Band 
[Volume II.]
Seite
85
JPEG-Download
 

RELIGION DES GRECS. 85

en frappant dessus de tems en tems avec le manche d’irn couteau, tan-dis que les Moines chantent du. nez comme un CapucinLa célébration de la Liturgie demande une conscience pure, un cœur net,des pensées Chrétiennes Sc (a) charitables , la charité , la tempérance &c.On fait combien il coute d’avoir ces vertus , Sc qu’il sera toujours imposesible de les confondre avec les cérémonies & les bienseances. Selon le rap-port de Ricaut , la célébration des Offices est suivie d’une lecture, qui estcelle de la vie de quelque Saint, Sc cette lecture tient lieu de Sermon oud’Homelie. Selon Tournefort Tusege des Sermons est comme aboli, juíques-lâ qu’on ne voit presque pas de chaire de Prédicateur dans les Eglises. Siquelque Papas se mêle de prêcher, il s’en acquitte très-mal. On paye deuxécus un Sermon qui ne les vaut pas. C’est un tissu de paroles mal arran-gées, qui n’est entendu, dit-il, ni du Prédicateur, ni du peuple.

Détaillerai je ici la situation qu’ils observent dans leurs prières Sc les marquesexterieures de leur dévotion ? Il faut en parler. Quoi que les esprits forts Scles gens du monde traitent ces usages de minuties, le peuple en fait cas, Sc lesdévots s’y occupent. Dans la priere les Grecs se tournent vers (b) l’Orient :ils prient debout, mais ils peuvent austì s’appuyer, Sc peuvent même s’asseoir.Les Laïques s’asseyent pendant que le Prêtre fait l'instruction, ils se tiennent de-bout quand ou prie Dieu, ou chante des hymnes. Ainsi le dit un (c) Grecmoderne. Après avoir pris íâ place, on se découvre la tête , on fait le signede la Croix. La maniéré des Grecs est de joindre d’abord les trois premiersdoigts de la main droite, par ou l’on signifie que la Divinité est en trois per-sonnes. Le Grec conduit ces trois doigts du front au dessous de la poitrine,Scensuite de l’cpaule droite à l'épaule gauche ; ce qui n’est pas moins mystérieux.Dans cette figure de la Croix les trois doigts conduits au front nous apprennentque la Trinité habite aux Cieux. Conduits au dessous de la poitrine, ils nousmontrent tout d’un coup quatre grans mystères,l’incamation,le crucifiement,la sépulture, la descente de Jésus Christ aux enfers. Ces trois doigts appliquésà l'épaule droite nous marquent que Jésus Christ ressuscité s’est assis à la droite,de Dieu. Enfin l’cpaule gauche étant un type de la réprobation des médians,par le mouvement des trois doigts vers l’épaule gauche le Grec demande à Dieu:dc n’etre pas mis au rang des médians ôc d’être délivré de la puiílànce du Dé-mon. Si je metendois autant à proportion fur les mystères des différentes si-tuations ordonnées aux Fidelles dans leurs dévotions, je fournirois un ample,recueil d’allegories également ingénieuses, & inutiles, amenées de fort loin ôetout â fait inconnues aux fondateurs du Christianisme. Par exemple on ose-roit bien assurer qu’ils n’ont jamais fu, qu’être debout aux dévotions du Di-manche de Pâques signifie que la Résurrection de Jésus Christ nous a relevéde nos péchés. Il falìoit ( d ) un Patriarche de Constantinople pour reveler cémystère.

Le

0*) Autrefois dans le tems de la célébration des Mystères

(b Us porteur cet usage jusqu à la superstition, jusques 11 memes que se trouvant entre 1 Eglise c1 Or ient5 ik tourneront plutôt le dos à l’Eglise qu ì l’Onent. &c. ceci est une citation du Rituel du lGo«r, connu fous le nom d ’Euchologc. On attribue l’origme de cette superstition aux Pnscdhamst^ Hretiqueí du quatrième siecle, qui croyaient ì 1* Astrologie judiciaire & a 1 influence des astres íur notimonde. On prétend que Prisdllien & ses Sectateurs établirent la coutume de prier en se tournant a 1 Crient, comme pour demander l’aflistance du soleil contre les mauvaises influencés des autres étoiles.

(c) Chrifiophor, Angélus Cap. zi. Status Grœcor.

(</) Getmanus in Theoria Rerum Ecclef, cité par * * *.

Tome III. Pdrt. I. Y