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[Volume II.]
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50 DISSERTATION SUR LA

„ lem en 167L, imprimé à Paris est iG-jG. avec une Version Latine fàite„ par un Moine Bénédictin, qui a grand peine savoir lire le Grec, tant cette„ Version est remplie de fautes. Mais comme ce Synode a été assemblé ex-„ près contre Mr. Claude, qui est nommé dans la Préfacé, Ministre des Cal-,, vinistes de Charenton, je crains que les Protestans ne le tiennent pour (a)„ suípect. ll ne s’y passa pourtant rien qui ne soit selon le droit ordinaire.„ Ces Evêques se trouvèrent dans ce tems-là à Jeruíàlem pour la dédicacé d'u-„ ne Eglise, ôc on les pria de prononcer fur les Articles qu’on leur présenta,„ où les Protestans de France attribuoient a l’Eglise Grecque leurs propres er-„ reurs. Ils paroiílènt très-bien instruits des matières dont il étoit question, en„ se servant judicieusement de l’autorité de plusieurs livres composés par ceux„ de leur Communion, où ces erreurs étoient condamnées. Ils produisent en-

„ tre

Editeur sont remplies d'injures des halles, & par conséquent indignes d'un homme qui en se dépouil-lant de sa vieille Religion a prétendu se reformer. Ceux qui examineront attentivement les deux traduc-tions fur les remarques du Sieur Aymon trouveront qu’effectivement, il y a des différences assés consi-dérables; que le sens a été quelquefois mal rendu par l'Auteur de la traduction alléguée dans l’Ouvra-ge d’Arnaud & de Poit-Royal; & enfin qu’il se trouve des omissions dans cette traduction. Reste àsavoir si ces défauts viennent de l’Original fur lequel le traducteur de Port-Royal a travaillé , ou del’incapacité de ce traducteur. Le Sieur Aymon croît encore que Dosithée Patriarche de Jérusalem estseul Auteur de ce Concile, il allégué pour raison, que dans le second Chapitre du Concile Dosithéeparle seul & au singulier : (la preuve est soible, un Patriarche président peut-bien s’exprimer quelquefoisde cette façon fans qu’on doive le trouver mauvais, & «Tailleurs il ne faut pas exiger une certaine préci-sion de termes & de formalités dans les circonstances, ou se trouvent aujourd’hui les Chrétiens Orien-taux) ce que je dis ici sert de répliqué à une autre raison de l’Auteur des Mommens , qui est que Do-sithée déclare, à la tête des décrets, qu il a lui-même mis par écrit (on plutôt qu il a présenté) cette Confessionabrégée. Mais de plus ce Patriarche y ajoute expressément, que c'est au nom des Chrétiens soumis k finThrone Apostolique. La raison prise de la maniéré dont l’Ambassadeur Nointel s’exprime au sujet de Do-sithée est tout aussi peu valable, & pour peu qu’on y fasse réflexion, ou verra que les plus sincères Ec-clésiastiques peuvent dire fans blesser leur conscience, qu’ils ont satisfait a ce qu’on a exigé’d’eux &c. lorsqu’on a demandé qu’ils s’assemblent pour condamner quelque erreur, ou pour justifier des dogmes. Aureste le démêlé des Grecs avec les Latins au sujet du Saint Sépulcre ne regarde en rien l’affaire du Con-cile de Jérusalem : c’est mal à propos que le Sieur Aymon amène cet incident pour justifier la préten-due intelligence de Dosithée avec les Latins. La parenthèse prise du Ch. XIX. de YEtat de /’Eglise Gre -que par Ricaut ne se trouve pas dans la traduction Françoise, & l’on peut tout au moins suspendre sonjugement, jusqu’à ce qu’on ait vû. l’Original,où le Sieur Aymon veut insinuer qu’elle se trouve. En-fin Ricaut témoigne que Dosithée étoit contre les Latins dans les différens qu’ils eurent avec les Grecsau sujet du saint sépulcre; & voici les propres termes de cet Auteur selon la traduction Françoise:„ D’autres disent que le hatter-scherif , ou ordre du Grand-Seigneur (qui mettoit la garde du saint sé-

„ pulcre entre les mains des Grecs seuls) avoit été accordé dés le régné d’AmuratIV.. ce

,, nouveau différent entre les Religieux Latins & les Caloyers avoit obligé le Grand Visir d’en renou-,, veller la rigueur, pour réprimer l’insolence des Latins, dont les Grecs se plaignoient hautement. La,, maniéré violente, dont l’exécuta Dosithée, Patriarche de Jérusalem, Prélat plein de feu, plein de„ hardiesse , remuant & entreprenant, irrita infiniment les Latins. Mais leur colere se trouva entierement„ impuissante, faute de forces pour fe vanger. ”

(a) L’Auteur des Monument Autentìques &c. le traite à’écrit forgé clandestinement & frauduleusementpar un Ex-Patriarche, (Dosithee) qui , âpres avoir fait ce coup de perfidie y abandonna son Eglise , pour fivenir mettre fius la proteclion de P Ambassadeur de France V. page z 69. de ces Monument. Cette circon-stance est contredite à la p. 449. où l’on trouve à la fuite de ces paroles, les décisions de Dosithée (le Con-cile de Jérusalem) bien loin d’avoir été confirmées par me Assemblée Synodale des Grecs non Latinisés, furentrejettées par tous eeux qui retenoient l’ancienne Doftrine de l y Eglise Orientale .celles-ci, à cause de ce-

la , ils s’élevèrent contre le Patriarche Dosithée (si Pobligèrent a prendre la fuite 8 cc. S’il n’y a pas une con-tradiction directe dans ces deux passages, on y volt du moins une grande inexactitude; car ces deuxexpressions, abandonner fin pege, (si en être chaste , ne sont pas absolument synonimes. Pour revenir au Con-cile de Jérusalem, on ne sauroit nier qu’il n’y ait de la négligence dans la maniéré dont on s’y expri-me : par exemple il manque un peu de précision dans un endroit de ces paroles qui suivent le titre duConcile J contre les Hérétiques qui disent , que l’Eglise Orientale est conforme dans fis sentiment aux mauvai-ses opinions des Calvinistes touchant Dieu et les choses divines. Je ne trouve pas le mêmedéfaut dans cet autre endroit de la préface des Décisions du Concile, qu’il a plû au Sieur Aymon decensurer avec son aigreur ordinaire. Dosithée y dit,Je parle au nom . des adorateurs Ortho-

doxes qui viennent &c. avec lesquels toute 1 Eglise Catholique est d accord. II n’est question là quedes Orthodoxes & point du tout des Sectes reconnues Hérétiques. Si le censeur avoit bien lû cet en-droit, il se seroit épargné demi-page d’invectives contre le Patriarche de Jérusalem.