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[Volume I.]
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100 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES

(a) Ceux qui portent les Cierges marchent les premiers, puis les confre esdes séculiers , s’il y en a. Le Clergé fuit après deux à deux en une distanceconvenable, devant lequel marche celui qui porte l’Eau benite Sc celui quiporte la Croix, (b) La Taille douce, qui repreíènte un Convoi funebre selonl’usage de Paris, met ici quelque difference. On y voit des enfans ( ) de

l’Hoípital à la tête du Convoi, tous un Cierge allumé à la main, le Porte-Croix fuit , Sc le Clergé après lui, tous portant des Cierges allumés. Le Cé-lébrant marche le dernier, immédiatement devant le corps. Tous font cou-verts, même le Ministre de l’eau benite Sc le Porte-Croix. Tous chantentle Miserere Sc quelques autres Píèaumes, si le Miserere ne suffit pas : à la finde chaque Píèaume on dit Requiem. Cette coutume de chanter aux funérail-les est auíïì ancienne que l’usage des flambeaux funèbres, Sc cela íè voit parplusieurs passages des Auteurs du quatrième & du cinquième siécles, qu’il estinutile de rapporter. Les Greqs Sc les Romains chantoient aussi à leurs funé-railles : mais quelque raport que ces uíàges íèmblent avoir avec les nôtres, ilsavoientpourtant un but diffèrent. Nous chantons des Pseaumes Sc des Antien-nes pour le repos des défunts , ils chantoient les éloges de leurs morts, Sc ces( c ) chants étoient mêlés de plaintes Sc de regrets. Ils avoient des (d)pleureuses Sc des chanteuses à gages, (e) Le son lugubre de quelques flûtes oude certaines trompettes accompagnoit ces lamentations, (f) Les parentes du dé-funt aidées de quelques amies l’appelloient à l’haute voix & presque en chan-tant. Nous observerons pourtant que les premiers Romains avoient une eípe-ce de chanteurs qui chantoient auprès du mort certains (g)schants dont on nefait pas bien le sujet ; mais on pourroit conjecturer qu’iîs chantoient pouravancer le bonheur de l’ame du mort, puisque ces anciens Paiens s’imaginoient(h) que par la douceur de la Musique les âmes trouvoient plus facilement lechemin du Ciel. D’ailleurs les chants funèbres des Anciens étoient de troisfortes : pendant le Convoi l’on chantoit les louanges du mort Sc les regrets pourfa perte. On chantoit ensuite au bûcher. Enfin lorsque l’on recueilloit lescendres du mort, ceux qui étoient gagés pour cet office mortuaire chantoient àhaute voix une efpece de prière, a laquelle le peuple repondoit ; Sc (i) ce tristeconcert entre le peuple Sc les chanteurs á gages duroit jusqu’à ce qu’oneutachevé de recueillir les cendres du mort. Alors on congedioit l’assembléepar le mot ilicet, c’est-à-dire allés vous en,ou plutôt, il vous eji permis de vousretirer. Voilà toute la conformité qu’il est possible de trouver entre les chantsfunèbres des anciens Greqs Sc Romains, Sc ceux des Chrétiens.

Il paraît que dés le tems de S. Jerome les Ecclésiastiques étoient chargés dufoin d’aflìster avec des Cierges en leurs mains aux funérailles des fidelles, Sc dechanter des hymnes à leur honneur Sc pour l’amour deux.

Le corps du défunt parait immédiatement après le Clergé, porté de la ma-niéré qu’on le voit dans la taille douce , Sc aiant aux deux côtés des Cierges ou

des

(a) Rituel d'Alet.

(b) Voi- la Planche, (b*) Les enfans trouvés.

(c) Nœnia.

(d) Prœfîcœ • _ ... ,

(e) Les flûtes éfoient auíïì en usage aux funérailles des anciens Juifs, ainsi que cela fe voit par un paíïage de

S. Mathieu. Ch. <?• V. J. Z -,

(f) Funera. C’est ainsi qu’on appelloit ces femmes.

___ JSfec te tua f mer a mater produxi . Virg. iEneid. L. 9.

(g) Aul. GeU. L. 20. Ch. 2. p. 874. Edit. de 1706. où l'on peut voir les remarques fur le mot(ìticen.

( h ) Casai, de prophanis Romanor. ritibus.

(0 Voi. Servìus dans son Commentaire fur Virgile JEneid. 6.V.216.