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[Volume I.]
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I

ii4 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES

ainsi qu on le peut voir dans le figure qui représente la cérémonie du Mariage»Ces Clercs tiennent le vase de l’eau benite, l’afpersoir, le Rituel, un petit bas-sin pour mettre l’anneau, loríqu’il faudra le bénir. Après qu’il a fait la prierepour les mariés, il s’avance vers eux fur le dernier degré de l’Autel. L’hommeest du côté de l’Epître ôc la femme du côté de l’Evangile, en forte que l’hom-me est à la droite de la femme. Leurs proches ôc les témoins íont derrièreeux. Le Curé demande à ceux qui viennent se marier leur nom & surnom,ce qui est une formalité, car leurs noms lui font déja connus par la publica-tion des bans, & par leur l’attestation , de laquelle doivent être munis ceux quíse marient. Il interroge ensuite l’homme ôc la femme l’un après l’autre en lan-gue vulgaire, les appellant tous les deux par leur nom propre ôc demandant aumari s’il prend une telle pour femme, Le à la femme si elle prend un tel pourmari. Ce consentement mutuel est absolument nécessaire. Sans cela le maria-ge ne seroit pas valide. Après le consentement mutuel exprimé par un ouïformel, ou par quelque signe équivalent, le Prêtre, qui auparavant avoir la tê-te couverte, se découvre, prend la main des futurs conjoints, & la leur faiseurdonner l’un à l’autre, il dit, ego cmjungo <vos in matrimonium ôcc. Cela veut di-re, je 'vous unis far le mariage au nom du Pere ôcc- En même tems il fait lesigne de la Croix vers eux, ôc recevant l’aípersoir leur jette de Peau benite. En-suite il bénit l’anneau nuptial & l’aíperse d’eau benite en forme de croix, aprèsquoi il le donne au marié, qui le met au doit annulaire de la main gauchede son épouse. Cet anneau est le gage de la chasteté, & de la fidélité conjuga-le que l’épouse doit a 1 époux. A tout cela le Prêtre ajoute quelques prières,qili sont suivies d’une exhortation aux mariés & á l’aísemblée, ôc de la célébra-tion de la Messe.

Voici ce qui s’observe pour la bénédiction des mariés. Lorsque la bénédictiondoit être donnée aux mariés , ainsi que cela se pratique quand la mariée estencore vierge, ôc quelle n’est pas tombée en faute publique : après l’Ofofertoire le Prêtre deseend au bas de l’Autel, ôc les mariés viennent offrir selonleur dévotion , le mari le premier ôc la femme après. Le Prêtre dit encorequelques prières, ôc pour finir la Cérémonie fait aux mariés une exhortation,telle qu’il le juge a propos. Elle roule fur les devoirs conjugaux, le but dumariage, l’amour réciproque ôcc. L’exhortation est suivie d’un jet d’eau benite.Les vrais fidelles ne doivent point habiter dans la même maison , ni se trouverensemble qu’en la présence de leurs parens, juíqu’a ce qu’ils aient reçu la béné-diction de l’Eglise. Après cette bénédiction ils peuvent aller consommer le ma-riage , ôc goûter des plaisirs qui sont criminels, quand on les prend sens les for-malités établies par l’Eglise,

Les nouveaux mariés doivent demander au Curé la bénédiction du lit nup-tial. Cet acte de cérémonie ôc de dévotion est représenté ici. Une des grâcesdemandées a Dieu par le Prêtre qui bénit le lit, c’est que ceux qui doivent ycoucher y multiplient- L’eau benite acheve de le senctifier.

Quelquefois les mariés se trouvent dans l’impuissance d'user du Mariage, Lc.croient devoir attribuer cette infirmité à des sortilèges ôc a des maléfices dontnous avonsdéja parlé : mais c’est bien souvent un voile sous lequel un mari foibleou usé cache le défaut de ses forces.

Et tout cela nef que pour amuser ,

Un peu de tems des esprits de poupée.

L’on est bien embarassé quand on n’a que cette ressource pour seuver l’honneur