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[Volume II.]
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80 II. D IS S ERTAT ION SUR LA

commodes, jusques là qu’on peut même les employer à des idées contradic-toires.

Quoiqu’il en soit, telle est; la deseription naturelle de sélection de ce premierChef de l’Eglise Grecque, que l’on traite (a) de votre toute sainteté , à qui,par respect on baise la main ou le chapelet, en le portant de la bouche aufront ; que les Janissaires Sc quelques Officiers de la Porte mêlés parmi lesGrecs accompagnent juíqu a l’Eglise Patriarchale le jour de son élection, moinscomme un Patriarche que comme un esclave. Pour tout dire enfin, ces Turcslisent les provisions du Patriarche á la porte de cette Eglise, avec les ordres dele reconnoître pour chef, de lui fournir de : quoi se maintenir & payer ses det-tes, fous peine de la bastonade,; de confiseation & d’interdiction.

Il est; inutile de comparer la cérémonie de cette élection à celle qui étoit enusege sous la domination des anciens Empereurs Grecs. ; On ne peut pas mê-me dire que l’une soit l’ombre de J’autre, Autrefois on présentoir les (h) nomsde trois sujets à l’Empereur, qui en choisissoit un 3 ensuite le Patriarche (c) desi-gné étoit conduit à l’Empereur assis fur la Throne Sc revêtu des ornemens Im-périaux au milieu des Grans de fa Cour. Un des principaux Seigneurs prenoitce premier Ministre de l’Eglise par la main, & le présentoir devant l’estrade forlaquelle étoit le Throne Impérial. Alors un jeune Gentilhomme remettoit lebâton pastoral à Sa Majesté Impériale, qui prononçoit tout haut ces parolesen regardant le Patriarche ; selon le pouvoir que la très Sainte Trinité nous a donné,vous êtes designé Archevêque & Patriarche Oecuménique de Confiantinople la nouvel-le Rome.. Aussi-tôt on faisoit les ( d) acclamations accoutumées. Le Patriarches’avançoit fur l’estrade & l’Empereur lui remettoit la houlette pastorale: en-fui te, de quoi le Patriarche deseendoit de l’estrade Sc retournoit á son siégé, ouplutôt à une espèce de Throue qu’on lui, avoir dressé ,yis-a-vis de celui de l’Em-pereur. Alors Jes acclamations, recommençaient, ì’Émpereur deseendoit dnThrone, le r Patriarche étoit conduit à Sainte Sophie, ^ monté for. un chevalcouvert dune grande housse blanche, Sc suivi des. Grans de la Cour revêtusdes ornemens de leurs Dignités. Le secre du Patriarche se seisoit ensuite dansSainte Sophie en présence de .l’Empereur par l'Archevêque d'EIeraclée, qui a-voit été dans. les premiers siécles de l’Egliíe la Métropolitaine de Bizance nom-mée ensuite Constantinople. .... 's € j,

: ' O R D RE de s ; ASSIS TAN S & à : MIN18-TR ES du P A TRI A R C H E dansvks FONC-TIONS PATRIARCHALES.

i ; D’abord il faut observer, que selon l’aricien usege le Patriarche, les Evêques Scles autres Digùifos ne doivent'avoir poúr Ministres que des Moines Sc jamaisdes séculiers. Je ne parlerai ici que des Ministres du Patriarche. Avant la prisede Constantinople (<?) ils étoient encore tous Ecclésiastiques, Aujourd’hui, ex-cepté quatre, ils font tous : sécularisés, ce. qui d un côté augmente les reve-nus du Patriarche, Sc de Tautre favorise l’ambirion des seculiers. Les voici~ ' ' nom-

(a)

(b) Vide Pontifie. Graettm p. 430. Edit. Paris. 1643. -

(c) 'T7ro<p>ÍCpioí : far ce mot V. Haberti Objervat. in Pontif. Gr&corum ubi sup. '

(d) Acclamant omnes ad multos annos. C’est ainsi qu’on traduit le Grec ovìÇawt ttavTií.

(e) La Croix'Etat de l’Eglise Grecque.

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