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[Volume I.]
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124 DISSERTATION SUR LES CEREMONIES

mes ceux cjui íònt pourvus de ces Ordres les attache uniquement au servicede l’Eglise de Dieu. Ces Ordres sacrés íònt auíïì appelles Majeurs. Les Rituelsdonnent pour raison de la pluralité des Ordres la gloire de Dieu , qui deman-de un grand nombre d’Officiers divers & lexcellence du Sacrifice de l’Eucha-ristie pour lequel ces Officiers agissent. On ajoute que les Ordres inférieursservant de degrés pour monter, aux supérieurs, ceux qui entrent dans les Or-dres ont le loisir de s exercer en la pratique des vertus 8c des fonctions quifont le véritable Prêtre.

(a) Les Myssagogues trouvent les Ordres dans les Versets 4 . & fui vans duChapitre 1 r. de la seconde Epître aux Corinthiens. La segeíse y marque l’E-pifcopat, la science y est apliquée au Prêtre, la foi au Diacre, le don des mi-racles au Soudiacre, celui des guérisons a l’Exorciste ; ^interprétation des lan-gues a l’Acolyte, la prophétie au Lecteur, la diversité des langues au Chantre,& le discernement des esprits au Portier. Quelques autres Mystagogues ont décou-vert que T. C. avoit été revêtu des Ordres pendant son séjour fur la terre. Il étoitPortier, lors qu il chassa les changeurs qui se tenoient dans le vestibule du Tem-ple ; Lecteur, loríqu’il lut a la Synagogue ; Exorciste, quand il chassa le démon;Acolyte, quand il déclara qu’il étoit la lumière du monde ; Soudiacre , quand ilchangea 1 eau cn vin, Diacre, quand il fit la distribution du pain & du vin àses disciples, & en d autres occasions, Prêtre quand il célébra l'Euçharistie. A le-gard de l’origine des Ordres , on trouve dans un petit livre Protestant (b),, qu’Hygin Evêque de Rome compose le Clergé & en distribua les Ordres„ & les Degrés, qu’auparavant il n’y avoit que deux Charges, celle de Prêtre„ (qui veut dire Ancien) ou d’Evêque, & celle de Diacre. " Il semble,ajou-te t’il, que Prêtre & Evêque n’étoient d’abord qu’une même chose : mais nenous arrêtons pas à l’aveu d’un Auteur séparé de l’Eglise, puisqu on a les té-moignages d’Eusebe & de quelques Auteurs plus anciens encore que cet E-vêque. Quoiqu’il en soit, cette distinction des Ordres est très ancienne dansl’Eglise.

Ceux qui prétendent aux Ordres sont obligés de (c) vivre dans le célibat, 8cdoivent être munis d’une attestation de leurs bonnes mœurs &c. On publie leursAnnonces par trois dimanches consécutifs, en forte que la derniere Annoncesoit faite quinse jours avant l’Ordination. On entre dans les Ordres par la

ton-

(а) Casai, de Sacr. Vet. Christ. Ritibus.

(б) Hist. des Cerem. & des Superftit. &c. édit. de 1717.

CO. Cependant les Ecclésiastiques des premiers siécles étoient mariés. II est vrai que la question d u Cé-libat des Ecclésiastiques a été agitée dès le premier Concile de Nicée, & peut être même auparavant -, mais en-fin , malgré les oppositions de quelques puristes en fait de Religion , le mariage des gens d’Eglise avoit préva-lu. Ce n y est pas qu’on n’eut des raisons plausibles à lui opposer: soin du ménage, négligence d’une Cureon d’un Evêché causée par ces soins, dissipation des biens de l’Eglise à l’entretien de la famille du pasteur»tendresse pour une femme & des enfans nuisible à celle que doit le Cure aux fidèles de fa Cure qui font sesenfans spirituels. Quoiqu’il en soit, il n’y eut point alors de Loi Ecclésiastique contre le mariage de ceuxqui étoient dans les Ordres sacrés. On assure que le Pape Syrice, qui vivoit à la fin du quatrième siécle,donna le premier un Decret Apostolique contre le mariage des Clercs de l’Eglise Romaine : mais l’observationde ce Decret ne fut pas universelle , & même plusieurs siécles après il y avoit des Ecclésiastiques maries.Bien que Pie II. ait dit assés hardiment, que pour de bonnes raisons on avoit oté le mariage aux Prêtres dr q # 6 P ofirde meilleures il auroit fallu le leur rendre ; il est pourtant vrai que la continence est très honorable à l'hommSd’Eglise, & conforme a la pureté de la Religion Chrétienne. H saut avouer que Yhomme animal a bien dela peine ì garder en cette occasion le silence respectueux qu’exige l’Eglise : pourquoi rejette t’elle les Eunuques,puisqu’elle défend le mariage ? On répondra que l’Eglise n’offre rien à Dieu qui ne soit parfait : mais dansune Religion spirituelle Dieu ne demande que la perfection spirituelle. Une imperfection visible du corpspourroit choquer des fidelles trop scrupuleux : l’invisible ne choque personne. L’Eglise Judaïque rejettortaussi les Eunuques : mais les anciens Egyptiens portoient la perfection Ecclésiastique jufqu’à une licenceéfrenée. Nul chez eux n’étoit reçu au sacerdoce qu’il n’eut fait ses preuves auprès de Priape & pratiquedûment les Cérémonies de son Culte.