DES CATHOLIQUES ROMAINS. 115
du ménage : il faut se connoître & savoir à quoi Ton est propre. Cependant iípeut y avoir des exceptions a la réglé, mais en général le prétendu sortilège n estqu’un épuisement d’eíprits , une exstinction de chaleur naturelle, & pourlors bien loin de pouvoir être un R. . m, on n est pas même un mari du plusbas étage. Quoiqu il en soit, en ce malheureux état d’impuissance on a jugéa propos d’avoir recours aux prières de l’Eglise, &; Voici les formalités qu’ondoit pratiquer pour un fidelle impuissant.
(a) D’abord le Curé doit exhorter les conjoints à mettre toute leur con-fiance en Dieu ... il les avertira de vaquer á la priere jusqu’au jour qu il leurmarquera pour faire la cérémonie: le jour étant arrivé il dira la Messe poureux en leur présence: ils se mettront à genoux , il récitera des prières & desPfeaumes. Dans ces prières il parlera contre le démon, auteur des maléfices& des sortilèges, & demandera a Dieu le rétablissement des facultés des con-joints. Enfin il mettra la main íur la tête de la femme, en priant pour se fé-condité. Un jet d eau benite achevera la Cérémonie.
Nous férons ici quelques remarques íur le rapport des anciennes coutumesaux nôtres en ce qui regarde les bienséances, les avantages &: les cérémonies dumariage. Nous ne nous arrêterons gueres a la dot, dont l’usege est très ancien,& se trouve établi parmi les peuples les moins polis. Doter une fille c est eiiquelque façon (b) lui donner dequoi acheter un Maître. La pensée est sipeu nouvelle , qu elle a dégénéré en un lieu commun que les SS. Peres n ontpas oublié (c) lorfqu’ils ont compté les avantages de la Virginité : cependanttrès peu de filles se laissent surprendre aux douceurs de ce privilège* Un {d)ancien Législateur Grec ordonna que les filles n’aporteroient en mariage quetrois habits & quelques utensiles ailes modiques, afin que les motifs qui doi-vent former la société conjugale n’eussent rien de bas & d’interessé. Un sembla-ble usage ne vaudroit rien dans les pais où les établissemens du mari se for-ment fur la dot de fa femme, sens aucun égard à son mérite & á ses bonnesqualités. Voici quelque chose de plus singulier. Les Greqs regardoient le ma-riage comme une chose si essentielle au bien public, qu il étoit permis aux fem-mes Lacedemonienes de battre & de foufléter publiquement les vieux garçonsune fois l’année au moins, Sc ce plaisent anniversaire se celebroit aux pieds desAutels dans une Fête très íolemnelle: mais ces mêmes Greqs, qui regardoientle mariage comme un des fondemens du bonheur de leur République, per-mettoient deux autres usages assés contraires à cette paix du ménage qu’ils íem-bloient vouloir établir, ôz qui fait la plus grande douceur de l’hymen. (e) lisadmettoient les filles de joie pour le plaisir, & ses Concubines pour des em-plois domestiques, qu’on donne aujourd’hui aux femmes de chambre. Il estvrai que la charge Je Concubine s’étendoit bien au delà de ces emplois do-mestiques ; mais quoiqu’il en soit, le Christianisme a retranché ces deux privi-lèges aux maris : ôz s’ils portent ailleurs le tribut, c’est contre l’intention dela Religion & les devoirs quelle prescrit aux gens mariés. Il en resulte en mê-me tems un beau privilège pour les femmes, c’est Légalité des deux sexes. Au-
F f z cune
(a) Rituel d' Ale t.
(J>) Euripide a debite cette pensée dans fa Afedee,
(c) Une fille qui se marie, dit S. Ambroise , se vend elle même pour esclave. II veut même que la con*dition d’esclave soit meilleure que celle de femme mariée. ,, On achepte le mérite d’un esclave, " au lieuqu’une pauvre fille est obligée de donner souvent une bonne quantité d’argent pour qu’on la reçoive esclave*Quelque jolie que paroisse la pensée, elle n'est point dans les réglés de la justesse.
{d) Solon.
(e) C’est la distinction que donne Demojlheues dans une de ses Oraiíòns.