RELIGION DES GRECS. 51
„ tre autres livres, les .réponses cîu Patriarche Jeremie âux Théologiens de Wit-„ temberg, un livre de Jean Nathanael Prêtre & Oeconome de l’Egìiíè de„ Constantinople, qui contient (a) une explication de la Liturgie, Gabriel„ Severe, autrement l’Archevêque de Philadelphie, qu’ils appellent (b) ÏArchevê -„ que de leurs Freres qui resdoìent à Venise : ce que le Traducteur a interprété,j, l’Archevêque de nos Freres de Creîe. Ils citent de plus la Confession ortho-3, doxe de l’Eglise Orientale, qui avoit été publiée depuis 6 ou 7 ans, puis„ corrigée Sc expliquée par Meletius Syrigus par l’ordre d'un Synode de Mol*»,, davie, Sc imprimée eníuite par les, foins du Seigneur (V) Panagioti. lis„ conclnent de tous ces Actes, qu'il y a de l’impudence, plutôt que de l’igno-„ rance, dans les Protestans de France, qui imposent au simple peuple, (d)„ en attribuant leurs Hérésies à TEglife Orientale. Enfin ces mêmes Evêques (e)
(a) De Interprétations sacra IJturgìa.
(b) Mzrpmotáw b èvsrímv uSí\<$w.
(c) Ou Panaioti Interprète de la Porte, & Grec de Religion , mais Latinisé, selon les Protestans,& tout dévoué à 1‘ Ambassadeur de France. Aussi essuye t’il en plusieurs endroits des Monument amen*tiques les bourrasques du Sieur Áymon.
(d) C’est cé qui a donné lieu à divers gros Traités pour & contre, qui ont rendu ces questions siproblématiques, qu’après un examen réitéré, de longues réflexions, & une attention extraordinaire, onne fait pas trop encore à quoi s’en tenir. Outre les préjugés dans lesquels on est élevé, 8c qui noussuivent malgré nous dans nos recherches les plus exactes, nous trouions dans notre chemin une dif-ficulté presque insurmontable ; c’est cette ignorance dont j’ai parlé. lies Grecs d’aujourd’hui font in-capables d’exactitude dans les termes, leurs idées font confuses, leurs railonnemens vagues & peu suivis.Le défaut dç méthode & d’attention, défauts ordinaires à ceux qui ne font pas exercés dans la spé-culation, rendent les Grecs peu fixes dans la maniéré de s’énoncer : ces mêmes défauts les rendent obscurs,& s’ils trouvent la moindre apparence de conformité à leurs idées dans celles qu’on leur présente , en voilàassés pour leur faire prendre le change.
(e) Dans la préface du Concile de Jérusalem on dit, que jamais VEglise d’Orient n'a reconnu Cyril-le pour tel que l’ont dit les adversaires, ni les Chapitres, (c’est-à-dire, la Confession de Cyrille) pour í ou-vrage de ce Patriarche ; qu’en supposant que ces Chapitres ét oient de lui, il les avoit donne's en cachette , fansqu’aucm des Orientaux en eut connoiffance , & bien moins encore l’Eglise Catholique; (d’Orient) qu il eft im-passible que les Orientaux ayent connu cette Confeffton, ou s’ils l’ont connue, qu’il eft impojftble qu’ils ayent été Chré-tiens ; que les Orientaux ont eu une telle aversion pour ces Chapitres, que Cyrille les a souvent désavoués avec ser-ment , & a enseigné dans l’Eglise le contraire de ces Chapitres. On finit par ces paroles : seulement Cyrille a étéfrappé dlAnathème & d’excommunication par deux Conciles nombreux (ou plutôt complets, c’est ainsi que JÇtraduirois le mot Grec) à cause qu’il n a pas écrit contre ces Chapitres. Je ne m’amuserai pçint à extraire ici lelong & inutile verbiage de l’Auteur des Monument autentiques : Voici ce que je crois pouvoir conclurre*Ou Cyrille manquoit de courage pour déclarer íes fentimens en public, ou c’étoiqun de ces politiquestemporiseurs, qui soufflent le froid & le chaud. Dans l’une & l’autre circonstance il a pû être Calviniste chezl’Ambassadeur d’Angleterre & avec les autres Calvinistes de Constantinople, fans fe démasquer absolumentdevant son Eglise, quoiqu’il,se fut donné à connoitre pour ce qu’il étoit dans les lettres qu’il écrivoiïen Angleterre, en Hollande & à Geneve. Etoit il difficile à ce Patriarche de fe gouverner de la forteavec un peuple ignorant, & en ce cas là Parthenius n’a-t-il pas en raison de dire, sans être ni faussai-re, ni imposteur, que durant la vie de Cyrille, il n’a rien paru de son Calvinijme d la face de son EglisesSi tous les jours nous voyons des gens n’oíer déclarer tout haut leurs vrais íèntimens, ou ne les com**-muniquer qu’en secret à un petit nombre d’amis ; si avant ou après leur mort il échappe quelquefois deleur cabinet des écrits qui les rendent fufpècts & rtiême décèlent souvent leur véritable croyance, pour-quoi Cyrille n’a-t-il pû être dans le même cas? Cela étant, tout ce que le Concile de Jérusalem a ditau sujet de Cyrille íè trouvera exactement vrai. II aura eu raison d’avancer que ce Patriarche n’avojtpas les opinions qu’il explique dans fa Confessions de Foi, parce qu’il ne paroissoit pas les avoir à la fa-ce de son Eglise. Mais cependant on répliquera, que long rems avant le Concile de Jérusalem les deuxSynodes de Jassy & de Constantinople avoient formellement anathematifé Cyrille pour son Calvinisme.
cela on pourroit répondre, que ces Synodes ont pû traiter Cyrille comme un Calviniste déclaré, puif-û refuloit d’écrire contre les Chapitres qu’il étoit soupçonné de favoriser. • Ne sait-on pas qu’entreheologiens l’un vaut l’autre? Si par les lettres de Cyrille on croit prouver que les opinions de ce Pa-va^jà àvient les mêmes que celles de son Eglise, on pourra répondre aussi, que Cyrille Lucar n’estune p^ r 5 m * er flui a attribue sa propre croyance à son Eglise, outre que cela étoit peu difficile dans/ te ^ e que j’ai caractérisé celle des Grecs. Mais cette réponse n’est pas nécessaire: j’ai mop»
Il'v GS T ettres .è Cyrille ne font nullement claires fur cet article.
, , A a ■ eux points, fur lesquels on peut décider fans témérité: c’est i. que Cyrille étoit ennemi ju-fe es a ms, 2. qu’il avoit beaucoup d’inclination pour la Religion Protestante. Ces dispositions tou-tes ieules purent ui attirer beaucoup de chagrin. Je réexaminerai point si dans cet état il put resterextérieurement attac e à la communion de son Eglise, sans passer pour un Hipocrite & trahir fa con-science. Mais quoi qu il en soit il eut le sort de ces Théologiens que l’on croît éloignés des fentimens
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