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MEMOIRES
H I S T O R I Q^U E S,
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P O v R
S E RVI R A L’H ISTO IRE
des inquisitions.
LIVRE PREMIER,
SERVANT DE PREFACE.
Où l'on ‘voit combien l'ancienne conduite de l'Eglise à l'égard des Hérétiques , estopposée à celle que tient aujourd'hui le Tribunal de l'Inquisition % leur parallèle ; lajustice de l'une , & la grande injustice de l'autre.
force
l'Esprit de Jesus-Christ & de fortEglise étant un esprit de charité,de douceur & de modération, quine veut point la mort, mais le sa-lut des pécheurs ; rien n’y paraîtplus contraire que d’employer lala violence, les tourmens, & même lapeine de mort contre ceux qui s’éloignent de la pu-reté de la doctrine , ou des réglés de l’Evangile.D’ailleurs comme la puissance de l’Eglise est d’elle-même purement spirituelle , les Prélats Ecclésiasti-ques n’ont point le pouvoir d’insiiger des peines.Les clefs que Jesus-Christ a données pour lier &pour délier , ne regardent, & n’ont d’autre vertuque celle de chasser les Fideles de la communion del'Eglise dans les choses Ecclésiastiques & spirituelles,& non pas de leur ôter ni leurs biens temporels, nileur vie. Aussi pendant les trois premiers siécles del’Eglise , ni les Apôtres ni leurs successeurs n’ont-ilsemployé que les voyes d’exhortation , d’admonition,de réprimandé , pour faire revenir les Chrétiens quis’étoient écartez de la foy ; & s’ils persistoient dansleur obstination , ils se contentoient de les séparer dela communion , suivant le précepte de S. Paul,Hœreticum hominem f ost imam & altérant correptionemdevita. Depuis qu’il y a eu des Empereurs Chré-Tome s.
tiens, ils se sont fait un devoir , tant pour îe biende leur Etat, que pour maintenir la Religion Ca-tholique dont ils sont protecteurs, de faire des Loixcontre les Hérétiques & de les punir. Les Evêquesne s’arrogeoient point cette autorité , mais s’adres- 'soient quelquefois aux Empereurs pour demanderque certains Hérétiques turbulens fussent punis ouretenus par la crainte du châtiment. Mais en con-servant l’esprit de l’Evangile , ils avoient grand soind’empêcher que les peines des Hérétiques n’allassentjamais à la mort ; qu’elles pussent servir à les fairerevenir de leur erreur , & non pas à les faire mourirdans l’impénitence. On avoit cela si fort en hor-reur, que quoique les Priscillianistes fussent les Hé-rétiques les plus dignes du dernier supplice , on re-garda dans l’Eglise les Evêques qui les avoient accu-sez devant l’Empereur Maxime , par lequel ilsavoient été condamnez à mort , comme coupable^d’un si grand crime , que les autres Evêques crurentne devoir plus communiquer avec eux, ni avec ceuxqui ne s’étoient pas retirez de leur communion. Etun Auteur ancien qui reconnoit la justice du suppli-ce des Priscillianistes, ne peut s’empécher de regar-der cette condamnation , procurée par des Evê-ques, comme un exemple tres-pernicieux. Hibomi -
nés lace indignijstmi pejstmo exemplo matì , aut exilioA z mulílati