit delivrée de tous les dangers auxquels elle se trouve exposée dans ledépart de ce monde. Les Libéra font suivis de quelques autres prières, &, s’il y a du loisir, de quelques
lectures.
(c) On a la coutume en quelques endroits de sonner quelques coups de cloche de l’Eglise paroissiale pour;rtir qu’un malade de la paroisse est à l’artide de la mort, afin que les autres paroissiens l’affistent de leurs
avertir quprières
tes