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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 79ELECTIÓN du PATRIARCHE.

Un Patriarche, nous dit le même Auteur, est élû par les Archevêques &cles Evêques à la pluralité des voix: mais c'est une vaine formalité sensl’agrément du Grand Seigneur. Le Patriarche va donc lui demander la con-firmation de son élection : d’ordinaire avant sélection commencée on de-mande au Grand Visir là permission déliré un sujet, (a) Le Ministre ap-pelle les Métropolitains, 6c leur demande si c’est tout de bon qu’ils veulent é-lire Un nouveau Patriarche. Après leur avoir réitéré cette demande, il donne lecontentement avec le Baratz. Sa Hautesse régalé le Patriarche d’un cheval blanc,d’un capuchon noir, d’une croise, 6c d’un caftan brodé. Le Turc a conser-vé dans cette cérémonie l’ancien usege des Empereurs Grecs. Ensuite le Patriar-che accompagné d’un grand nombre d’Officiers Turcs, de son Clergé, debeaucoup de peuple se rend au siégé Patriarcal avec toute la solemnité possible.Les principaux Métropolitains &: les autres Ecclésiastiques, tous ayant le cier-ge à la main, le reçoivent á la porte de l’Eglise 6c l’introduisent au dedans, ilappartient ( b ) à l’Archevêque d’Heraclée de faire la cérémonie du secte en qua-lité de premier Métropolitain. Ce Prélat revêtu de ses habits pontificaux prendle Patriarche par la main, 6c le place dans la ChairePatriarchale. Mais aupa-ravant, il fait un petit diseours au peuple, pour lui déclarer qu’un tel a étéchoisi Patriarche par le commun íùffrage des Métropolitains 6c des Evêques,selon les Canons : ensuite il invite le Patriarche a prendre possession de se char-ge. Celui-ci répond gravement, qu’il n’étoit pas digne d’être choisi pour u-ne si haute charge. Cependant,. puiíque Dieu le veut ainsi, il se soumet auxordres du Cierge. Alors il reçoit la Croix, la Mitre 6c- les autres ôrnemens pon-tificaux des mains de 1*Archevêque d’Heraclée : il s’assied dans la Chaire Pátriâr-chasej les Evêques, le reste du Clergé, le peuple lui font les soumissions àc-coutumées (c) avec beaucoup déclamations. La célébration de la Messe ac-compagnée des cérémonies ordinaires aux grandes Fêtes fuit aussi-tôt cette Comé-die Ecclésiastique , 6c en fait la conclusion. On peut bien appeller Comédie uneElection achetée, où les suffrages ne sont pas libres, où le íùjet ssest pas plu-tôt élevé qu’on pense à l’abatre, où 1 inconstance, la mauvaise foi 6c la bizar-rerie du choix sont si ordinaires, que même les Ministres du grand Seigneur,qui profitent de ces désordres, (d) ont été souvent obligés de maltraiter ceuxqui présentent le nouveau Patriarche ,6c de leur fixer un terme aises court pourse tenir en repos.

Cyrille Lucar , dans une de ses Lettres que l’Auteur des Monumens autentiquesde la Religion des Grecs a fait imprimer en 1708 . rapporte que le Patriarcheélu est debout au milieu de l’Eglise sur un morceau d'étoffe , ou ion a peint ou brodéune aigle. Par ce drap, que le Patriarche foule aux pieds, on prétend l’avertirstu'd doit mépriser 6c fouler aux pieds la gloire du monde. En même temsi>ai §se, dont. le vol est haut 6c rapide,.devroit apprendre au Patriarche, que son®lprit doit selever rapidement au Ciel par l’effort dune seinte méditation. J’aide ja dit plus d’une fois que les emblèmes 6c les allégories sont extrêmement

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om. I. chap. 23.

0) Voy. Haberti Pontificale Gracttm.

(c) E;? iÙ70\tiya. ìjn SèiTrorcty adtmtltosanms Domine.

(d) Voy. Bmioth. Critiq, du x. Simou Tome premier Chap. & la Croix Etàfdel'Eglise Grecque*