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RELIGION DES GRECS. 69
s’il leur reste quelque tems après leur travail, ils le donnent à la priere.
„ ll y a un troisième Ordre de ces Moines , auxquels on donne le nomd’Anachoretes. Ceux-ci ne pouvant pas travailler, ni supporter les autrescharges du Monastère, veulent cependant vivre dans le repos de la solitude.Ils achetent une cellule hors du Monastère, avec un petit fond dont ilspuissent vivre, Sc ils ne vont au Monastère, que les jours de fêtes, pourassister â l’Office : après cela ils retournent à leurs cellules, où ils s’employentà leurs affaires, Sc ils n’ont aucunes heures arrestées pour la priere. Il sotrouve néanmoins de ces Anachorètes, qui sont sortis de leur Monastère a-vec le consentement de leur Abbé , pour mener une vie plus retirée , Scpour s’appliquer davantage á la méditation & a la priere. Le Monastèreleur envoye une fois ou deux le mois dequoi se nourrir , parce qui!s nepossedent ni fonds, ni vignes : mais ceux qui ne veulent point dependre del’Abbé, louent quelque vigne voisine de leur cellule, dont ils mangent leraisin ; Sc il y en a qui vivent de figues -, d’autres vivent de cerises, ou dequelques fruits semblables. Ils sement auífi des fèves dans la saison. L’onen voit de plus, qui gagnent leur vie a desorire des livres.
„ Outre les Moines il y a des Moinesses qui vivent en communauté, Sc quisont enfermées dans des Monastères sous la Réglé de Saint Basile. Elles nesont pas moins austères que les Moines pour les jeûnes, pour les prières8c pour tout le reste de la vie Monastique. Elles choisissent une des plusanciennes 8c des plus vertueuses de leur Communauté, pour leur tenir lieud’Abesse ; Sc ces Abbesses font la même chose à leur égard, que les Abbésfont a l’égard des Moines. Cependant ce Monastère de femmes dépendtoujours d’un Abbé, qui leur donne un Moine des plus anciens 8c des plusvertueux pour se confesser 8c pour leur administrer les autres Sacremens.Ce Religieux demeure proche leur Monastère, afin de les assister plus fa-cilement 8c plus promptement dans leurs nécessités, il dit aussi la Messepour elles, 8c réglé leurs autres offices.
„ Ces Religieuses portent toutes un même habit, qui est noir, 6c un man-teau de la même couleur. Elles ont les bras 8c les mains couverts jus-qu’au bout des doits. Cet habit est de laine simple. Elles ont de plusla tête rasée, 8c chacune a une cellule séparée, où il y a dequoi se lo-ger tant en haut qu’en bas. Celles qui font les plus riches ont une ser-vante : elles nourrissent même quelquefois dans leurs maisons de jeunesfilles, qu elles elevent dans la pieté. Après quelles se sont acquitées deleur devoir ordinaire, elles font des ouvrages a l’aiguilie; 8c les Turcs, quiont du respect pour ces Religieuses, viennent jusques dans leurs Monas-tères pour acheter des ceintures de leur façon. Les Abbesses ouvrent vo-lontiers les portes de leur Couvent aux Turcs qui viennent acheter le tra-vail de ces bonnes filles, qui retournent à leur appartement sitôt qu’ellesont vendu leur marchandise.
„ J’ai lû une Relation MS. de Constantinople , où il n’est pas parlé siavantageusement de ces Religieuses. L’Auteur de cette Relation remarque,que les Religieuses nommées Calogeres, qui demeurent à Constantinople,out des veuves, dont quelques-unes ont eú plusieurs maris , 8c qu’ellesuem rassent cette profession, que quand elles font fort avancées en âge;^ U1 fst a ì° ute ' ^ìi'elles ne font point de vœux , que toute leur saintetécon 1 e a prendre un voile noir fur leur tête, 8c à dire qu’elles ne veulent
plus le marier -, qu au reste, elles demeurent presque toutes chez elles, oùTome 111. Part. I. ç r n ju