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z6 DISSERTATION SUR LA
„ dans l’Eglise d’Occident (a) Mctrophanes Critopule assure, que l’Eglise O-„ rientale ne reconnoît point d’autre Chef que J. C. lequel a les qualités de„ Chef de l’Eglise quentre les Patriarches il n’y a aucune différence, si ce„ n’est de Siégé. Le Patriarche de Constantinople s’assied le premier ; celui„ d’Alexandrie le second ; celui d’Antioche le troisième ; & celui de Jérusalem„ le quatrième. Ils n’ont aucune supériorité les uns fur les autres. Chacun„ est maître chez foi, & s’ils fe trouvent tous ensemble dans un même lieu,„ ils se baisent les mains. De sorte qu’aucun deux ne prend la qualité de Chef„ de l’Egliíè Catholique, comme remarque le même Critopule; &c par-„ là il veut condamner le Pape, qui prend ces qualitez. Quant à ce que„ Léo Allatius ajoute, (b) que Caucus impose aux Grecs, quand il dit„ qu’ils excommunient le Pape & les Evêques Latins le Jeudi Saint ; cela n’a„ pas seulement été observé par Caucus dans Corfou, mais par plusieurs„ Voyageurs en différeras lieux. Le Jésuite Dandini, qui a fait un Voyage au„ Mont Liban en qualité de Nonce sous Clement VIII. dans la deseription„ qu’il fait de l’Iste de Candie, parle des Grecs en ces termes, (c) J’aurois lien,, des choses à dire , fi je voulois rapporter toutes les fialetez des Prélats & des,, Prêtres , & des autres Eccléfiafiiques de cette Nation , leur séparation de l’Eglise,, Latine , les malédictions & les excommunications qu ils fulminent contre elle dans„ les jours les plus saints , & lors que nous prions Dieu pour leur conver~„ fion (d).
„ En neuvième lieu, on croira facilement, que les Grecs mettent le Sous-„ diaconat au nombre des Ordres moins principaux, & qui ne sont point fa-„ crez, pour parler dans les termes des Latins, puis qu’il n’y a pas fort long-„ tems que les Latins mêmes en ont fait un Ordre sacré.
„ En dixième lieu, oti peut voir dans les livres des Ecrivains Grecs, que„ de ne reconnoître que sept Conciles Généraux n’est point une chose parti-„ culiere aux Grecs de Corfou. Il semble même qu’on auroit mauvaise grâce,„ de les obliger à recevoir les Conciles Latins, où ils n’ont point eu de part,„ non plus que les autres, où ils témoignent n’avoir été présens que par for.ce,,, ôc plûtôc pour les intérêts de l’Etat, que pour ceux de la Religion. On
(a) Metroph. Critop. in Epìt. DoBr. Ecc. Orients
( b) Léo Allât, de Consens. Eccles. Occid. (st Orient.
(c) Girolamo Dandini in Mis. Apost. cap. 5.
(d) A ce qui a été rapporté par le P. Simon , au sujet de l’excommunication, l’on peut ajoûter cequi suit tiré de Y Etat des Eglises Grecque, Armeniene (st Maronite , par de la Croix imprimée à Paris en'1695. la cérémonie du feusaint ejl précedée diane autre, qui est /’effet de la haine mortelle de l’Eglise Grecque
(st de ses Patriarches contre la Romaine (st le Pape, que le Patriarche (de Jérusalemj revêtu pontificalement excommu-nie publiquement a la porte du saint sépulchre en des termes injurieux (st scandaleux. Cela est suivi d’uneaBion puérile (st indécent e ,qui marque néanmoins la grandeur de leur animofite. Le Patriarche plante un clou enterre d coups de marteau en figne de malédiBion ,, il excommunie ceux qui íarracheront , fous des peines spiri-tuelles (st temporelles , d’amende (st de cinq cens coups de bâton. L'on voit quantité de ces cloux devant laporte du saint sépulcre, auxquels les Grecs n’oser oient toucher , & les Latins les y laijfene afin d’éviter les que-relles. Je vais joindre à cette Excommunication Une autre cérémonie qui lui ressemble & peut-bienaller de pair avec un Anatheme complet. Je le tire de l’abjuration que fit à Jérusalem un certain Pai-sius Ligaridius des Dogmes de l’Eglise Latine, îorsqu’il sut installé Archevêque de Gaza en l’année165 a. Le Patriarche de Jérusalem qui installa ce Paisius étoit astis fur une espèce de thrône élevé. LesMétropolitains, les Evêques & le reste du Clergé étoient placés chacun dans son rang au-dessous duPatriarche. Pendant l'osttce Paisius récita la Confession de Foi de l’Eglise Grecque ; mais avant fa con-sécration, il foula aux pieds deux ou trois fois un tableau dans lequel étoit représentée une ville assisesur sept montagnes. Au dessus de cette ville on voyoit un Aigle à deux têtes. Ceux qui aflisterentà cette cérémonie comprirent fort bien que le Grec avoit foulé aux pieds la Ville & l’Eglise de Rome,mais Paisius, pour éloigner une application si odieuse, soutint que cette cérémonie signifioit qu’un Evê-que doit fouler aux pieds la gloire & la vanité du monde représentées par la ville ajstsi sur sept mon-tagnes. Rien n’est plus forcé que cette explication.